Publié le 15 Janvier 2014

 

  POESIES DES GRANDS FROIDS

 

 

 

Vivian LAMARQUE  (prononcer Viviane) est certainement l'auteure italienne qui a le plus et le mieux parlé du froid (il freddo), de la glace (il ghiaccio - prononcer "guiatcho"), de la neige(la neve), en prose et en poésie.

 Dans sa bibliographie abondante et variée (il suffit d'un coup d'œil sur Amazon.fr ou  Amazon.it) on trouve dès 1981 La bambina di ghiaccio e altri racconti di Natale, chez EL, rééditée moult fois depuis.  En 2003 : Fiabe di neve. En 2004 : Poesie di ghiaccio. En 2006 : Tre storie di neve. En 2010 : Poesie di dicembre et  Nel bianco.  En 2011 : Neve neve dove sei. Et j'en ai certainement omis.

 Tous ces textes sont toujours illustrés, souvent par des illustrateurs  très différents.

 Pour les lecteurs qui nous ont rejoints récemment, je vous repropose une  lecture de février 2012 qui n'a rien perdu de son actualité, en attendant l'arrivée (?) de la neige et du froid.

 

imagesD'abord un grand album cartonné de 9,50 x 12 cm, publié par Emme Edizioni en 2004, avec des illustrations de Mara CERRI :

        La bambina di ghiaccio. (La petite fille de glace).

Dès la couverture, on est pris dans l'atmosphère de rêve des dessins de Mara Cerri, où le monde onirique de la petite fille de glace, tons pastels de bleus blancs, verts pâles, est regardé de loin par enfants et adultes de couleurs  vives, pris eux aussi dans un monde aux contours flous de neige et de glace.

 

          Nous sommes dans un conte dès les premiers mots :

"Aveva gli occhi bianchi e lucenti,    Elle avait des yeux blancs et   brillants,

aveva i capelli di cristallo.               elle avait des cheveux de cristal.

Aveva una sciarpa ricamata di brina,Elle avait une écharpe brodée de givre 

aveva un cappotto di càndida neve,  elle avait un manteau de neige candide

ai piedi aveva scintillanti affilatissimi pattini . aux pieds elle avait de scintillants patins  bien aiguisés.

 

Et le récit se déroule sur ce rythme un peu hypnotique, d'une prose à la fois simple dans sa structure et raffinée dans son vocabulaire, qui tient sous son charme le lecteur ou l'auditeur, de même que la petite fille de glace, la patineuse aérienne intrigue et capte l'attention des "gens" : une maman avec sa petite fille, deux enfants qui font un bonhomme de neige, un promeneur solitaire, un couple d'amoureux, un pêcheur un peu insolite, ainsi les a représentés Mara Cerri. La bambina vit isolée au milieu du lac gelé, dans une maison de glace et on ne peut que l'observer de loin.  

 

          Cette petite fille de glace a un côté très inquiétant, par la description de son corps transparent, et par la solitude dans laquelle elle vit. Peu à peu, le récit explicite  son secret : elle est marquée par une prédiction trouvée à côté de son berceau : elle vivra "un millénaire entier" si "jamais un rayon de soleil ne l'effleure".  Elle a déjà 999 ans, bien qu'elle n'en fasse que 9, et elle souffre de solitude, d'autant plus qu'elle sait que la mort est proche.  Alors elle met en forme son souhait de "danser au moins une fois avec un cavalier, se marier avec lui et laisser dans le monde des vivants une toute petite fille à elle".

         Et ce cavalier va arriver, de glace lui aussi, le Prince du Pôle, désireux lui aussi de danser avec elle, et trois  pages très poétiques évoquent les danses, les noces où sont invités "tous les papillons, tous les oiseaux, tous les petits enfants de la terre, si légers,  et le Roi et la Reine du Pôle", une joie légère et cristalline reprise par les couleurs plus marquées ( des turquoises, des violets) de l'illustratrice.

 

A vous de découvrir la fin.

 

        Ce conte parle, avec une grande délicatesse, de la maladie qui sépare des autres, de la mort, et de la vie cependant qui peut continuer et briser la malédiction; et en même temps de la magie ambiguë de la glace et du froid.

Il a été traduit en français en 1992 pour les éditions Ipomée, illustrations la petite fille de glacede Maria Battaglia. Peut-être en trouverez-vous un exemplaire dans votre bibliothèque.

 

Vivian LAMARQUE : La Bambina di Ghiaccio, illustrazioni  di Mara CERRI – Emme edizioni . 2004                         24 pages. 11€90.

 

Vivian Lamarque est une grande parmi les poètes italiens contemporains, souvent récompensée tant pour son œuvre "pour la jeunesse" que pour celle "pour adultes". Il semble que les français tardent un peu à découvrir cette facette de son talent. Je peux vous signaler le recueil "Poesie di ghiaccio" dans son édition de 2004, un beau volume relié chez Einaudi Ragazzi, collection Pesci d'argento. La poésie de Vivian Lamarque est très intense, très sobre à la fois, des vers courts, souvent "parlés", qui ont l'air enfantin mais posent les questions essentielles, celles qui, souvent, font mal. Les poésies, dans "Poesie di ghiaccio", se répondent pour former, à leur tour, une histoire. Les illustrations à l'aquarelle de Alessandro Sanna, très sobres elles aussi et tout aussi intenses, sont bien en syntonie avec les vers.

La quatrième de couverture dit "à partir de huit ans", mais il n'y a pas d'âge pour la poésie, vous le savez bien.

Vivian LAMARQUE : Poesie di ghiaccio, illustrazioni di Alessandro SANNA – edizioni EL. 2004             93 pages. 14€50

 

 

poesie di ghiaccio

 

 

fiaba di neve    nel bianco     neve neve     poesie di dicembre.        poesie di ghiaccio2

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #CONTES

Repost 0