Publié le 30 Mai 2012

 

 

 

 

Nous ne pouvons que dire notre sympathie désemparée  à nos amis italiens si durement touchés par les tremblements de terre.

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

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Publié le 28 Mai 2012

 L ES AUTEURS , LES LIVRES, LES COLLECTIONS  qui ont remporté

le PRIX 2012

 

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Après un an de lectures, de recensions et d'analyses, la rédaction de la revue Andersen, ainsi que les fondateurs de la Libreria dei Ragazzi, la librairie de jeunesse historique de Milan, sont en mesure de décerner les nouveaux Prix en ce mois de mai 2012. On peut chaque année,  grâce aux noms des vainqueurs du Premio Andersen, se faire une juste idée  du panorama de l'édition de jeunesse en Italie.


·     carminati small     Meilleur écrivain : Chiara CARMINATI

Pour la passion, le soin et la détermination avec lesquels elle sait cultiver et proposer un langage poétique pour et avec l'enfance, en le croisant avec d'autres arts et en l'accompagnant d'une réflexion théorique ample et approfondie.


·          Meilleur illustrateur : Maurizio QUARELLOquarello small

Pour avoir démontré au cours de ces dernières années qu'il était un artiste complet, doué, attentif aux suggestions du texte, aussi menues soient-elles. Ce faisant, il adapte son style au fur et à mesure, tout en restant toujours reconnaissable.  Pour son incontestable savoir-faire  et ses talents de composition, fruits d'un travail documentaire approfondi  et d'une riche culture figurative.

 

 


·          Meilleur livre 0/6 ans :

 PARDI-piccolo-uovo small Piccolo uovo” (Petit oeuf) de Francesca Pardi – illustrations  de Altan, Lo Stampatello

Pour nous avoir donné, à travers un petit livre d'une simplicité délicate, une représentation précise et poétique de toutes les formes possibles de familles. Pour avoir traité avec intelligence et passion, en citoyenne, un thème fort  important. Pour avoir trouvé les mots pour le raconter aux lecteurs les plus petits et pour les superbes dessins de Altan

 

 


·         Meilleur livre 6/9 ans  :

L’estate di Garmann” (L'été de Garmann) de Stian Hole – HOLE-estate-di-garmann smalltraduction de Bruno Berni, Donzelli

Pour un album extrêmement inhabituel, avec des illustrations agressives et en même temps pleines de charme, d'ironie et d'humour. Pour un travail savant et raffiné, qui se joue entre interprétation de la réalité et élan vers le surréel. Parce qu'il nous offre un portrait de l'enfance, parfait et plein de vie, avec ses questions, ses peurs, ses troubles, ses  conceptions du monde.


 

 

·       SILEI-il-bambino-di-vetro small  Meilleur livre 9/12 ans :
Il bambino di vetro”(L'enfant de verre) de Fabrizio Silei – illustrations de  Marco Somà, Einaudi Ragazzi

Parce qu'il confirme, par cette œuvre, qu'il est l'une des voix les plus qualifiées de la nouvelle prose italienne pour la jeunesse. Parce que c'est un récit au ton déterminé et délicat, envoûtant et soutenu, mais qui reste ouvert à la réflexion sur les grands thèmes, de l'amitié aux difficultés sociales, à la diversité.

 

 

 


·         Meilleur livre plus de 12 ans :                   DOWD-il-mistero-del-london-eye small

Il mistero del London Eye” de Siobhan Dowd – traduction de Sante Bandirali – préface de Simonetta Agnello Hornby, Uovonero

Parce qu'il s'agit une œuvre riche et forte de ses nombreux échos et des diverses lectures possibles. Un récit parfaitement rythmé, qui vous emmène de façon magistrale tout en restant attentif à donner un portrait clair et précis des personnages et de leur psychologie. Pour sa réflexion inhabituelle autour du thème de la diversité.


 

 

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·         Meilleur livre plus de 15 ans :

Ero cattivo”(J'étais mauvais) di Antonio Ferrara, Edizioni San Paolo

Pour la narration intense et essentielle, limpide et prenante. Parce qu'il a affronté avec intelligence et originalité un thème important et épineux,  sans tomber dans les pièges de la banalité et du prêchi-prêcha.

 

 

 

 


·         Meilleur livre de vulgarisation :                     VALENTINIS-EVANGELISTA-raccontare-gli-alberi small
Raccontare gli alberi”(Raconter les arbres)  de Pia Valentinis – Mauro Evangelista, Rizzoli

Un album illustré de très haut niveau de deux parmi les meilleurs illustrateurs italiens. Parce qu'ils proposent une idée différente de la vulgarisation en se basant sur le charme discret et puissant à la fois des images. Pour la variété des solutions techniques proposées et pour une rencontre parfaite entre leurs styles et leur expérience.

 

 


·        McGUIRE-cosa-non-va-in-questo-libro small Meilleur livre réalisé selon les règles de l'art:

Cosa non va in questo libro”(Qu'est-ce qui cloche dans ce livre?) de Richard McGuire, Corraini

Un album riche en surprises et en trouvailles,  plein de charme  et d'impertinence. Pour le savoir-faire graphique d'un projet qui nous propose, dans le droit-fil du surréalisme,  des casse-tête visuels, des trompe-l'œil, des jeux d'ombres, des identités cachées, et bien d'autres choses encore. Parce que c'est une invitation précieuse à regarder au-delà de l'apparence des choses.

 

 


·         Meilleur album illustré :                TESSARO-il-cuore-di-chisciotte small

Il cuore di Chisciotte”( Le coeur de Don Quichotte)  de Gek Tessaro, Carthusia

Pour la fusion parfaite, admirable, entre un texte intensément lyrique et ses illustrations. Pour des tableaux qui étonnent par la force et la sûreté du trait. Parce qu'il représente indéniablement le point d'arrivée de tout un parcours artistique. Parce qu'il est en continuité directe avec une expérience théâtrale saisissante.

 

 


·        FRANCOIS-chi-e-il-piu-buffo small Meilleur livre jamais encore récompensé :

Chi è il più buffo?”( Qui est le plus marrant) de André François – traduction de Federica Rocca, Babalibri

Pour célébrer l'heureux retour d'un petit classique des albums illustrés. Une œuvre fraîche et amusante,  pleine de finesse et de surprises, où le texte bref mais très drôle se mêle à un trait particulièrement original et élégant.

 


·         Meilleur projet éditorial :               LeMilleunaMappa small

“Le mille e una mappa”(Les mille et une carte) un projet de Luisella Arzani, EDT_Giralangolo

Parce qu'elle a donné vie à une collection d'une grande originalité au plan de la réalisation graphique, qui met en oeuvre un heureux équilibre entre narration et vulgarisation, présentation de contes célèbres ou de textes classiques et parcours historico-géographiques. Parce que cette proposition a gagné, avec le temps, en rigueur et en qualité, en intérêt et en attrait.

 

 


·         Meilleure collection de romans :                  EXTRA CONTA LE STELLE small

 “Extra”, responsable: Maria Chiara Bettazzi, Giunti

Parce qu'elle a su se transformer, au fil du temps, de regroupement de "hors-collections" qu'elle était, en authentique collection  bien individualisée, tout en gardant sa variété. Pour la qualité des auteurs et l'intensité des histoires. Pour sa capacité à affronter des thèmes  complexes avec des écritures jamais conventionnelles, en un dialogue approfondi avec les adolescents et les jeunes adultes.

 

 


·         BAV logo 20 anni smallPrix spécial du jury :

Collection "Il battello a  vapore", Piemme.

C'est une collection qui a marqué l'histoire récente de notre littérature de jeunesse. Pour la compétence têtue et volontaire qui a mené à bien le projet, sans solution de continuité, au fil du temps. Pour avoir visé constamment le monde de l'école. Pour la qualité du niveau moyen des propositions. Pour avoir, d'une part, fait venir en Italie des livres de valeur indéniable et, d'autre part, contribué à faire grandir dans notre pays une nouvelle génération d'écrivains.

 

 

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·         Prix spécial du jury :

Maria Paola De Benedetti

Pour la compétence avec laquelle elle a parcouru les professions du livre dans l'édition de jeunesse, devenant ainsi une référence estimée, grâce à son affabilité et à sa rigueur, sa réserve et sa courtoisie.

 

 

 

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Pour plus d'information,

                                                                                                          link

 


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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #PAS LU - MAIS...

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Publié le 17 Mai 2012

 - INNOCENTI ? Vous avez dit INNOCENTI ?     

    ritratto-muro.jpg    Pour reprendre le contact après tant de temps, il fallait un grand, un vraiment grand.  Roberto INNOCENTI (prononcer "…tché-nti").

Bon nombre d'entre vous le connaissent déjà comme illustrateur du plus toscan des Pinocchio. Ou encore deCendrillon, ou des Contes de Noël, pour ne rien dire de Casse-Noisette. Ou encore, pour ses albums  plus historiques, Rose Blanche,  et l'Etoile d'Erika, seuls traduits en français pour l'instant. Ou le "roman en images" L'Auberge de Nulle Part .

Et à feuilleter ces albums, point n'est besoin de préciser que Roberto INNOCENTI est un artiste exceptionnel, le seul illustrateur italien, à ce jour, à avoir reçu, pour l'ensemble de son œuvre,  le prestigieux prix international décerné, tous les deux ans depuis 1956,  par l'IBBY(International Board on Books for Young People),  le HANS CHRISTIAN ANDERSEN AWARD. C'était en 2008.

Le livre dont je veux vous parler date de 2009. Vous aurez le choix entre 3 versions :

-         la version originale, The House, parue aux USA chez Creative Editions à Mankato (c'est chez eux qu'est sorti, rappelez-vous – 28 décembre 2011 – l'album The Riverbank, In Riva al Fiume), avec un texte de J.PATRICK LEWIS ;

-          la version française, La Maison, traduite de l'anglais par J.F.MENARD  pour Gallimard- jeunesse en 2010;

-          et la même année en Italie, chez son éditeur "historique" La Margherita,, sous le titre de Casa del Tempo, avec un texte de Roberto   PIUMINI  - que vous connaissez déjà, article du 14 janvier 2012-  ORMA RAMO ROMA AMOR de R.PIUMINI et L.SCUDERI

 

.                       CASA DEL TEMPO de Roberto INNOCENTI

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            Dans tous les cas, il s'agit d'un grand album solide (32,5 x 24 cm), organisé en 15 "épisodes". Pour chaque épisode, sur la page de gauche, une toute petite image (deux, exceptionnellement, pour 1942…), accompagnée d'une année (de 1900 à 1999), comme une vision "à travers le trou de la serrure du temps", qui donne le contexte de l'histoire. Elle  est commentée par un texte, en vers, sur la page de droite.  D'habitude, l'illustrateur illustre un texte écrit auparavant. Ici, c'est l'écrivain qui met en mots la situation d'abord dessinée. Et, pour ma part, ce texte est quasiment superflu et "faible" par rapport à la force des images; malgré la poésie des quatrains romantiques de J.Patrick Lewis; même Piumini n'est pas à son aise dans cet exercice.

     Laissons donc l'écrit de côté, les images parlent d'elles-mêmes. Mais de quoi parlent-elles donc?

Un seul texte nécessaire, l'introduction:  "Au dessus de ma porte est gravée 1656, une année de peste, l'année de ma construction. Je fus bâtie de pierre et de bois, mais au fil du temps, mes fenêtres se sont mises à voir et mon toit à entendre. J'ai vu des familles grandir, j'ai vu tomber des arbres. J'ai entendu des rires et le son du canon. J'ai connu des tempêtes, des marteaux, des scies et enfin l'abandon. Puis, un jour, des enfants se sont aventurés dans mon ombre à la recherche de champignons et de châtaignes, et une vie nouvelle m'a été donnée à l'aube d'un âge moderne. Vue de ma vieille colline, ceci est mon histoire du XXe siècle. La maison,  2009 "

     C'est bien elle l'héroïne, la narratrice, cette maison de pierre comme on en voit sur les contreforts de l'Apennin toscan, (mais aussi dans d'autres régions de montagnes méditerranéennes, certainement). En 15 grandes planches occupant toute la double page, toujours  avec strictement le même angle de vue, nous allons suivre l'histoire du XXe siècle à travers les vicissitudes de la maison rebâtie, ré-habitée, rénovée, puis à nouveau abandonnée, puis… à vous de découvrir.

double page

L'idée est magistrale, d'autant plus que Innocenti est ici tout à fait à son aise, cette maison, ces bois, cette terre, il les connaît bien, c'est chez lui (on y retrouve d'ailleurs l'atmosphère de certaines planches des Aventures de Pinocchio). Son style qu'on a pu qualifier d'hyperréaliste va lui permettre de s'attacher à tous les détails révélateurs du temps évoqué – sans jamais, par ailleurs, noyer le regard du lecteur. Et la promenade est infinie, chaque nouvelle "lecture" est l'occasion de nouvelles découvertes,  car il y a :

 -        la maison, qui est rebâtie, puis améliorée selon les aléas de la famille qui s'y installe;

 -       les éléments qui ne changent presque pas : le chemin, en bas de l'image, reliant la maison isolée à un village suggéré par ceux qui en viennent ou y repartent;  le puits ; certains rochers;  les arbres qui perdurent  ;

 -        ceux qui sont abattus, ceux qui sont replantés et poussent au fil des ans;

 -        la forêt alentour peu à peu domestiquée, travaillée en terrasses, cultivée selon les différents besoins des époques;

 -        les humains et les animaux qui vivent et se déplacent dans et autour de la maison, dont les portes et les fenêtres aussi  sont révélatrices;

 -        les véhicules – du char à bœufs  à … la mini 4x4,  en passant par les mulets, les jeeps américaines et la Cinquecento; sans oublier la R4 rouge immatriculée Fi (Florence), héroïne de  L'Auberge de Nulle Part, qui pointe ici aussi son museau. Témoins de la vie qui se déroule hors champ  et dont les échos et les éclats atteignent forcément notre Maison et ses habitants.

Chaque planche est un monde qui raconte ce qui se passe là, et dans la région, et dans le pays. Magistrale leçon d'histoire.

Il faudrait parler aussi de l'usage que fait Innocenti  de la couleur qui nous dit la lumière, selon les heures et les saisons.  Vraiment, c'est un livre qui se dévore des yeux, les mots sont faibles pour le raconter.

Dans le catalogue de Gallimard-Jeunesse, on attribue La Maison à la tranche d'âge "5-10 ans". Où l'on voit que cette habitude d'indiquer un "âge-type" n'est souvent pas pertinente. Ce livre parle à tous les âges, aux adultes autant qu'aux enfants, aux adultes et aux enfants ensemble.

Pour d'avantage d'informations sur Innocenti lui-même, je vous renvoie à une interview très riche sur le site de Prìncipi e Principi qui est, avec La Margherita, l'éditeur italien principal de Roberto.

http://principieprincipi.blogspot.fr/2011/06/una-casa-per-esempio.htm

       Une dernière question : comment se fait-il que des talents de cette envergure soient d'abord édités aux Etats-Unis, avant que les européens ne se décident? Sur cela aussi, et sur le  statut des illustrateurs en Italie, Roberto Innocenti a discuté et s'est publiquement exprimé.

http://sdz.aiap.it/notizie/10636

(Avec mes humbles excuses à ceux qui ne pratiquent pas l'italien ! Ces documents n'ont pas été traduits)

 

Voir aussi cet article du Monde : http://issuu.com/nonodemaubeuge/docs/le_monde_des_livres_montreuil_2009

 

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CASA DEL TEMPO di Roberto INNOCENTI. Testi  di Roberto PIUMINI. 

LA MARGHERITA EDIZIONI. Collana : I LIBRI DI ROBERTO INNOCENTI.

2010. 64 pages.   24 euros

 

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Publié le 10 Mai 2012

 

 

 

 

 

Bonjour à tous

 

L'absence annoncée en mars s'est  prolongée, comme vous l'avez constaté, et je  vous demande de m'en excuser.

 

Je suis maintenant en mesure de reprendre nos lectures.

 

A très bientôt un nouveau titre.

 

 

libreria

 

 

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