Publié le 9 Octobre 2012

gazza ladra

 

 

 

 

LA GAZZA RUBINA

 

Chacun sait, depuis Rossini, que toute "gazza", ou pie, est "ladra", voleuse.


      Or notre Gazza est "rubina"(prononcer "rou"), qu'est-ce à dire ? En Italien, "voler" et "voleur"  dérivent de deux racines différentes: "rubare" est l'action (pensez à notre "dérober"), et le voleur est "ladro". Une "gazza rubina" ne doit pas voler de choses trop importantes, si on en juge par son diminutif "…ina".  Mais aussi, "il rubino", c'est le rubis, la superbe pierre précieuse.


      Alors notre pie ? Petite voleuse, ou pierre précieuse, ou voleuse de pierres précieuses ? La couverture ne nous renseigne pas sur cet point. Sur un fond bleu marbré comme une aurore boréale, elle campe, orange rehaussé de crayon, comme un collage, et quelques lettres de l'alphabet s'accrochent à ses pattes. Les lettres du titre sont aussi découpées-collées, couleurs éclatantes, lecture très facile.


      L'auteur du texte n'est pas un inconnu pour nous, nous retrouvons Roberto PIUMINI (cf 14/01 et 17/05 2012) pour les comptines, et Giulia ORECCHIA ( avec  un A final) pour les joyeuses illustrations. 

 

gaz rub détail


C'est donc l'histoire, racontée en vers comme une comptine, des 12 larcins de la Gazza Rubina : à 12 mots, elle vole une lettre, transformant, par exemple, une faRce en face, pour donner un équivalent français.La première double-page raconte et illustre en situation le mot  de départ;on tourne la page et on trouve le résultat d'arrivée.  Les vers, comme toujours chez Piumini, sont joyeux et enlevés, et les illustrations tout autant, qui utilisent collages et crayon, et débordent d'imagination pour transformer des pirates en prés (pirati, prati),   un étourneau en… taureau (tordo, toro), ou une piazza en pizza!!!.

 

 

bacca


Si, dans les quatre premières historiettes, on voit immédiatement quelle lettre est la cible de  la  gazza  rubina,  à partir de la cinquième, suspens! Ce sera au petit lecteur de faire des hypothèses, avant de tourner la page pour découvrir la solution. 


Déjà bien des occasions de rire et de s'étonner de l'importance d'une "simple" lettre.

 

lettere in libertà


      Mais ce n'est pas tout : que veut donc faite notre pie de ces douze lettres? Nouvelle découverte : non seulement elle peut en faire des  nonsense, mais elle peut créer aussi diverses expressions qui veulent dire quelque chose, et même un salut final! Pas moins de quatre anagrammes.


D'où la tentation d'essayer soi-même d'autres solutions.


La première édition de  LA GAZZA RUBINA est d'octobre 2000, chez Feltrinelli Editore Milano, un petit volume de 64 pages, dans la collection Kids.Sbuk, à 8 euros. En 2010, réédition en grand album cartonné, 21 x 26 cm, beau papier et très belle impression, le bon format pour une lecture collective à haute voix. 

 

La gazza rubina, Giulia ORECCHIA et Roberto PIUMINI

couvertFeltrinelli Kids, mars 2010.    14 €


 

 

 


P.S.  : c'est presque un "hors sujet", mais en parlant de La Gazza Ladra de Rossini je ne peux résister au plaisir de vous faire connaître le dessin animé qu'en a fait le génial   Emanuele dit Lele Luzzati, créateur  inépuisable de décors de théâtre, ballets, opéras aux quatre coins du monde, illustrateur de livres de jeunesse et pas seulement, décédé en 2007 encore très actif malgré ses 88 ans. Mais ceci est une autre histoire.

 

 


 

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

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Publié le 9 Septembre 2012

 

  UN LIVRE TOUT-FOU

 

 

 

Pour remettre en route les "lectures italiennes", je vous propose un livre librini01-copie-1insolite qui va nous faire retrouver la "femme à l'oreille verte" rencontrée le 12/02/2012.

 


Fausta Orecchio  est ici auteur (mais aussi éditeur), avec Olivier Douzou   comme illustrateur : c'est l'album FIABLA-BLA, publié en 2012 chez Orecchio Acerbo, justement.

 

 


Un grand (et lourd)  album aux couleurs très vives, aux illustrations qui sautent hors de la page, au texte qui se promène dans tous les sens et en tous formats, en une joyeuse sarabande.

LA FIABA, c'est le conte de fée (l'étymologie étant la  même que le français "fable").

BLA-BLA, dans de nombreuses  langues,  évoque la parole en  roue libre.

 

 

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Pourquoi donc "livre tout-fou"? Par son projet très particulier. Quand vous saurez que les auteurs remercient "Georges Queneau, Italo Prévert, Jacques Pérec, Raymond Calvino et l'Echo de Umberto"(sic), vous commencerez à vous douter de l'école à laquelle ils se réfèrent : l'Oulipo et son art de jouer avec les mots (qui a un petit frère italien, l'Oplepo).


La "contrainte" est explicitée dès la première page, en un avant-propos qu'il vaut mieux traduire que paraphraser:

" Le monde des contes de fée est impitoyable.

Il fait prisonniers des personnages, les dévore, les découpe, les fait disparaître ou les transforme en incroyables créatures, tout ça dans le plus grand désordre.

Dans ce livre, nous avons appliqué les mêmes méthodes, pour leur  faire subir le même sort,  à ces contes de fée. Et ce fut terrible!

Au tout début, Fausta Oreille (en français dans le texte) a entendu soixante-dix-sept  mots tout effrayés – huit phrases en tout- qui s'enfuyaient de leur conte.  Cette fuite les avait rendus solidaires, inséparables et méfiants.

Ils restaient toujours ensemble et n'acceptaient aucun intrus.

Dans le même temps, Olivier Dodici (douze en italien) trouvait douze malheureuses formes qui s'étaient perdues sous son matelas et sept couleurs prétentieuses qui refusaient catégoriquement de se mélanger entre elles.

Ainsi commence cette histoire totalement délirante, ce Fiabla-bla…

…mais qui, quand même, finit fort bien.

Une fois que tous ces mots, ces formes et ces couleurs se sont rencontrés, ils ont fait un tas d'enfants. Et aujourd'hui ils vivent enfin heureux, avec leur plus grande richesse : l'imagination."

 

images3.

 

Ou comment, avec un nombre limité de mots (" œuf, loup, roi, navire, petit pois, baiser, petit canard…."), d'articles, d'adjectifs, de conjonctions, bref avec un matériel donné  venant des contes populaires les plus connus, on peut fabriquer toute sorte de nouvelles histoires abracadabrantes et hilarantes. De même pour les illustrations qui jouent avec la combinaison et la taille des douze formes et des sept couleurs, rigoureusement rien d'autre.

 

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Du premier chapitre : FIABBICCÌ ( qu'on pourrait traduire par "A-B-C-CONTE") qui donne les huit phrases de départ, toutes de contes archiconnus, mais déjà légèrement altérées, jusqu' au dernier :  FIABA MELOGRAMMATICA (Conte "mélogrammatique" mais aussi "pommier-grammatique" ), en passant par une  FIABBUFFATA où tout le monde mange tout le monde,  ou une FIABA-BLUFF plus incroyable que les autres (et avec "refrain final"), ou encore FIABA-BUIA , la plus sombre etc., l'éventail est large.

 

 


Quelques exemples de FIA- BE-BOP :  Un jeune petit pois se déguisa en  danseuse – le temps passant, la sirène se transforma en un navire – la petite fille à qui il manquait une jambe sauva le roi – un petit canard réveilla la poule (aux œufs d'or) – et ainsi de suite.

 

 

 


A ne pas lire si vous voulez du sens raisonnable à tout prix. Mais si vous aimez les mots en liberté, vous en redemanderez, et les enfants avec vous.  Alors en photocopiant et en découpant les éléments donnés dans le supplément Il gioco del fiabla-bla, le jeu, vous pourrez continuer l'expérience et créer et faire créer de nouveaux contes avec de nouvelles illustrations.


Merci Fausta, merci Olivier, merci les éditions Orecchio Acerbo.


Je vous recommande d'aller voir la vidéo de présentation (en italien booktrailer)soit sur le site  de l'éditeur, soit sur Youtube, l'animation et la musique sont très fidèles à l'esprit du livre.

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=f1O26j0J5n4 

 

 

 

                                                                                                                 

Fiabla-bla de Fausta Orecchio -  Illustrations de Olivier Douzou  

 

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ORECCHIO ACERBO -  MARS 2012

A partir de 6 ans – 52 pages, 21 x 29,50 cm

isbn 9788896806340,  15,00 €

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #POUR RIRE

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Publié le 30 Août 2012

 

 

      librini03  En attendant la reprise (imminente) des Lectures Italiennes, je vous signale la possibilité que vous avez désormais de retrouver un article déjà publié, soit en fonction du titre du livre, soit en fonction du nom de l'auteur, de l'illustrateur ou de la maison d'édition.


           Ils sont par ordre alphabétique dans la rubrique "Pages" en colonne de droite, avec la mention" De A à Z "

 

A bientôt!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

libreria

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Rédigé par lecturesitaliennes

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Publié le 13 Juillet 2012

 

 

 

Les Lectures italiennes partent en vacances pour un mois.

 

Bonnes lectures, italiennes ou non, à vous.

 

E a rileggerci!

 

 


librini02

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Rédigé par lecturesitaliennes

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Publié le 13 Juin 2012

Le 23 mai 1992, le juge anti-mafia Giovanni Falcone, sa femme et les hommes de son escorte perdaient la vie dans un attentat à la bombe à la hauteur de Capacci, sur l'autoroute de Palerme à l'aéroport.  Et le 19 juillet de la même année, une autre bombe tuait le collègue et ami de Falcone,  Paolo Borsellino, devant son domicile à Palerme.

Ce mois de mai 2012, vingt ans après, l'Italie rappelait,  à travers manifestations, textes et colloques,  la mémoire de ces protagonistes essentiels de la lutte anti-mafia. En France, le quotidien Le Monde du 20 mai pouvait titrer :"Italie : le combat inachevé contre la Mafia".

 


Impossible de faire l'impasse sur cette réalité, y compris dans la "littérature de jeunesse". Mon intention n'est pas de vous donner ici une bibliographie sur le thème de la mafia (des mafias),  de nombreuses bibliothèques s'en sont chargées.  Mais il n'aura  échappé à  personne  que, cette année justement,  le prix Sorcières (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse et Association des Bibliothécaires de France)  a été décerné,  dans  la catégorie "romans pour adolescents", à Silvana Gandolfi pour son livre L'Innocent de Palerme, traduit (particulièrement bien) de l'italien par Faustina Fiore, pour les éditions Les Grandes Personnes.  Le titre original – intraduisible tel quel -  étant "Io dentro gli spari", mot à mot "Moi au milieu des coups de feu".  Il fallait tout le talent de Silvana Gandolfi pour réussir un roman si remarquable sur un sujet si délicat.  Silvana Gandolfi étant déjà  autant reconnue en France qu'en Italie, il vous sera facile de le trouver et de vous en faire une idée.

 

 

 

 

 

couverture 3

Mon propos est plutôt de vous présenter  un petit roman  sur le sujet qui m'a particulièrement frappée par sa pertinence et sa beauté, "Essaie donc de l'expliquer à Nino",

 "E vallo a spiegare a Nino",  "  de Anselmo R oveda, illustré par Gianni De Conno – Edizioni Coccole e Caccole – 2011 -  13 €

 Nous retrouvons des noms  désormais  connus de vous   :

-           l'auteur, Anselmo Roveda,  qui a décidément plus d'une corde à son arc entre contes, romans historiques, poésies et recherches sur les traditions de sa région, la Ligurie.

-           L'éditeur, Còccole e Càccole, (les fameux "Câlins et Crottes de nez") présenté ici  en décembre 2011 pour le conte de Noël de Frédéric Mistral : Li Pastre, I Pastori.

I PASTORI, LI PASTRE de F.MISTRAL et Anselmo ROVEDA


 Et un illustrateur à la hauteur du projet : Gianni De Conno.

Mais  une chose après l'autre.


Vous avez entre les mains un petit volume de 14 cm sur 20,5 et  48 pages.  Format très maniable et économique, beau papier blanc, typographie claire et élégante,  illustrations pleine page.

Le protagoniste est justement Nino, sicilien,  neuf ans, fils de pêcheur,  qui, sur le chemin de l'école, passe chaque jour devant  "la maison  aux fenêtres closes",  et la grosse voiture noire, "qui ne bouge pas, avec toujours un autre homme au volant".  C'est par cette maison que la peur va entrer dans la vie de Nino, vie par ailleurs très "normale",  une famille normale, les copains,  le bateau de pêche du père , les mois d'école et les mois de vacances.

Nino est un garçon  observateur et qui veut comprendre d'où vient cette peur. Il va commencer à poser des questions " politiquement incorrectes" autour de lui sur cette maison énigmatique et son propriétaire dont il ne sait que le nom, Don Lucio. Et il se heurte à des réponses  pas claires du tout qui l'inquiètent d'autant plus. Mais il y a l'oncle Salvatore, et la grande sœur Elena. Et des évènements qui vont secouer la vie du village.

 

 

 

Anselmo Roveda nous fait entrer dans le quotidien de cette famille vraisemblable et très équilibrée : Enzo, le père, courageux, sensible, qui sait réfléchir; la mère Rosangela (la barque de pêche porte son nom), "avec un petit diamant sur le nez",  éducatrice ferme et oreille attentive ; la grande sœur, déjà au lycée, bonne élève, aux idées claires, qui explique bien des choses à son petit frère ; et aussi le frère du milieu,  qui déteste l'école et passe son temps sur sa console de jeux. Le portrait de chacun est fouillé.

Les personnages "secondaires"  ont tout autant de présence: l'oncle Salvatore qui  parle à Nino comme à un grand,  Fadhil, le tunisien qui travaille avec le père, et  partage son expérience de pêcheur avec le jeune garçon ; les frères Boussoufa  qui sont dans sa classe; la vieille dame de "la maison aux glycines" ; la défunte grand'mère Nonna Rosalia, et d'autres  encore.

 

 

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A travers  les peurs, les joies , la curiosité de Nino, le lecteur arrive, par cercles concentriques, à déchiffrer les non-dits de la vie du village, la puissance occulte de ce Don Lucio barricadé dans sa maison, puis la libération que représente l'ouverture de la maison,  réquisitionnée quand le mafieux est arrêté, pour en faire un centre social. L' incendie dont elle est victime une nuit ne réussira pas à briser l'élan du village. Et tous ces éléments( que l'auteur a tirés de faits réellement arrivés)  auront contribué, finalement, à  expliquer à Nino,  et à ses petits et grands camarades-lecteurs, certaines racines du phénomène mafieux.

 


La Sicile où se déroule cette histoire est évoquée sobrement : la mer , les champs tout autour du village avec leurs murs à sec et les chèvres qui broutent.  Mais ce sont les images de Gianni De Conno qui leur donnent vie.  Des images pleine page, donc,  parfois sur la double page, et même une fois, surprise, un panorama sur quatre pages  qui se déplient.   Les NINO-01-p9-cmykillustrations  jouent  sur la lumière, c'est elle qui dessine les formes et les visages : la couleur bleue se déploie dans toutes ses variations  -  la mer, le ciel, les ombres, les poissons du cauchemar et les fumées de l'incendie. Et aussi la terre méditerranéenne  nue, ou couverte d'orangers, mais sans exotisme aucun. 


 Gianni De Conno est   un illustrateur notoire, souvent primé de par le monde. (Vous trouverez son site dans les "liens", à droite de cette page). On se prend à regretter le petit format (pourtant admirablement utilisé) et à rêver à ces images dans  un album grand format, voir très grand format, comme les  Poèmes à la Lune qui ont été traduits et publiés en France par Casterman en 2010 ( Poesie alla Luna, Rizzoli, 2009)

La prose de Anselmo Roveda  (rappelez-vous Ocattaccati, le premier livre de ce blog OCATTACCATI de Anselmo ROVEDA ) se caractérise toujours par sa fluidité,  sa précision, sa puissance d'évocation, son humour quand c'est le moment.  Enfant  et  adulte la savoureront l'un et l'autre.

L'auteur a choisi de mettre chacun des sept chapitres de son histoire à l'enseigne de sept écrivains siciliens reconnus, avec sept citations très pertinentes.  Le lecteur enfant n'y prendra peut-être pas garde, mais le lecteur adulte, lui, entendra des échos et retournera à ces textes-sources. Et c'est un autre cadeau que nous fait Roveda.

 


Une dernière chose : la collection dont fait partie "E vallo a spiegare a Nino" se nomme SMS, soit "Storie Molto Speciali" : une collection de petits romans basés sur des faits de l'histoire contemporaine.  Avec, par exemple, un autre très beau texte de Roveda :  "Una partigiana di nome Tina".

 Mais ceci est une autre histoire…

 

 

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   © Un grand merci aux éditeurs de Coccole e Caccole pour les images illustrant cet article.

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

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Publié le 30 Mai 2012

 

 

 

 

Nous ne pouvons que dire notre sympathie désemparée  à nos amis italiens si durement touchés par les tremblements de terre.

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

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Publié le 28 Mai 2012

 L ES AUTEURS , LES LIVRES, LES COLLECTIONS  qui ont remporté

le PRIX 2012

 

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Après un an de lectures, de recensions et d'analyses, la rédaction de la revue Andersen, ainsi que les fondateurs de la Libreria dei Ragazzi, la librairie de jeunesse historique de Milan, sont en mesure de décerner les nouveaux Prix en ce mois de mai 2012. On peut chaque année,  grâce aux noms des vainqueurs du Premio Andersen, se faire une juste idée  du panorama de l'édition de jeunesse en Italie.


·     carminati small     Meilleur écrivain : Chiara CARMINATI

Pour la passion, le soin et la détermination avec lesquels elle sait cultiver et proposer un langage poétique pour et avec l'enfance, en le croisant avec d'autres arts et en l'accompagnant d'une réflexion théorique ample et approfondie.


·          Meilleur illustrateur : Maurizio QUARELLOquarello small

Pour avoir démontré au cours de ces dernières années qu'il était un artiste complet, doué, attentif aux suggestions du texte, aussi menues soient-elles. Ce faisant, il adapte son style au fur et à mesure, tout en restant toujours reconnaissable.  Pour son incontestable savoir-faire  et ses talents de composition, fruits d'un travail documentaire approfondi  et d'une riche culture figurative.

 

 


·          Meilleur livre 0/6 ans :

 PARDI-piccolo-uovo small Piccolo uovo” (Petit oeuf) de Francesca Pardi – illustrations  de Altan, Lo Stampatello

Pour nous avoir donné, à travers un petit livre d'une simplicité délicate, une représentation précise et poétique de toutes les formes possibles de familles. Pour avoir traité avec intelligence et passion, en citoyenne, un thème fort  important. Pour avoir trouvé les mots pour le raconter aux lecteurs les plus petits et pour les superbes dessins de Altan

 

 


·         Meilleur livre 6/9 ans  :

L’estate di Garmann” (L'été de Garmann) de Stian Hole – HOLE-estate-di-garmann smalltraduction de Bruno Berni, Donzelli

Pour un album extrêmement inhabituel, avec des illustrations agressives et en même temps pleines de charme, d'ironie et d'humour. Pour un travail savant et raffiné, qui se joue entre interprétation de la réalité et élan vers le surréel. Parce qu'il nous offre un portrait de l'enfance, parfait et plein de vie, avec ses questions, ses peurs, ses troubles, ses  conceptions du monde.


 

 

·       SILEI-il-bambino-di-vetro small  Meilleur livre 9/12 ans :
Il bambino di vetro”(L'enfant de verre) de Fabrizio Silei – illustrations de  Marco Somà, Einaudi Ragazzi

Parce qu'il confirme, par cette œuvre, qu'il est l'une des voix les plus qualifiées de la nouvelle prose italienne pour la jeunesse. Parce que c'est un récit au ton déterminé et délicat, envoûtant et soutenu, mais qui reste ouvert à la réflexion sur les grands thèmes, de l'amitié aux difficultés sociales, à la diversité.

 

 

 


·         Meilleur livre plus de 12 ans :                   DOWD-il-mistero-del-london-eye small

Il mistero del London Eye” de Siobhan Dowd – traduction de Sante Bandirali – préface de Simonetta Agnello Hornby, Uovonero

Parce qu'il s'agit une œuvre riche et forte de ses nombreux échos et des diverses lectures possibles. Un récit parfaitement rythmé, qui vous emmène de façon magistrale tout en restant attentif à donner un portrait clair et précis des personnages et de leur psychologie. Pour sa réflexion inhabituelle autour du thème de la diversité.


 

 

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·         Meilleur livre plus de 15 ans :

Ero cattivo”(J'étais mauvais) di Antonio Ferrara, Edizioni San Paolo

Pour la narration intense et essentielle, limpide et prenante. Parce qu'il a affronté avec intelligence et originalité un thème important et épineux,  sans tomber dans les pièges de la banalité et du prêchi-prêcha.

 

 

 

 


·         Meilleur livre de vulgarisation :                     VALENTINIS-EVANGELISTA-raccontare-gli-alberi small
Raccontare gli alberi”(Raconter les arbres)  de Pia Valentinis – Mauro Evangelista, Rizzoli

Un album illustré de très haut niveau de deux parmi les meilleurs illustrateurs italiens. Parce qu'ils proposent une idée différente de la vulgarisation en se basant sur le charme discret et puissant à la fois des images. Pour la variété des solutions techniques proposées et pour une rencontre parfaite entre leurs styles et leur expérience.

 

 


·        McGUIRE-cosa-non-va-in-questo-libro small Meilleur livre réalisé selon les règles de l'art:

Cosa non va in questo libro”(Qu'est-ce qui cloche dans ce livre?) de Richard McGuire, Corraini

Un album riche en surprises et en trouvailles,  plein de charme  et d'impertinence. Pour le savoir-faire graphique d'un projet qui nous propose, dans le droit-fil du surréalisme,  des casse-tête visuels, des trompe-l'œil, des jeux d'ombres, des identités cachées, et bien d'autres choses encore. Parce que c'est une invitation précieuse à regarder au-delà de l'apparence des choses.

 

 


·         Meilleur album illustré :                TESSARO-il-cuore-di-chisciotte small

Il cuore di Chisciotte”( Le coeur de Don Quichotte)  de Gek Tessaro, Carthusia

Pour la fusion parfaite, admirable, entre un texte intensément lyrique et ses illustrations. Pour des tableaux qui étonnent par la force et la sûreté du trait. Parce qu'il représente indéniablement le point d'arrivée de tout un parcours artistique. Parce qu'il est en continuité directe avec une expérience théâtrale saisissante.

 

 


·        FRANCOIS-chi-e-il-piu-buffo small Meilleur livre jamais encore récompensé :

Chi è il più buffo?”( Qui est le plus marrant) de André François – traduction de Federica Rocca, Babalibri

Pour célébrer l'heureux retour d'un petit classique des albums illustrés. Une œuvre fraîche et amusante,  pleine de finesse et de surprises, où le texte bref mais très drôle se mêle à un trait particulièrement original et élégant.

 


·         Meilleur projet éditorial :               LeMilleunaMappa small

“Le mille e una mappa”(Les mille et une carte) un projet de Luisella Arzani, EDT_Giralangolo

Parce qu'elle a donné vie à une collection d'une grande originalité au plan de la réalisation graphique, qui met en oeuvre un heureux équilibre entre narration et vulgarisation, présentation de contes célèbres ou de textes classiques et parcours historico-géographiques. Parce que cette proposition a gagné, avec le temps, en rigueur et en qualité, en intérêt et en attrait.

 

 


·         Meilleure collection de romans :                  EXTRA CONTA LE STELLE small

 “Extra”, responsable: Maria Chiara Bettazzi, Giunti

Parce qu'elle a su se transformer, au fil du temps, de regroupement de "hors-collections" qu'elle était, en authentique collection  bien individualisée, tout en gardant sa variété. Pour la qualité des auteurs et l'intensité des histoires. Pour sa capacité à affronter des thèmes  complexes avec des écritures jamais conventionnelles, en un dialogue approfondi avec les adolescents et les jeunes adultes.

 

 


·         BAV logo 20 anni smallPrix spécial du jury :

Collection "Il battello a  vapore", Piemme.

C'est une collection qui a marqué l'histoire récente de notre littérature de jeunesse. Pour la compétence têtue et volontaire qui a mené à bien le projet, sans solution de continuité, au fil du temps. Pour avoir visé constamment le monde de l'école. Pour la qualité du niveau moyen des propositions. Pour avoir, d'une part, fait venir en Italie des livres de valeur indéniable et, d'autre part, contribué à faire grandir dans notre pays une nouvelle génération d'écrivains.

 

 

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·         Prix spécial du jury :

Maria Paola De Benedetti

Pour la compétence avec laquelle elle a parcouru les professions du livre dans l'édition de jeunesse, devenant ainsi une référence estimée, grâce à son affabilité et à sa rigueur, sa réserve et sa courtoisie.

 

 

 

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Pour plus d'information,

                                                                                                          link

 


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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #PAS LU - MAIS...

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Publié le 17 Mai 2012

 - INNOCENTI ? Vous avez dit INNOCENTI ?     

    ritratto-muro.jpg    Pour reprendre le contact après tant de temps, il fallait un grand, un vraiment grand.  Roberto INNOCENTI (prononcer "…tché-nti").

Bon nombre d'entre vous le connaissent déjà comme illustrateur du plus toscan des Pinocchio. Ou encore deCendrillon, ou des Contes de Noël, pour ne rien dire de Casse-Noisette. Ou encore, pour ses albums  plus historiques, Rose Blanche,  et l'Etoile d'Erika, seuls traduits en français pour l'instant. Ou le "roman en images" L'Auberge de Nulle Part .

Et à feuilleter ces albums, point n'est besoin de préciser que Roberto INNOCENTI est un artiste exceptionnel, le seul illustrateur italien, à ce jour, à avoir reçu, pour l'ensemble de son œuvre,  le prestigieux prix international décerné, tous les deux ans depuis 1956,  par l'IBBY(International Board on Books for Young People),  le HANS CHRISTIAN ANDERSEN AWARD. C'était en 2008.

Le livre dont je veux vous parler date de 2009. Vous aurez le choix entre 3 versions :

-         la version originale, The House, parue aux USA chez Creative Editions à Mankato (c'est chez eux qu'est sorti, rappelez-vous – 28 décembre 2011 – l'album The Riverbank, In Riva al Fiume), avec un texte de J.PATRICK LEWIS ;

-          la version française, La Maison, traduite de l'anglais par J.F.MENARD  pour Gallimard- jeunesse en 2010;

-          et la même année en Italie, chez son éditeur "historique" La Margherita,, sous le titre de Casa del Tempo, avec un texte de Roberto   PIUMINI  - que vous connaissez déjà, article du 14 janvier 2012-  ORMA RAMO ROMA AMOR de R.PIUMINI et L.SCUDERI

 

.                       CASA DEL TEMPO de Roberto INNOCENTI

casa-del-tempo.jpg

            Dans tous les cas, il s'agit d'un grand album solide (32,5 x 24 cm), organisé en 15 "épisodes". Pour chaque épisode, sur la page de gauche, une toute petite image (deux, exceptionnellement, pour 1942…), accompagnée d'une année (de 1900 à 1999), comme une vision "à travers le trou de la serrure du temps", qui donne le contexte de l'histoire. Elle  est commentée par un texte, en vers, sur la page de droite.  D'habitude, l'illustrateur illustre un texte écrit auparavant. Ici, c'est l'écrivain qui met en mots la situation d'abord dessinée. Et, pour ma part, ce texte est quasiment superflu et "faible" par rapport à la force des images; malgré la poésie des quatrains romantiques de J.Patrick Lewis; même Piumini n'est pas à son aise dans cet exercice.

     Laissons donc l'écrit de côté, les images parlent d'elles-mêmes. Mais de quoi parlent-elles donc?

Un seul texte nécessaire, l'introduction:  "Au dessus de ma porte est gravée 1656, une année de peste, l'année de ma construction. Je fus bâtie de pierre et de bois, mais au fil du temps, mes fenêtres se sont mises à voir et mon toit à entendre. J'ai vu des familles grandir, j'ai vu tomber des arbres. J'ai entendu des rires et le son du canon. J'ai connu des tempêtes, des marteaux, des scies et enfin l'abandon. Puis, un jour, des enfants se sont aventurés dans mon ombre à la recherche de champignons et de châtaignes, et une vie nouvelle m'a été donnée à l'aube d'un âge moderne. Vue de ma vieille colline, ceci est mon histoire du XXe siècle. La maison,  2009 "

     C'est bien elle l'héroïne, la narratrice, cette maison de pierre comme on en voit sur les contreforts de l'Apennin toscan, (mais aussi dans d'autres régions de montagnes méditerranéennes, certainement). En 15 grandes planches occupant toute la double page, toujours  avec strictement le même angle de vue, nous allons suivre l'histoire du XXe siècle à travers les vicissitudes de la maison rebâtie, ré-habitée, rénovée, puis à nouveau abandonnée, puis… à vous de découvrir.

double page

L'idée est magistrale, d'autant plus que Innocenti est ici tout à fait à son aise, cette maison, ces bois, cette terre, il les connaît bien, c'est chez lui (on y retrouve d'ailleurs l'atmosphère de certaines planches des Aventures de Pinocchio). Son style qu'on a pu qualifier d'hyperréaliste va lui permettre de s'attacher à tous les détails révélateurs du temps évoqué – sans jamais, par ailleurs, noyer le regard du lecteur. Et la promenade est infinie, chaque nouvelle "lecture" est l'occasion de nouvelles découvertes,  car il y a :

 -        la maison, qui est rebâtie, puis améliorée selon les aléas de la famille qui s'y installe;

 -       les éléments qui ne changent presque pas : le chemin, en bas de l'image, reliant la maison isolée à un village suggéré par ceux qui en viennent ou y repartent;  le puits ; certains rochers;  les arbres qui perdurent  ;

 -        ceux qui sont abattus, ceux qui sont replantés et poussent au fil des ans;

 -        la forêt alentour peu à peu domestiquée, travaillée en terrasses, cultivée selon les différents besoins des époques;

 -        les humains et les animaux qui vivent et se déplacent dans et autour de la maison, dont les portes et les fenêtres aussi  sont révélatrices;

 -        les véhicules – du char à bœufs  à … la mini 4x4,  en passant par les mulets, les jeeps américaines et la Cinquecento; sans oublier la R4 rouge immatriculée Fi (Florence), héroïne de  L'Auberge de Nulle Part, qui pointe ici aussi son museau. Témoins de la vie qui se déroule hors champ  et dont les échos et les éclats atteignent forcément notre Maison et ses habitants.

Chaque planche est un monde qui raconte ce qui se passe là, et dans la région, et dans le pays. Magistrale leçon d'histoire.

Il faudrait parler aussi de l'usage que fait Innocenti  de la couleur qui nous dit la lumière, selon les heures et les saisons.  Vraiment, c'est un livre qui se dévore des yeux, les mots sont faibles pour le raconter.

Dans le catalogue de Gallimard-Jeunesse, on attribue La Maison à la tranche d'âge "5-10 ans". Où l'on voit que cette habitude d'indiquer un "âge-type" n'est souvent pas pertinente. Ce livre parle à tous les âges, aux adultes autant qu'aux enfants, aux adultes et aux enfants ensemble.

Pour d'avantage d'informations sur Innocenti lui-même, je vous renvoie à une interview très riche sur le site de Prìncipi e Principi qui est, avec La Margherita, l'éditeur italien principal de Roberto.

http://principieprincipi.blogspot.fr/2011/06/una-casa-per-esempio.htm

       Une dernière question : comment se fait-il que des talents de cette envergure soient d'abord édités aux Etats-Unis, avant que les européens ne se décident? Sur cela aussi, et sur le  statut des illustrateurs en Italie, Roberto Innocenti a discuté et s'est publiquement exprimé.

http://sdz.aiap.it/notizie/10636

(Avec mes humbles excuses à ceux qui ne pratiquent pas l'italien ! Ces documents n'ont pas été traduits)

 

Voir aussi cet article du Monde : http://issuu.com/nonodemaubeuge/docs/le_monde_des_livres_montreuil_2009

 

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CASA DEL TEMPO di Roberto INNOCENTI. Testi  di Roberto PIUMINI. 

LA MARGHERITA EDIZIONI. Collana : I LIBRI DI ROBERTO INNOCENTI.

2010. 64 pages.   24 euros

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

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Publié le 10 Mai 2012

 

 

 

 

 

Bonjour à tous

 

L'absence annoncée en mars s'est  prolongée, comme vous l'avez constaté, et je  vous demande de m'en excuser.

 

Je suis maintenant en mesure de reprendre nos lectures.

 

A très bientôt un nouveau titre.

 

 

libreria

 

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

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Publié le 29 Février 2012

 

 

ranocchia

 ACHETER  VOS LIVRES DE JEUNESSE :

(sans prétention d'exhaustivité)


  - Dans les librairies étrangères de votre ville :

*   Grenoble : La Strada,

        1, place Sainte Claire - 38000 Grenoble – 04 76 51 04 65

 Lyon :      CIL, Comptoir International du Livre  ,

         Le château,

         10, avenue de ménival - 69005 Lyon -  : 04 78 25 71 73

 *  Marseille : Librairie Internationale Maurel ,

          95, Rue Lodi - 13006 Marseille - 04 91 42 63 44

 *   Paris :        Librairie Tour de Babel,

           10, rue du Roi de Sicile – 74004 Paris – 01 42 77 32 40

 *  Strasbourg : Librairie du Monde Entier,

           31, place Kléber - 67000 – Strasbourg  - 03.88.16.58.79

et certainement quelques autres encore ailleurs   en  France...

                                                            

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ü                - Chez les libraires qui vendent par correspondance :

    °   Comptoir International du Livre  : : www.cilingue.com

     °   La Lucciola Vagabonda :   www.livres-italiens.fr  

     °   Librairie Internationale Maurel :  www.librairie-internationale-  maurel.com/

      °    Librairie Tour de Babel : www.librairieitalienne.com

 

ü           - Sur les sites internationaux et italiens de vente de livres en ligne :

 

+  bol.it

+  Amazon.fr                         

+  Amazon.it                                 Gufo

 

ü           Directement chez certains éditeurs :

vo         voir sur les sites en lien.

 

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