Publié le 13 Février 2012

 

 

 

 

libreria 

 

Une question se pose, dès lors qu'on parle de livres.

Et elle a déjà été posée par certains :

où peut-on acheter des livres de jeunesse italiens

quand on n'habite pas en Italie?

J'ai quelques éléments de réponse,

mais l'information serait plus complète

si nous mettions en commun nos solutions.

 

MammaOrsa 

 

Pour répondre, vous avez

la touche "commentaire", en bas de l'article,

ou "contact",

dans le cadre de "Présentation", en haut de la page

à droite.

Merci de votre aide.

 

 

libreria

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Repost 0

Publié le 12 Février 2012

 Ou : LA FEMME A L'OREILLE VERTE

 

 

images.orecchio

 

 

La littérature française du XIX siècle avait "L'Homme à l'oreille cassée", l'édition de jeunesse italienne du XXI siècle a "la femme à l'oreille verte", Fausta Orecchio. C'est elle en effet qui fonda,  en 2001 ("C'était le 6 décembre 2001 et il faisait grand froid. C'est ce jour-là que, prématurément, notre premier enfant vit le jour…") les éditions ORECCHIO ACERBO. "Orecchio", d'accord, mais "Acerbo"? C'est son mari? Son associé? Non pas, son associé (et compagnon) est Simone Tonucci. Alors ?


Alors, il faut lire cette poésie de Gianni RODARI  (elle est sur la page d'accueil du site de Orecchio Acerbo , publiée en 1979 chez Einaudi dans le recueil "Parole per giocare"; Je n'en ai pas trouvé de traduction française, mais peut-être l'un/e de vous m'en indiquera une). En attendant, traduction "maison" :

"Un jour sur le direct Capranica-Caserte (c'est pour la rime – dans le texte "Viterbo")

Je vis monter un homme avec une oreille verte".

 Nous y voilà.  Le poète va apprendre que ce vieil homme ("plus tellement jeune, et même bien mûri")  n'a plus de jeune que cette oreille, une "oreille verte"

"C'est une oreille enfant, elle me sert à comprendre

Toutes choses que les grands jamais ne veulent entendre"

Et il nous en donne toute sorte d'exemples.  Je vous laisse les lire.


C'est là le programme que Orecchio Acerbo développe depuis dix ans, écouter, comprendre, faire comprendre des choses qui, souvent, ne sont pas écoutées ou pas dites. Sans souci du marché et des best- sellers. Un pari audacieux, risqué, mais qui marche, car Orecchio Acerbo est désormais incontournable dans l'édition de jeunesse, italienne et pas seulement.


         Ma première rencontre avec un livre d'Orecchio Acerbo (peut-être bien "La Portinaia Apollonia ") m'avait marquée par ce feuillet qui était glissé dans la première page, je l'avais regardé à deux fois, et qui se présentait comme une notice pharmaceutique (laquelle porte en italien le délicieux nom de "bugiardino", "petit menteur") :

Categoria farmaceutica
Libri per ragazzi che non recano danno agli adulti / libri per adulti che non recano danno ai ragazzi.
 

(Livres de jeunesse qui ne font pas de mal aux adultes / et vice versa)

Indicazioni terapeutiche
Stati di grave bulimia televisiva. Sindrome acuta di insufficienza immaginatoria
. ecc

(Etat de boulimie télévisuelle grave. Syndrome aigu d'insuffisance imaginationnelle)  Etc

Humour et provocation.  J'ai regretté de ne pas trouver de notice dans mon exemplaire de L'Isola di Fuoco.


Un autre aspect fondamental du travail de Fausta Orecchio et de son équipe - elle le développe dans le texte "Quali sono i vantaggi dell'essere un piccolo editore" –" Des avantages d'être un petit éditeur"-  c'est la  possibilité de "faire des livres sur lesquels puissent travailler ensemble, dans l'affrontement ou dans la rencontre,  un écrivain, un dessinateur, un graphiste…". Elle-même venant du monde du graphisme où elle s'était déjà fait un nom bien avant les années 2000.

 

 

images.poster

En 2009, le catalogue d'Orecchio Acerbo contait 75 titres. Aujourd'hui environ 120. Les auteurs sont italiens, bien sûr, mais aussi bien français, coréens, vénézuéliens et j'en passe. Vous retrouverez plusieurs albums de Fabian Negrin  .  Mais aussi des textes de Dickens, H.C. Andersen ou des frères Grimm.  Et vice versa, de nombreux albums d'Orechio Acerbo sont traduits, en français, entre autre. Une liste intéressante est  celle intitulée "La nostra Top Ten", sur la page d'accueil du catalogue :  elle donne une bonne idée des relations  qu'entretient Orecchio Acerbo avec la littérature de jeunesse mondiale.

images.fortunatamente.

 Je vous recommande vraiment une promenade dans le site de la maison, vous constaterez la variété des auteurs et illustrateurs, l'originalité des albums.  Vous pourrez en feuilleter virtuellement certains.  Si vous êtes "visuels", vous aurez grand plaisir à regarder les présentations vidéo  (en italien "booktrailers") servies souvent par les voix des auteurs.

Vous pourrez constater dans la rubrique "Premi" qu'aussi bien pour divers albums que pour elle-même la maison a reçu plus d'un prix prestigieux (a titre d'exemple, en 2004, le Prix Andersen pour "la meilleure production éditoriale "fatta ad arte"-" de grande qualité", ou encore, en 2009, le Prix Andersen pour les fameux booktrailers, et bien d'autres encore).


Plaisir, aussi, de la lecture de certains articles, présentés dans la rubrique "Interventi" de la présentation "Chi siamo" : mon choix personnel va vers ce texte de Fausta Orecchio, de juillet 2009 pour le quotidien "Il Manifesto", où elle donne une image de son travail et de ses choix à travers des souvenirs d'enfance : "Il maestro che mi insegnò a cadere" – "le maître qui m'apprit à tomber"-.  Ou ce texte du dessinateur Francesco Tonucci, qui approfondit la relation avec la poésie de Rodari : "Un orecchio che serve per sentire – une oreille qui sert à entendre (mais aussi sentir, le verbe italien a les deux sens)"-  Ou encore le texte humoristique de Matteo Corradini : "I libri di orecchio acerbo sono tutti sbagliati – les livres de orecchio acerbo ont tout faux"-  Il y en a pour tous les goûts et toutes les réflexions, dans un style souvent alerte.

 

 

imagesla rose.


Je ne parle pas des notices sur les auteurs, ou d'une très riche collection de liens fort bien classés. Je vous le disais, c'est un site inépuisable. Et vous avez même une version anglaise….


Bonne lecture, donc. J'aurai encore l'occasion de vous présenter un ou deux de mes titres préférés publiés par la femme à l'oreille verte.

 

    

 

 

 

libreria

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #EDITION

Repost 0

Publié le 2 Février 2012

 

UNE ÎLE DE FEU

 

 

 

     images-copie-3.jpg L'ISOLA DI FUOCO  di Emilio SALGÀRI, illustrazioni di Luca CAIMMI, postfazione di Paola Pallottino
Editore : ORECCHIO ACERBO, collezione Lampi. 

                                               Avril 2011. 48 pages 18€

  

   Vous avez entre les mains un grand livre. Grand, oui, 32cmx24cm, ce qui est peu commode pour le rangement, mais tellement pratique pour les lectures collectives, et tellement beau pour les illustrations !  La couverture cartonnée, selon l'habitude des éditions Orecchio Acerbo, est très robuste, les pages solides, on pourra le feuilleter encore et encore.
Emilio SALGÀRI : l'accent tonique n'est pas de moi, mais bien de l'éditeur qui sait les hésitations, même chez les italiens. Salgari, souvent appelé  en France,  de façon trop approximative, "le Jules Verne italien".  En avril 2011, on fêtait  le centième anniversaire de sa mort, et cet album le célèbre de façon superbe.


   La couverture interpelle, avec cette aquarelle nocturne et ses allusions : pas d'île, mais deux silhouettes sur le pont d'un bateau. Tout en haut de l'image, une lune, pleine et inquiétante dans son halo de bleus dégradés.  Et, entre les deux, pure couleur, la menace d'un feu incompréhensible et une épaisse couche de fumée. Le suspens est lancé.


   Pourtant la première double page (toutes les illustrations seront en double page) est tout ce qu'il y a de plus paisible, le petit vapeur a l'air d'un joujou entre ciel et mer modulant les bleus turquoise. Mais dès la page suivante, une inquiétude s'installe avec l'apparition de deux voiles et d'une fumée  très noire crachée par la cheminée. On cherche donc une explication dans le texte, et ainsi s'installe un va-et-vient fécond entre texte et image.


   Le narrateur est un voyageur, témoin du phénomène étrange, illustré sur la troisième page, au milieu d'un noir d'encre, d'un feu qui sort de la mer et que nous allons retrouver reflété dans un œil (l'œil du capitaine),occupant toute la double page un peu plus loin. Nous suivrons le narrateur dans le bateau et sur le pont tout au long de cette nuit d'angoisse, ses discussions avec le capitaine, les hypothèses faites, les peurs car le bateau est en avarie et ne doit pas se rapprocher trop du feu.

                index.jpg

   Tout cela magnifiquement servi par les planches de Luca Caimmi et ses jeux sur les tons de noir, d'orange puis de jaune, de bleus dramatiques. Intéressants aussi ses cadrages, quelques très gros plans, puis des "zooms arrières" ,  ou de larges vues panoramiques, selon les moments du récit.


   Cependant, dès la cinquième page, nous sommes pris de perplexité : n'étions-nous pas au large de la Nouvelle Zélande?  Pourquoi la carte que le capitaine abandonne sur sa table est-elle une carte du Golfe du Mexique?


    Et ainsi, petit à petit, les images de L'Isola di Fuoco vont raconter une  histoire autre  que le récit du voyageur et de Salgàri. Une histoire très contemporaine qui va donner une "explication" et un sens au phénomène géologique raconté par le romancier turinois.  Il l'avait inventée en s'inspirant de l'apparition d'une île volcanique, au large des côtes sud de la Sicile, en 1831. Ce volcan, émergé en éruption,  disparut définitivement six mois plus tard. Souvent, Salgàri s'est ainsi inspiré de faits réels pour ses romans.
    Seulement, dans le cas de cette version 2011 de L'Isola di fuoco, l'illustrateur "prend le pouvoir" et nous emmène dans des mers très contemporaines, ne craignant pas l'anachronisme, et finissant par un contraste strident entre la fin de l'histoire "officielle" et les dernières images, que je vous laisse découvrir.


    C'est un pari très audacieux qu'a fait, comme toujours, la maison Orecchio Acerbo, et ça fonctionne  tout à fait.


    Un mot de la réussite dans la réécriture de l'histoire : Salgàri a un style très foisonnant, qu'il fallait ici "réduire et adapter". Mais on retrouve cependant la solennité du passé simple et des imparfaits du subjonctif, les  dialogues rapides des moments de tension, les termes "techniques" qui nous font entrer dans l'époque ("le rande", voiles appelées en français, je viens de l'apprendre, "brigantines"; tous les termes pour indiquer les différents types de bruits qui accompagnent l'éruption, la description du feu…).
    Très réussie aussi la mise en page du récit, qui suit (ici deux lignes, là une dizaine, ici en grands caractères , là en plus petits) le suspense de l'histoire.


Encore un livre  qui se prêterait à une lecture -  à plusieurs voix ?


Pour ne pas fatiguer votre attention, je renvoie la présentation de la maison d'édition Orecchio Acerbo au prochain  numéro.


124-L-isola-di-fuoco-n.e.jpg


   A signaler, dans les jours qui viennent, la parution d'une deuxième édition de L'Isola del Fuoco ,  dans la collection Lampi light. Le format est le même, mais le livre est broché, et son prix est de 12,50 €, avec, en prime, un poster grand format d'une des aquarelles du livre. (Sa couverture me plaît moins, cependant).
Pour plus d'informations sur Luca Caimmi , voici son site et la présentation d'un autre livre de lui que je n'ai pas lu, mais qui semble aussi fort beau, une histoire de navire.

 

www.lucacaimmi.net

 

www.topipittori.it/it/catalogo/la-nave

 

NOTA BENE : Magie ou incapacité totale? Une fois encore, les liens n'apparaissent pas, mais ils sont là, si si, placez le pointeur dans "le vide" et vous les verrez apparaître en gris. Cliquez, il sont actifs.


                               
  librini02

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

Repost 0

Publié le 14 Janvier 2012

Orma-ramo-roma-amor2 "Encore un livre sur Rome et la louve !" entendra-t-on. Certes, mais cet anagramme, insolite pour ses deux premiers termes, carré comme camp romain, voilà qui pousse à aller y voir de plus près.

"Orma", c'est la trace. "Ramo", c'est la branche. Les deux jumeaux et la louve de la couverture, et le fleuve qui traverse l'image, mettent immédiatement sur la voie. Il s'agit bien de la légende de la naissance de Rome.  Une légende "mise en voix" grâce à une succession de pages de vers et de pages de prose.


Le départ parle même à qui ne maîtrise pas la langue italienne :

"Roma, Roma, città grande

Posso farti le domande?                 Je peux te poser des questions? 

Roma, Roma, città amata

Ma quand'è che sei nata?"             Mais c'est quand que tu es née? 

Et ainsi de suite pour encore cinq questions.


     Suivront la poésie du Tibre, celle du méchant Amulius, celle du serviteur-qui-va-au-fleuve :

"Cosa porta il servitore          (que porte donc le serviteur 

In quel fondo cesto scuro?"  dans ce profond panier tout noir?)

Puis l'invocation à la louve,  et ainsi de suite, vous les découvrirez vous-même.


     Ces textes visiblement faits pour la lecture à voix haute sont le "chœur" qui commente, anticipe, participe à l'histoire bien connue de la fondation mythique de Rome par Romulus et Rémus. Le roi Numitor et sa fille, Rhéa Silvia, séduite par le dieu Mars, Amulius le méchant jaloux, qui prend le pouvoir, puis fait tuer les jumeaux nés de la Vestale, le serviteur apitoyé, la louve, le berger et sa femme qui recueillent les jumeaux, leur retour à Albe La Longue, et enfin le défi qu'ils se lancent au moment de fonder une nouvelle cité sur les bords du Tibre, aucun moment ne manque au récit.


      Et ce récit est mené, Roberto Piumini oblige, dans un style alerte, plein d'humour qui ne dédaigne pas les anachronismes et sait restituer toutes les étapes de la légende. 


Voyez la joute entre les deux frères encore enfants qui rêvent de fonder une nouvelle ville:

"Come la chiameremo?" si chiesero i due fratelli.   Comment l'appellerons-nous? Se demandèrent les               deux frères.
Si misero a pensare.                                                         Ils se mirent à réfléchir 

Washington, dici, Remo?

Ma non vuol dire niente…                                      Mais ça ne veut rien dire… 

Oslo? Mi mette un gelo!                                           J'en suis tout transi! 

Parigi? Sa di gallo!"                      ça fait un peu coq ( et en même temps: ça fait gaulois) 

……….


     Mais lorsque le projet se concrétise, la joute entre les deux frères se transforme en duel, raconté dans une grande tension, jusqu'à la phrase finale, lapidaire :

"…e il primo sangue cadde sul suolo di Roma " (et le premier sang tomba sur le sol de Rome).

Cependant, un dernier paragraphe esquisse la suite de l'histoire de Rome, un temps "avec deux zéros et même trois", et une dernière poésie donne la clé de l'anagramme du titre.


     Les illustrations au trait de Lucia Scuderi,  toutes simples, grandes taches de quelques couleurs, des rouges et des bruns, des verts et des bleus, traduisent parfaitement l'histoire. Elle a quelques clins d'œil, elle aussi; comme, au début, ce jeune et cet enfant sur une Vespa (qui m'évoque irrésistiblement Nanni Moretti et son casque, sur sa Vespa, sur l'affiche de Caro Diario – Journal intime), devant une colonne, sur la page de gauche, qui dialoguent avec un romain étonné sur la page de droite. Ou l'avant-dernière image des deux frères en joute, séparés par un olivier tout ébouriffé par le vent de la dispute,  sur une terre rouge où l'ombre des  protagonistes semble annoncer le sang répandu sur la page suivante.

Sans parler des deux jumeaux, scotchés pour l'éternité aux mamelles de la louve par l'iconographie classique, que Lucia Scuderi a, elle, installés à califourchon sur la bête qui les emmène vers la vie.

Un petit livre très dense, très riche, et dont on peut tirer, je crois, de belles lectures en v.o. Edité, cela va sans dire, par les Nuove Edizioni Romane !


   Roberto PIUMINI  n'est de loin pas un inconnu en France. Ses derniers titres traduits sont "L'ange de l'autoroute" en 2010, par exemple, ou "La verluisette" en 2007, mais il était déjà traduit en France en 1991. Et aussi en Espagne, en Serbie, en Corée, en Chine, en Norvège… la liste est plus longue encore.

  Allez sur son site, le lien est dans la colonne de droite, vous pourrez y constater la  grande variété de son écriture.


     De même pour la sicilienne (de Catane) Lucia SCUDERI , à la fois auteure (les italiens disent "autrice"),  et illustratrice. Ne vous laissez pas déconcerter par l'anglais des titres du site, les articles sont aussi en italien. Et vous retrouverez la Vespa dont je vous parlais plus haut. Vous pourrez aussi y feuilleter quelques pages de notre livre.

Bonnes "vacances romaines"! ...


Roberto Piumini, Orma ramo roma amor             
Illustrazioni di L. Scuderi
Collana Tante storie – Nuove Edizioni Romane 2011
64 pp., €
13,50
       

librini01                                                                           


Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

Repost 0

Publié le 13 Janvier 2012

INTERMEZZO

 

  librini03

 

 

 

Suite à plusieurs questions sur l'auteur des sujets en pâte à modeler, je vous rappelle que vous saurez TOUT SUR ANTONIETTA MANCA en lisant, dans la colonne de droite, la "PAGE" intitulée : Elle illustre ce blog.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis, à propos de DARWIN,encore,  une publication   fort différente de In riva al fiume, mais très intéressante aussi :

Les trois carnets de voyage (plus de 200 pages chacun) de Luca NOVELLI : In viaggio con Darwin.


Le premier date d'octobre 2006: in viaggio con Darwin, Patagonia e Terra del Fuoco, le second d'octobre 2007: In viaggio con Darwin, Cile, Perù, Galapagos, le troisième d'octobre 2008 :In viaggio con Darwin, Tahiti, Nuova Zelanda, Australia. Ils ont été publiés en Italie chez RIZZOLI/RCS Libri.

 


         Luca Novelli et son équipe ont refait le voyage accompli par Darwin à bord du Beagle. Darwin les accompagne, et inévitablement fait des comparaisons avec ce qu'il a vu lors de son premier voyage. L'émerveillement le dispute à l'ironie et l'esprit critique. Novelli a une plume alerte.

Je n'ai pu lire que le premier volume, mais ai été séduite par le récit, sa mise en page, la richesse de l'iconographie – documents de Darwin, photos prises par Novelli et son équipe, reproduction de tableaux réalisés in situ par Federico Canobbio Codelli, et les superbes couvertures de Gianni De Conno.

Ces livres sont plutôt pour adolescents et adultes.
Je vous reparlerai certainement de
Luca Novelli,
formidable auteur de vulgarisation. Son site vaut le détour.
 

 ranocchia

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #VULGARISATION

Repost 0

Publié le 30 Décembre 2011

 

 

libreria

 

 

 

BELLE et BONNE

 

ANNEE 2012,

 

et des livres à foison

 

en toute saison.

 

TANTI AUGURI,

 

 FELICE ANNO NUOVO

 

 

librini02

 


Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Repost 0

Publié le 28 Décembre 2011

  VINGT ET UNE COMPTINES

 

librini01

 

Et en ces temps de nativité, une petite lecture dédiée à une future maman au nom d'étoile, qui n'a pas oublié ses racines italiennes.

Je vais me permettre de traduire, tout bonnement, le témoignage de Tognolini (vous vous rappelez, Rime di Rabbia en octobre, voir articles précédents), car on ne saurait mieux que lui caractériser ce livre :

" MAMMALINGUA a été imaginé par trois libraires de jeunesse, douées, qui lancent ainsi les Edizioni TUTTESTORIE : elles ont eu l'idée d'offrir, en collaboration  avec la municipalité de Cagliari,  un livre à chaque nouveau-né pendant deux ans (qui sont ensuite devenus quatre au vu du succès de l'initiative);  et elles ont fait appel pour ce travail à deux cagliaritains métis : Pia Valentinis, illustratrice de Udine qui vit à Cagliari depuis 15 ans, et Bruno Tognolini, écrivain cagliaritain qui vit à Bologne depuis vingt-cinq ans. Mais, au-delà de sa destination locale, si affectueuse,  le livre (a maintenant) une édition nationale que l'on ( peut) trouver dans les principales librairies de jeunesse ou que l'on peut commander directement à Tuttestorie.

            Ces poésies pour nouveau-nés ont représenté pour moi une aventure d'écriture très particulière. Je savais dès le début que je ne parlerais pas d'eux, mais à eux.  Un peu plus tard, je me suis aperçu que je parlais par la voix de la maman, ce mystérieux chant de baleine qui résonne dans l'océan "là dehors". Je ne me suis pas opposé à ce chant,  et ainsi sont nées vingt et une comptines, une pour chaque lettre, dans l'alphabet d'une "langue maman" originale : Acqua-l'eau,  Bocca- la bouche,  Cacca, Dors,  Ecco- voilà, Fils, Giorno-jour, Hai-tu as, Io-moi, Langue, Mamma, Non, Ora-maintenant, tu Pleures, Qui-ici, tu Ris, Sì-oui, Toi, Un, Via-parti, Zitti-chut."

            C'est la musique du monde quotidien où va naître l'enfant, où il vient d'arriver. On retrouve dans ces poésies la musique tantôt joyeuse, tantôt méditative de Bruno Tognolini,  sa simplicité raffinée. Et tout aussi simples, raffinées et poétiques les illustrations de Pia Valentinis : en quelques traits et peu de couleurs pastel, elle crée un espace encore pas complètement défini, où évolue un ourson, ou quelques oiseaux, poissons et autres pingouins, un espace dans lequel peut résonner la voix maternelle. 

            Voici, pour vous mettre l'eau à la bouche, la première poésie, ACQUA :

Ànima, àlito, èsci di bòcca,

Grìda pescètto che l'ària ti sciàcqua

Màno di màmma balèna ti tòcca

Vièni nel sòle, èsci dall'àcqua.


(J'ai artificiellement indiqué les accents toniques,  pour suggérer la musique aux non-italianistes)

 

 

 

images-copie-2

 

 

 


MAMMALINGUA, testo di Bruno TOGNOLINI, illustrazioni di Pia VALENTINIS,

            Editrice Il Castoro – Edizioni Tuttestorie, 2008 – 52 pages – 14,50 €

 

 

 

 

 


Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

Repost 0

Publié le 28 Décembre 2011

link

 Gufo  DARWIN ET NEGRIN

 

  Le livre que je vous propose aujourd'hui, vous pourrez le lire en version anglaise, française ou italienne.

-          Mais alors, me direz-vous, pourquoi le mettre dans des "lectures italiennes"?

- Parce que son auteur, FABIAN NEGRIN,  vit aujourd'hui en Italie et travaille essentiellement avec des éditeurs italiens. Et parce que c'est la version italienne que j'ai rencontrée en premier.

C'est un bel album à la couverture de carton robuste (23x28cm) dont l'illustration surprend par sa netteté. On comprend cependant immédiatement que ce sont des cailloux vus de près à travers une eau limpide, et une feuille qui flotte à la surface, le tout zébré d'impalpables éclairs de lumière.

IN RIVA AL FIUME.  Charles DARWIN illustrato da Fabian NEGRIN, édité par Gallucci.

Pour  participer aux fêtes du bicentenaire de la naissance de Darwin, Fabian Negrin a choisi d'illustrer le célèbre paragraphe de conclusion de L'Origine des Espèces, dans lequel le scientifique s'émerveille  et synthétise de façon très poétique les conclusions de son travail. Un texte court, donc, qui porte très bien ses 150 ans. L'éditeur a fait le choix de rapporter la première traduction en italien, réalisée en 1864 avec l'accord de Darwin, à la fois fidèle et fluide.

            Le premier impact de cet album est visuel : les couleurs de Fabian Negrin sont éclatantes sans agressivité. Le lecteur est invité à explorer les bords d'une rivière en changeant souvent de perspective : tantôt c'est le point de vue de l'oiseau, tantôt celui d'un éventuel compagnon du petit garçon qui explore lui aussi la rivière, ou du petit garçon lui-même (il sera rejoint par une fillette vers la fin), tantôt celui du poisson etc. Cette nature est très fraîche et très préservée, pas vraiment géographiquement définie, mais "riante" dit Darwin et dessine Negrin.  J'ai oublié le chien, qui accompagne le garçon dans ses pérégrinations. La "caméra" bouge beaucoup et multiplie les points de vue.

 Nous allons de découverte en découverte – cet arbre à tronc torsadé, ces passereaux multicolores, ces oiseaux noirs se nourrissant de papillons blancs au milieu de baies rouges (l'une est en train de tomber) dans une incroyable variation de verts végétaux, l'extraordinaire clarté de l'eau et du fond de rivière, mais aussi  les crapauds monstrueux – question d'échelle- chassant les libellules, un héron qui vient de pêcher un poisson et s'envole avec une grâce japonaise……la promenade est infinie.  Les images occupent soit une page entière, soit même une page et demie, et le dessin est vraiment mis en valeur.

On finit quand même par revenir  au texte, découpé en unités de sens, pour découvrir que ces images illustrent vraiment les idées de Darwin, de façon très fine. Les "formes élaborées avec une telle maestria, si différentes entre elles et dépendant l'une de l'autre de façon si compliquée, furent toutes produites sous l'effet de ces lois qui continuent d'agir autour de nous" , pour la page des oiseaux que j'évoquais précédemment, par exemple.  Ou bien "la variabilité" et voici le petit explorateur sous une averse imprévue, s'abritant sous une grande feuille, tandis qu'un papillon vole comme si de rien n'était. Il faudrait commenter chaque page, mais je vous laisse le plaisir de la découverte.

Le côté pédagogique n'est pas négligé, une préface brève situe l'œuvre  dans son contexte, un glossaire de deux pages explique les termes spécifiquement darwiniens, plus deux petites notes sur les deux auteurs.

Un livre à lire aussi bien pour soi que pour compléter une séquence pédagogique sur l'évolution de l'espèce. Surtout un grand poème à la nature, appréciable à tout âge.

Cet album  avait été publié pour la première fois  par l'éditeur américain The Creative Company en 2009, sous le titre de The Riverbank. et en 2010 il obtint le très prestigieux Bologna Ragazzi Award, dans la section Non Fiction. C'est la même année que Gallucci publie la version italienne ( Gallucci, éditeur de jeunesse très riche, jetez un coup d'œil à son catalogue ci-contre).

En France, ce sont les éditions écologiques toulousaines Plume de Carotte (www.plumedecarotte.com) qui ont repris l'album sous le titre de La Rivière, d'après Charles Darwin ( il me semble que le "d'après" trahit un peu le travail de Fabian Negrin). Vous pouvez, sur leur site, feuilleter quelques pages. Il  faudrait pour bien faire que je vous présente encore Fabian Negrin (bien qu'il ne soit de loin pas inconnu en France), mais je ne veux pas vous lasser, et aurai d'autres occasions de parler de lui, son œuvre est foisonnante.

 

 

 

images


IN RIVA AL FIUME, di Charles DARWIN, illustrato da Fabian NEGRIN, Gallucci editore,  2010, 32 pages non numérotées, 18 euros.

 

 

 


Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #VULGARISATION

Repost 0

Publié le 22 Décembre 2011

 

"Ils sont si nombreux,eux,  et moi je suis tout seul…Loro sono tanti e io sono uno ": c'est ce que disait un  Massimo Troisi  éperdu devant un tas de livres qu'il n'avait pas lus.


 Rita Valentino Merletti m'a  rappelé cette scène dans un livre fort intéressant qu'elle a cosigné avec Bruno Tognolini : "Leggimi forte". Je vous en parlerai plus tard.


Cette angoisse du lecteur devant la multitude des livres, nous sommes sans doute plus d'un/e à la ressentir. C'est pour cette raison aussi que je vous parle non pas des dernières sorties, mais de livres "beaux" qui risquent, injustement,  si on ne les rencontre pas immédiatement, d'être ensevelis sous la masse des nouveaux.

Retournons donc à nos lectures.

 

 

 

 

libreria

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Repost 0

Publié le 10 Décembre 2011

 

POUR LES "GRANDS"

 

 

Auguri di buon

 AUGURI DI BUON NATALE, arte e tradizione delle cartoline augurali.

de Walter FOCHESATO – Interlinea Edizioni, 2010.  Avec images en couleur. Format 12x16 cm. 160 pages  - 12 €


Nous sortons là du strict domaine de la littérature de jeunesse, mais restons dans le monde de l'illustration. L'auteur, critique reconnu de littérature de jeunesse et spécialiste de l'illustration italienne, nous présente sa collection de cartes de vœux illustrées du début du XX siècle. Il faut saluer la grande qualité des reproductions, malgré le format du volume. Fochesato nous fait d'abord une brève histoire du développement de la carte postale illustrée, de ses liens avec la géographie, les évènements et les mœurs, en se focalisant sur les cartes de vœux de fin d'année et ses dessinateurs les plus en vogue.


 Il présente ensuite sa collection en quatorze chapitres thématiques - O albero eternamente verde (…) È nato un bambino (…) Una grande abbuffata (…) Gnomi, folletti e spazzacamini (…) Comprando sotto la neve. Amanti e amori -  Et en prime, pour chaque chapitre, il nous offre, sur le même thème, la reproduction d'une affiche  de l'époque,  d'un calendrier ou d'une partition illustrée de chanson populaire.


  Quelques poésies complètent le chapitre, parfois traditionnelles, parfois plus littéraires. Les commentaires de Walter Fochesato, tout en restant légers,  nous guident dans une société ou dans le style d'un auteur  qu'il connaît bien, et nous permettent de dépasser la simple appréciation esthétique.

Ceux qui veulent approfondir l'argument trouvent des notices sur les illustrateurs en fin de livre.

Bref, un petit volume élégant, plein de ressources, que l'on reprend volontiers au Noël suivant, et constitue un joli cadeau. Il prend place dans toute une collection, Nativitas, de textes de toutes sortes sur le thème de Noël, dont un bon nombre d'auteurs connus dans d'autres champs.

 

                                                       buon natale


Là encore, je vous renvoie au site d'Interlinea, dont le catalogue réserve bien des surprises, et pas seulement pour la littérature de jeunesse.

 

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #ILLUSTRATION

Repost 0