TARARÌ TARARERA de Emanuela BUSSOLATI

Publié le 12 Mars 2013

       Parlez-vous piripù?

 


      Pour saluer l'arrivée d'une nouvelle lectrice, "nonna",  jeune grand'mère italo-française, revenons vers les tout- petits.


Emanuela Bussolati n'est certes pas une inconnue dans le monde du livre pour enfants en France. Sa production est vaste et variée, elle conçoit et illustre ses livres elle-même.  Les traductions en sont nombreuses.  Celui dont nous parlons aujourd'hui, lui, n'a pas besoin d'être traduit, et pour cause!

 


 copertina     Tararì tararera, nous dit la couverture, est une histoire en langue Piripou ("Storia in lingua Piripù") pour le simple plaisir de raconter des histoires aux Piripou Bibi ("per il puro piacere di raccontare storie ai Piripù Bibi").

 

 

 


Les Piripù Bibi, sont-ce ces êtres orange,  sorte de Barbe-à-Papa exotiques,  avec une queue en plus, dont le visage tout rond est si expressif malgré la simplicité des moyens graphiques?  Ils ont le livre "en main", sur la couverture. Sont-ce les petits enfants lecteurs du livre? Les deux, bien sûr.

 

 

i piripu

          Le  héros de cette histoire,   Piripù Bibi, est le petit dernier de la famille  Piripù,  soit  Piripù Pà, Piripù Mà, Piripù Sò et Piripù Bé. Comme il est tout petit, sa Piripù Mà l'attache avec une sorte de pelote de laine pendant que toute la famille cherche dans les arbres de quoi manger. Mais lui n'est pas content du tout d'être ainsi laissé pour compte, et prend la clé des champs dans ce qui semble bien être une jungle. 

 

 

A la joie de la liberté toute neuve succède rapidement la frayeur des rencontres imprévues et inamicales,

 


le serpent

 

 

 

 

puis  l'intervention salvatrice d'un énorme éléphant bienveillant,

 

ninna nanna

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et les retrouvailles avec sa famille qui reconnaît qu'après cette aventure, il n'est plus nécessaire de le "tenir en laisse", même pas avec une pelote de laine.

 

          Petite histoire des plus classiques, mais qui prend un joyeux relief  d'être racontée dans cette langue inventée, et d'être illustrée d'images en pleine page, découpages et collages  de couleurs très vives qui rendent l'action immédiatement perceptible.  


Emanuela Bussolati se définit comme une 'figurinaia",   une "fabriquante-de-petites-images", et on sent bien, dans ses illustrations, le matériau, le grain du papier découpé, qui s'allie avec le choix des couleurs éclatantes .  Elle crée ainsi un espace de référence où l'imagination du lecteur-spectateur a encore de la place . 

 

 

bébé léopard

 

     

          Et la "lingua piripù", alors ? C'est une langue inventée par Emanuela Bussolati, pour "raconter cette histoire à tous les enfants du monde, sans exclusion aucune".  Des sons expressifs, auxquels les mimiques du lecteur à haute voix, ses gestes, ses vocalises, donneront vie, avec l'aide des illustrations dont nous venons de parler. C'est,  en somme, ce que les acteurs de théâtre appellent "gramelot " (avec un m ou deux, au choix). Le roi du grammelot, en Italie, est certainement Dario Fo, même s'il n'est de loin pas le seul à utiliser ce "langage" ( link ).  Des écrivains aussi ont utilisé cet artifice, je pense à Stefano Benni,  par exemple, dans la nouvelle "Shimizè" du Bar sous la mer.(link)

 


          Je n'ai pas les instruments psychopédagogiques pour analyser les tenants et les aboutissants de cette langue inventée, mais je vous rapporte les paroles de Emanuela Bussolati après le succès de son livre (et le premio Andersen du meilleur livre 0-6 ans en 2010):


PremioAndersen"Piripù Bibi a pris la clé des champs ( il "coupe la corde" dit l'italien), il est parti beaucoup plus loin que les frontières du livre où je l'avais installé. Il a fait le tour des crèches de Gênes, il s'est sauvé en Sicile, près de Modène aussi, en Piémont,  à Rome… en m'offrant  chaque fois de nouvelles surprises. Il s'est fait comprendre par des mamans et des enfants italiens, maghrébins, allemands, français, roumains, sénégalais…Et  c'est ainsi qu'il m'a convaincue de donner une suite à ses aventures" .


(Il s'agit de Bada...búm. Un'altra storia in lingua Piripù… sorti en bada...bummars 2011)

 

 

 

 

 

 

 

Si vous pratiquez l'italien, allez sur le site d'Emanuela (même s'il n'est pas tout à fait à jour), vous y trouverez de très intéressants  témoignages de mamans, et un enregistrement de l'une d'elles qui lit l'histoire à un bambin de deux ans, lequel réagit très activement.  ( link )

 


Vous mettrez-vous, vous aussi, à "la lingua piripù" ?

 

 

Tatarì tararera… de Emanuela BUSSOLATI, Carthusia Edizioni, collection "La Biblioteca di Piripù", 10 x 9 cm, 40 pages, relié, novembre 2009, 13€,90.

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

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