Publié le 22 Décembre 2011

 

"Ils sont si nombreux,eux,  et moi je suis tout seul…Loro sono tanti e io sono uno ": c'est ce que disait un  Massimo Troisi  éperdu devant un tas de livres qu'il n'avait pas lus.


 Rita Valentino Merletti m'a  rappelé cette scène dans un livre fort intéressant qu'elle a cosigné avec Bruno Tognolini : "Leggimi forte". Je vous en parlerai plus tard.


Cette angoisse du lecteur devant la multitude des livres, nous sommes sans doute plus d'un/e à la ressentir. C'est pour cette raison aussi que je vous parle non pas des dernières sorties, mais de livres "beaux" qui risquent, injustement,  si on ne les rencontre pas immédiatement, d'être ensevelis sous la masse des nouveaux.

Retournons donc à nos lectures.

 

 

 

 

libreria

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Repost 0

Publié le 10 Décembre 2011

 

POUR LES "GRANDS"

 

 

Auguri di buon

 AUGURI DI BUON NATALE, arte e tradizione delle cartoline augurali.

de Walter FOCHESATO – Interlinea Edizioni, 2010.  Avec images en couleur. Format 12x16 cm. 160 pages  - 12 €


Nous sortons là du strict domaine de la littérature de jeunesse, mais restons dans le monde de l'illustration. L'auteur, critique reconnu de littérature de jeunesse et spécialiste de l'illustration italienne, nous présente sa collection de cartes de vœux illustrées du début du XX siècle. Il faut saluer la grande qualité des reproductions, malgré le format du volume. Fochesato nous fait d'abord une brève histoire du développement de la carte postale illustrée, de ses liens avec la géographie, les évènements et les mœurs, en se focalisant sur les cartes de vœux de fin d'année et ses dessinateurs les plus en vogue.


 Il présente ensuite sa collection en quatorze chapitres thématiques - O albero eternamente verde (…) È nato un bambino (…) Una grande abbuffata (…) Gnomi, folletti e spazzacamini (…) Comprando sotto la neve. Amanti e amori -  Et en prime, pour chaque chapitre, il nous offre, sur le même thème, la reproduction d'une affiche  de l'époque,  d'un calendrier ou d'une partition illustrée de chanson populaire.


  Quelques poésies complètent le chapitre, parfois traditionnelles, parfois plus littéraires. Les commentaires de Walter Fochesato, tout en restant légers,  nous guident dans une société ou dans le style d'un auteur  qu'il connaît bien, et nous permettent de dépasser la simple appréciation esthétique.

Ceux qui veulent approfondir l'argument trouvent des notices sur les illustrateurs en fin de livre.

Bref, un petit volume élégant, plein de ressources, que l'on reprend volontiers au Noël suivant, et constitue un joli cadeau. Il prend place dans toute une collection, Nativitas, de textes de toutes sortes sur le thème de Noël, dont un bon nombre d'auteurs connus dans d'autres champs.

 

                                                       buon natale


Là encore, je vous renvoie au site d'Interlinea, dont le catalogue réserve bien des surprises, et pas seulement pour la littérature de jeunesse.

 

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #ILLUSTRATION

Repost 0

Publié le 6 Décembre 2011

 

POUR NOEL

 

  Nous voici entrés dans la troisième semaine de l'Avent (comme on dit dans nos contrées), voici donc deux petits livres de saison, l'un "pour les enfants"  et l'autre "pour les grands", mais il y a souvent échange entre les deux groupes.

 

 

 

 


POUR LES PETITS:

I PASTORI  LI PASTRE de Frédéric MISTRAL. Texte de Anselmo ROVEDA

Illustrations Agnese BARUZZI et Sandro NATALINI - Edizioni Coccole e Caccole . 2010 - Format 14cmx20,5 – 14 pages en accordéon -  6,90 €

i pastori li pastre.

Ce petit accordéon de carton solide et brillant, aux couleurs si vives, nous restitue en italien et en occitan un bref conte de Noël de Frédéric Mistral, publié dans l'édition de 1889 de l'Armana Provençau, l'Almanach Provençal. L'éditeur Bernard Grasset avait, en 1926, rassemblé dans "Prose d'almanach", ces textes dispersés, dont Li Pastre fait partie.

 Anselmo Roveda (nous retrouverons plus d'une fois son nom et son œuvre dans ces rubriques), l'ayant dans sa bibliothèque, l'a offert aux lecteurs italiens grâce à "Còccole e Càccole" (Câlins et crottes de nez),  éditeur indépendant de Calabre, au catalogue très intéressant : jetez un coup d'œil  sur son site, l'adresse est dans la liste de droite. De lui aussi, nous aurons d'autres occasions de parler.

Ce conte, dans sa rapidité efficace, met en scène le vieux berger Ferland qui, convoqué au tribunal pour une banale dispute de pâture, cloue le bec au juge du haut de sa vieille  sagesse et de sa position de berger dans la tradition de Noël.  Un indigné avant la lettre?

La traduction de Roveda, très fidèle, a  ce caractère d'oralité que nous avions déjà noté dans Ocattaccati, ce rythme qui appelle la lecture à voix haute. Et entre le provençal et l'italien, le lecteur français, efficacement aidé par les images, n'a pas besoin de traducteur.

L'histoire se déroule, bilingue, sur une des faces de l'accordéon déplié. Ferland et le juge apparaissent en gros plans très expressifs, entourés d'une nuée de brebis volantes irrévérencieuses et de moutons bien sages. A la fin de l'histoire, le dessin invite à retourner  ce qui devient une mini-fresque nocturne, dans laquelle le berger "se déplace"  - comme dans les dessins que fit Botticelli pour illustrer la Divine Comédie -    jusqu'à rejoindre  la crèche. La technique mixte de l'illustration – collage, acrylique et infographie-  fait écho aux couleurs vives de la crèche provençale.  (Il y aura juste à camoufler le vilain petit rectangle du code-barres et n°ISBN…). Deux textes d'information sur Mistral et ce conte trouvent place dans l'image sans la troubler.

Un joli travail sur tous les plans.

                                                  MammaOrsa


Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #CONTES

Repost 0

Publié le 23 Octobre 2011

 

 

 

 

Ne manquez pas d'aller voir les deux "pages" dans la colonne de droite 

 

 

libreria

 

 

 

 

 

 

©Antonietta MANCA pour les pâtes à modeler.

Photo de fond : Les câpriers de Giovanna.

©Elisabeth LESQUOY

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #ILLUSTRATION

Repost 0

Publié le 23 Octobre 2011

 

 

DES ROMANS DE LA MER

 

 

images J'aurais beaucoup aimé vous parler d'un superbe roman de la mer :   Ti ho aspettato Simone, écrit par Marina Jarre en 2003 pour les éditions EL. C'était le numéro 100 de la collection Ex Libris. Force est de constater que, 7 ans plus tard ( plus qu'un lustre), il n'est plus au catalogue. Si vous tombez dessus chez un bouquiniste, n'hésitez pas.

 

Pour ne pas courir le même risque, parlons de MISTRAL, de Angela NANETTI, Firenze, Giunti, septembre 2008, pp192, euros 11,90.

 

" Tu as immédiatement commencé à hurler comme un damné, plus fort que le vent, je te jure ! Alors j'ai pensé que tu devais t'appeler Mistral, car tu lui ressemblais".

 

De cette naissance par un jour de tempête, dans le phare de l'Isola Nera, le jeune Mistral a gardé un rapport très ambivalent avec la mer et les éléments de cette île dont il est, pour un temps, "le roi". La mer et l'île sont un terrain de jeu où il cultive sa solitude et essaie de résoudre les contradictions qui l'animent.

 Roman de formation, Mistral suit l'évolution du jeune garçon, conditionnée par "le progrès", la modernisation du phare, qui oblige le père à partir travailler au loin et la famille à s'installer sur la terre ferme,  au contact de ses grands-parents, en particulier la Nonna Quinta, de l'école (où il allait d'abord en barque), du monde du travail, dans les années où se développe le tourisme balnéaire.

 Et puis il y a les filles, Ignazia qui a un an de moins que lui et habite le petit port voisin de l'île, et Cloe, la petite française descendue du voilier "bello come un miraggio". Deux filles qui n'ont peur de rien, mais vivent dans deux mondes totalement différents.

Aucun personnage n'est secondaire, chacun est dessiné avec finesse et profondeur. Et ce qui lie toute l'histoire, c'est la présence de la mer, couleurs, odeurs, mouvements, qu'Angela Nanetti nous dessine dans une langue incisive.

 

 Au chapitre trois, le père, Sisco, vient de révéler à Mistral qu'il va s'embarquer pour six mois pour faire vivre la famille, puisue le phare, "modernisé", n'a plus besoin de gardien. L'enfant se sauve sur l'île jusqu'à son promontoire familier et son père le suit.

…(Mistral) Piangeva, offrendo il viso al mare e a una brezza tiepida, che gli portava l'odore fresco e pungente del sale e del rosmarino in fiore. Non era giusto, proprio adesso che stava per incominciare l'estate e poteva salire sul faro e fare la notte con lui guardando le Orse, o aspettarlo al tramonto sulla spiaggia, quando arrivava con la barca…Non era giusto! Non era giusto!

"Mio padre è morto quando avevo tredici anni" gli rispose Sisco, "e anche questo non era giusto".

Ma senza durezza, con una pena che lo ammutolì di colpo.

         Senza voltarsi Mistral si ripulì gli occhi con il dorso della mano, e suo padre gli accarezzò la testa.

"Tornerò a novembre e allora mi racconterai tutte le cose dell'estate, e io le racconterò a te".

         Quando arrivarono alla torre Sisco si fermò, si guardò intorno e fece un ampio gesto con la mano:

"Abbi cura dell'isola, adesso è tutta tua".

 

Et voilà que l'éditeur suisse La Joie de Lire vient de publier une traduction française de ce roman par Françoise Brun (traductrice experte de grands auteurs contemporains italiens).

 

Pour un résumé complet de l'histoire, je vous renvoie à la fiche de La Joie de Lire.

http://www.lajoiedelire.ch/catalog/encrage/mistral


et pour Angela Nanetti, au lien avec son site dans la colonne voisine.

 

librini02

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #ROMAN PSYCHOLOGIQUE

Repost 0

Publié le 4 Octobre 2011

link  

 

  rime di rabbia-copie-1

LES POEMES DE LA COLERE

 

 

RIME DI RABBIA  de  Bruno TOGNOLINI, illustrations de Giulia ORECCHIA, préface de Anna OLIVERIO FERRARIS, Salani éditeur, 2010 – 78 pages, 7 €.

 

Le sous-titre de Rime di rabbia est "cinquante invectives pour les colères de tous les jours".  La quatrième de couverture nous promet "cinquante invectives pour les grandes colères des petits, et pour les petites colères des grands.   Des comptines, furieuses, amères, rigolottes, douloureuses, qui offrent aux enfants (et pas qu'à eux), des mots pour le dire. Des mots poétiques, beaux, car, si on peut bien l'exprimer, la colère brûle mieux et s'estompe plus vite. Des poèmes à lire pour rire, ou pour pleurer, ou pour se consoler. Et même à copier sur le journal intime d'un ami qui nous a blessé, ou sur un petit papier à  faire passer à un insolent" :  on ne saurait mieux dire.

Ce sont par excellence des poèmes à lire à voix haute, jugez plutôt :

1.Rima di rabbia                                                    20. Rimetta d'amore furioso

Rabbia, rabbia                                                         Mare in burrasca,terra in tempesta

Fiato di sabbia                                                        Se non mi ami ti spacco la testa.

Sangue di gioco

Fiore di fuoco…                                                                   Ou, plus triste :  

…………                                                                        21. Rima del traditore di segreti

                                                                                  Era un segreto

Ou encore:                                                               A te l'avevo detto

12. Rima lontana lontana                                     Era un tesoro

Non mi toccare                                                       E tu eri lo scrigno…

Non ci provare                                                         …………..

Stammi lontano, non ti avvicinare

Intorno al cuore ho sedici cani………..

           

Carrément flamboyant :

32. Invettiva del babà

Sei un babbeo, sei un babbaleo, sei un babbasone

Sei un balengo, sei un balordo, sei un balosso…

……………………

 Je vous laisse découvrir la suite, et tous les autres trésors de ce petit livre précieux.

Bruno Tognolini, à ma connaissance, m'est pas (encore) traduit en français. Il est vrai qu'il faut un traducteur-poète pour rendre la musicalité de ses vers.  Il dit lui-même que "la parole écrite, surtout lorsqu'elle s'adresse à la première enfance, doit avoir une voix humaine qui se cache dedans."  Il le sait bien, lui qui a écrit jusqu'ici une trentaine de livres, "plus de mille poésies et comptines en vingt ans",  et a aussi participé au programme télévisé de Rai3 Melevisione. Parmi ses livres, plus d'un est destiné "aux nouveaux-nés et aux voix des mamans".

Un trésor, vous dis-je, à approfondir sur le site *

 

Allez vite le voir et l'écouter sur Youtube , avec sa belle cadence sarde : *

 

Une dernière précision : Tognolini a reçu, cette année, le Prix spécial du jury du Premio Andersen-Il mondo dell' infanzia : le jury a été sensible au "scintillement de sa capacité d'invention, à la richesse joyeuse et joueuse de son langage poétique". Il récompense "l'intense indignation et la tristesse que peuvent  révéler ses poésies", ainsi que " la solidité de son engagement civique".

 

 

libreria-copie-1link

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

Repost 0

Publié le 16 Septembre 2011

  87098P

 

 

 

 

librini03Guido SGARDOLI, Eligio S, I giorni della ruota,

Firenze, Giunti, 2008/2010, 442 pages, 13,90

 

 

 

La critique a parlé à son sujet de "Mystères de Venise". Voilà un vrai, bon roman historique, qui nous transporte dans une Venise inédite, la ville populaire de la fin du XIX siècle et du tout début du XX. Le tourisme y est déjà développé, mais ce sont aussi les années de la naissance des usines sur l'île de la Giudecca et de celle du mouvement ouvrier. On y assiste même à l'écroulement du Campanile, ce fameux 14 juillet 1902. Dans ce contexte historique précisément tracé se déroule un vrai feuilleton, avec abandon d'enfant (qui donne son nom au roman, les bébés étant déposés dans la "ruota" et  élevés par les religieuses de l' "Ospitale di Santa Maria della Pietà"),  mère courageuse (et belle), truands très méchants, une foule de personnages que Sgardoli sait mettre en scène et faire progresser sans ménager les surprises, les rebondissements et les contretemps, dans la plus pure tradition du genre. Et pour la plus grande jubilation du lecteur. Un livre dont on espère une prochaine traduction en français.

Signalons que Guido SGARDOLI, qui vit et travaille à Trévise, écrit depuis 2004 et a déjà collaboré avec de nombreuses maisons d'édition italiennes. Il a reçu en mai 2009 le prestigieux prix Andersen 2009 dans la catégorie "Meilleur écrivain", "parce qu'il est, parmi les auteurs qui se sont affirmés ces dernières années, la voix la plus intéressante et la plus neuve..... et parce qu'il nous a offert un roman de grande valeur et de construction subtile, Eligio S. I giorni della ruota". Le jury du prix Bancarellino 2009 a été du même avis.

Guido SGARDOLI a publié depuis une bonne dizaine d'autres titres, de sujets et de styles très divers, "pour tous ceux qui, comme moi - écrit-il - aiment les histoires, quelle que soit leur date de naissance". Un auteur à découvrir.

 

 

 

libreria

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #ROMAN HISTORIQUE

Repost 0

Publié le 15 Septembre 2011

Ocattaccati.jpg

 

UN CONTE 

 

 

 

OCATTACCATI- Texte de Anselmo ROVEDA. Illustrations de Chiara DATTOLA.

Lineadaria ed. 2011. 30 pages. 14 €

 

Un album qui se prête très bien à la lecture en v.o., dans la mesure où il s'agit d'un vieux  conte bien connu de la tradition européenne. Les frères Grimm, entre autres,  l'ont repris sous le titre de L'Oie d'Or. Il serait donc aisé d'en faire une lecture "à deux voix".

Anselmo Roveda le réinterprète ici dans une version très "orale", très rythmée, pleine d'humour. La joyeuse sarabande qui va faire rire aux éclats la triste princesse Nenè se développe de la première à la dernière page. Cette musicalité est  déjà présente dan s le titre, avec ses allitérations et son accent dynamique :  OCATTÀCCATI !

(Ce jeune auteur génois a plus d'une corde à son arc, et nous en reparlerons certainement ici.)

Le grand format de l'album (21x29,7) en robuste carton  permet de le montrer facilement à un groupe d'enfants. Les collages de Chiara DATTOLA volent allègrement au milieu du texte, couleurs vives comme le rythme de l'histoire, et peuvent suffire à faire comprendre le texte même à des non-italianistes.

La quatrième de couverture nous dit:  "Un garçon ni grand, ni gros, une petite vieille qui se balance dans une coquille de noix, une oie magique où restent collés tous ceux qui la touchent: aubergistes, curés, paysans, bonnes sœurs, saltimbanques, musiciens, brigands, sénateurs, marchands, bohémiens, cyclistes… Tous en route vers le royaume de Tchin-Tchin II."

 

 

libreria

 

Les pâtes à modeler sont l'oeuvre de Antonietta MANCA

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

Repost 0