Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 1.

Publié le 24 Mai 2016

Une petite brassée de contes, pour célébrer malgré tout le printemps..

Je les ai lus dans deux albums publiés chez FRANCO COSIMO PANINI, où ils sont racontés par Giusi QUARENGHI. Elle ne vous est pas inconnue : Sonno Gigante, Sonno Piccino, c'était elle, en mai 2014. Et aussi l'histoire de son enfance,dans la collection Gli anni in tasca, en octobre 2013. Un livre à avoir sous la main les jours de déprime: "Io sono il cielo che nevica azzurro", vous vous rappelez ce titre étonnant?

Ce qui est intéressant dans les deux albums de contes en lecture aujourd'hui, c'est la façon très différente de restituer les contes traditionnels que Giusi Quarenghi adopte dans chacun, renforcée par les choix de l'éditeur pour les illustrations et la mise en pages.

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 1.

Voici d'abord les frères Grimm: FIABE CON I BAFFI e con il becco, la coda, le ali, le piume..., soit des CONTES À MOUSTACHE et à bec, à queue, ailes, plumes...., des contes dont les héros sont des animaux, vous le comprenez clairement sur la couverture, où se pressent dans un joyeux désordre âne, poules, canards, oies, et encore renard et loup (avec médaillon du Petit Chaperon Rouge au cou...), et chat et chien, et souriceau, sans oublier fourmis et abeilles.

Et en effet vous trouverez là des contes moins connus, à part Les Musiciens de la Ville de Brême. Sept contes (un par jour de la semaine?) dont voici les titres (combien en connaissez-vous?) :

Lupo e volpe / Le loup et le renard ; Topo e gatto / Chat et souris associés ; Oche qua-qua-qua (prononcer "oké", accent sur le o, et kouà kouà kouà)/Le renard et les oies ; Coniglio pescatore / Le renard et le lapin qui allaient ensemble à la pêche ; Ciao, il Babau ( "Babàou", accent sur le deuxième a) / Monsieur Korbès ; La regina delle api / La reine des abeilles ; I musicanti di Brema / Les musiciens de la ville de Brême.

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 1.

N'oublions pas que Giusi Quarenghi, outre écrire, s'est aussi occupée de dessins animés, de scénarios, de cinéma. Il y a de l'allégresse dans le rythme qu'elle donne, en pratiquement deux pages par histoire, à ses récits. Seule exception, Les Musiciens de la Ville de Brême ont droit à cinq pages.C'est peut-être l'histoire du dimanche. Mais le rythme n'en est pas ralenti pour autant.

L'incipit est sur le même schéma,pour chaque conte. L'auteure remplace le traditionnel "Il était une fois" par un "Il y a très longtemps, quand..." et chaque fois une autre trouvaille: - quand le ciel, peut-être, était plus grand... - quand la mer, peut-être, était plus salée... - quand on ne savait pas encore que deux et deux font quatre...." Ce qui crée une attente pour le conte suivant.

Les actions sont rapides, les dialogues fondamentaux et savoureux, les assonances n'y manquent pas, si bien que c'est un vrai régal de lire ces contes à haute voix.

Mon préféré est Le renard et les oies. Le titre déjà donne le ton :Oche Qua-Qua-Qua

L'éditeur ne m'en voudra pas, si, pour vous allécher, j'en cite le début: "Tanto tanto tempo fa, quando ancora non si sapeva che due più due fa quattro, un bel branco di oche bianche, morbide e tonde se ne stava in un gran prato di eba trifoglina a prendere il sole" - " Il y a très très longtemps, quand on ne savait pas encore que deux et deux font quatre, un beau troupeau d'oies blanches, moelleuses et rondelettes se faisait bronzer dans un grand pré de trèfle et de sainfoin.". N'est-ce pas plus joli de dire "erba trifoglina" que le prosaïque "trifoglio"?

Arrive le renard, affamé comme d'habitude, qui annonce en deux phrases assonantes son intention de les manger ("Sono proprio fortunata, oggi mi faccio una bella mangiata" - le renard, en italien, est un nom féminin). Réaction des oies: "Le oche la guardarono e poi si guardarono tra loro, con l'aria molto molto preoccupata. Qualcuna allargò le ali, qualcuna si mise a correre, qualcuna cominciò a beccare la terra, qualcuna girò la testa dall'altra parte. E una prese addirittura la parola:..." - Les oies le regardèrent, puis se regardèrent d'un air très très inquiet. Qui ouvrit ses ailes, qui se mit à courir, qui commença à picorer par terre, qui regarda ailleurs. Et il y en eut même une qui prit la parole...".

Et c'est de là que vient le salut. Et vous saurez pourquoi les oies font "-quoi-quoi-quoi" encore aujourd'hui. Et vous l'entendrez.

"Et le renard? A u fait, il est passé où le renard?"

Fin de l'histoire, matérialisée chaque fois par un trait plein, alors que, sur la page précédente, c'était un pointillé.

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 1.

Les reproductions d'images qui illustrent cet article (MERCI A FRANCO COSIMO PANINI) vous donnent déjà une idée de combien ANNA CURTI adhére au style de Giusi Quarenghi. Humour, mouvement, allégresse des couleurs et des expressions, petits détails disséminés sur la page multiplient le plaisir des yeux pour les auditeurs (on nous dit 4 à 7 ans), comme celui du lecteur.

Un beau grand album, 24 cm x 31 cm, solide couverture cartonnée, de 40 pages, édité en 2012 dans la collection "Illustrati d'autore" pour célébrer le bicentenaire de la sortie des Contes de Grimm.

Jacob e Wilhelm Grimm: Fiabe con i baffi.....

narrazioni Giusi Quarenhi, illustrazioni Anna Curti

2012, Franco Cosimo Panini Editore S.p.a. Modena

ISBN: 978-88-570-0510-2 16 €;

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

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