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Publié le 14 Septembre 2017

Non, je ne vais pas vous dire hélaslesvacancesonterminées. Mais pour prolonger la luminosité de l'été, proposons à nos écoliers nouvellement rentrés de drôles d'histoires, façon d'oublier un instant les méfaits de la pluie, du vent et des alertes météo qui affectent l'Italie, et pas qu'elle. S'ils ont entre 9 et 11 ans, ils aimeront les lire seuls, mais vous pourrez aussi les partager avec eux dès 6/7 ans.

 

 

C'est Daniela VALENTE, la vaillante directrice de la maison d'édition calabraise Coccole Books, qui nous les offre. Vous la connaissez déjà : pour ne parler que des livres dont elle est l'auteure (l'autrice, en italien, c'est plus joli, non?), rappelez-vous, le mulet Giardino et sa "vie d'âne". Ou encore la Mamma Farfalla, la maman-papillon.

Ici, ce sont de drôles d'histoires, STRANE STORIE, mais l'important est peut-être DI MARE. Des histoires de la mer. La couverture de Antonio BOFFA se passe d'adjectifs. Nous y reviendrons.

En réalité, ce sont des histoires à l'intérieur d'une histoire.

La narratrice, Giulia, a neuf ans,  sa maison donne sur la plage, et l'incipit nous plonge immédiatement dans l'atmosphère:" Je vis dans un village de bord de mer, où l'odeur des embruns pénètre jusque dans les maisons et parfume les choses" - "Vivo in un paese di mare, dove l'odore di salsedine arriva fin dentro le case e profuma le cose".

Chaque matin, au petit déjeuner, son père et elle racontent leurs rêves, même (surtout?) quand ils sont loufoques. La maman est plus ancrée dans le réel; elle attend un bébé, et Giulia craint la concurrence de ce (ou cette) futur nouveau-venu. Il y a aussi un grand-père (il nonno) qui vit tout près de la famille et raconte à sa petite-fille toute sorte d'histoires, de "drôles d'histoires", justement, dont Giulia n'arrive pas à démêler si elles sont vraies ou pure invention. Elles ont en tout cas la vertu de pacifier la fillette quand elle est inquiète ou triste.

 

 

Il lui raconte l'histoire du Chasseur de Fourmis - Il Cacciatore di Formiche, inspirée par un village en ruines réellement existant, mais aussi  hommage à  une nouvelle célèbre d'Italo Calvino: La formica Argentina;  sans compter le réel problème de l'invasion de la fourmi d'Argentine sur les côtes méditerranéennes.

 

Puis celle de la belle Teresa, napolitaine experte, dans l'entreprise de son père, en feux d'artifices, et de son amoureux calabrais Ciccio venu faire son service militaire à Naples. Le père de Teresa va-t-il laisser partir sa fille? Et c'est "Un amore scoppiettante - Un amour qui fait des étincelles".

 

Et encore l'histoire de Salvatore, l'homme plié en deux - L'Uomo Curvo, qui inexplicablement, sans avoir l'air d'un clochard, vit dans un vieux garage avec une vieille Fiat 600 qu'il sort parfois. C'était un voisin du nonno, et il réserve quelques surprises.

 

 

 

Sans oublier l'histoire du pêcheur qui raconte au grand-père la légende de la rascasse, si laide, mais d'une belle couleur rose, - et si bonne dans la soupe de poissons. Histoire en abyme de la lavandière laide "comme une rascasse", mais avec des yeux superbes, changée en poisson pour échapper à sa vie de labeur. C'est l'histoire de Occhi Bellinom que les pêcheurs siciliens de l'île de Favignana donnent en vrai à une rascasse locale.

 

Quatre histoires mi-réelles, mi-fantastiques : elles enrichissent le quotidien de Giulia, qui nous le raconte à grands traits: le parfum du pain chez le boulanger, qui descend "dal naso alla pancia", "du nez jusqu'au ventre"; les jours de marché en bord de mer où elle accompagne sa mère et observe avec ravissement les goûts, les couleurs, les voix. Puis l'attente de la petite soeur, et comment, petit à petit, grâce à l'attention de ses parents qui l'impliquent dans les préparatifs, elle l'accepte, en idée d'abord, puis en réalité. Et les travaux de jardinage  avec l'indispensable nonno, occasions de vraies leçons de philosophie de la vie: elle ne comprend pas toujours tout, mais ce sont des moments privilégiés pour elle.  Autre moment privilégié, les promenades en bord de mer pour faire des concours de ricochets quand le nonno voit que sa petite fille n'a pas le moral, qu'elle est "storta", littéralement "tordue".Et puis la voisine Clementina, les robes extravagantes qu'elle se coud elle-même et sa riche bibliothèque où Giulia va emprunter de plus en plus de livres avec un appétit croissant.  Et d'autres instants encore, de la naissance de Rossella, la petite soeur, à la mort du grand-père, à ce qui reste de son esprit dans son jardin, et sur son cerisier préféré. Et puis..... vos jeunes lecteurs vous raconteront le reste.

Toutes choses que l'auteure-Giulia raconte avec des mots simples et fluides. On sent que Daniela Valente s'est appuyée sur des histoires vécues, des personnages rencontrés, observés de son regard sensible et attentif.

L'objectif  de Coccole Books, depuis sa création,  est d'offrir à ses lecteurs, quel que soit leur âge, de petits livres de qualité: qualité du papier, clarté et grande lisibilité des caractères, et illustration soignée. Ce programme  a toujours été respecté, pour les Strane Storie di Mare en particulier, dont les illustrations ont été confiées à Antonio BOFFA.

La couverture que vous voyez ici frappe par sa simplicité et sa profondeur théâtrale, l'impression de rêve et pourtant les détails quotidiens - le linge qui sèche, les barques tirées au sec en attente de partir à la pêche, la fillette qui va traverser la placette avec son cerceau. Et toute cette variation de bleu, sommes-nous la nuit? La lune dans le ciel semble le dire. Et l'incroyable petit bateau de papier, objet de rêve lui aussi. Mais peut-être est-ce une île, un rocher, qui sait?

Boffa a très bien saisi l'essence de ce récit, et a réalisé quatre grandes illustrations en double page, pour les quatre histoires.

Vous en avez vues deux plus haut (Merci à Daniela Valente), et pouvez vous faire une idée, d'autant plus qu'elles ne sont pas coupées, comme dans le livre, par la séparation des deux pages. Comme de grandes tapisseries, où les personnages, bien que "à plat", sont pleins de mouvement,  mais dans une sorte de silence rêveur. Même pour l'image des feux d'artifice, qui est ma préférée et que vous découvrirez le jour où vous aurez le livre entre les mains.

STRANE STORIE DI MARE,    écrit par Daniela VALENTE, illustré par Antonio BOFFA,

Coccole Books, avril 2017, 76 pages, 9€,90.

Cette lecture est dédiée à notre amie Hélène R., grande lectrice et passeuse de livres, italiens et français aussi, qui est partie lire dans les étoiles. Adieu, Hélène!

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Publié dans #CONTES, #TEMPS PRESENT

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Publié le 15 Janvier 2014

 

  POESIES DES GRANDS FROIDS

 

 

 

Vivian LAMARQUE  (prononcer Viviane) est certainement l'auteure italienne qui a le plus et le mieux parlé du froid (il freddo), de la glace (il ghiaccio - prononcer "guiatcho"), de la neige(la neve), en prose et en poésie.

 Dans sa bibliographie abondante et variée (il suffit d'un coup d'œil sur Amazon.fr ou  Amazon.it) on trouve dès 1981 La bambina di ghiaccio e altri racconti di Natale, chez EL, rééditée moult fois depuis.  En 2003 : Fiabe di neve. En 2004 : Poesie di ghiaccio. En 2006 : Tre storie di neve. En 2010 : Poesie di dicembre et  Nel bianco.  En 2011 : Neve neve dove sei. Et j'en ai certainement omis.

 Tous ces textes sont toujours illustrés, souvent par des illustrateurs  très différents.

 Pour les lecteurs qui nous ont rejoints récemment, je vous repropose une  lecture de février 2012 qui n'a rien perdu de son actualité, en attendant l'arrivée (?) de la neige et du froid.

 

imagesD'abord un grand album cartonné de 9,50 x 12 cm, publié par Emme Edizioni en 2004, avec des illustrations de Mara CERRI :

        La bambina di ghiaccio. (La petite fille de glace).

Dès la couverture, on est pris dans l'atmosphère de rêve des dessins de Mara Cerri, où le monde onirique de la petite fille de glace, tons pastels de bleus blancs, verts pâles, est regardé de loin par enfants et adultes de couleurs  vives, pris eux aussi dans un monde aux contours flous de neige et de glace.

 

          Nous sommes dans un conte dès les premiers mots :

"Aveva gli occhi bianchi e lucenti,    Elle avait des yeux blancs et   brillants,

aveva i capelli di cristallo.               elle avait des cheveux de cristal.

Aveva una sciarpa ricamata di brina,Elle avait une écharpe brodée de givre 

aveva un cappotto di càndida neve,  elle avait un manteau de neige candide

ai piedi aveva scintillanti affilatissimi pattini . aux pieds elle avait de scintillants patins  bien aiguisés.

 

Et le récit se déroule sur ce rythme un peu hypnotique, d'une prose à la fois simple dans sa structure et raffinée dans son vocabulaire, qui tient sous son charme le lecteur ou l'auditeur, de même que la petite fille de glace, la patineuse aérienne intrigue et capte l'attention des "gens" : une maman avec sa petite fille, deux enfants qui font un bonhomme de neige, un promeneur solitaire, un couple d'amoureux, un pêcheur un peu insolite, ainsi les a représentés Mara Cerri. La bambina vit isolée au milieu du lac gelé, dans une maison de glace et on ne peut que l'observer de loin.  

 

          Cette petite fille de glace a un côté très inquiétant, par la description de son corps transparent, et par la solitude dans laquelle elle vit. Peu à peu, le récit explicite  son secret : elle est marquée par une prédiction trouvée à côté de son berceau : elle vivra "un millénaire entier" si "jamais un rayon de soleil ne l'effleure".  Elle a déjà 999 ans, bien qu'elle n'en fasse que 9, et elle souffre de solitude, d'autant plus qu'elle sait que la mort est proche.  Alors elle met en forme son souhait de "danser au moins une fois avec un cavalier, se marier avec lui et laisser dans le monde des vivants une toute petite fille à elle".

         Et ce cavalier va arriver, de glace lui aussi, le Prince du Pôle, désireux lui aussi de danser avec elle, et trois  pages très poétiques évoquent les danses, les noces où sont invités "tous les papillons, tous les oiseaux, tous les petits enfants de la terre, si légers,  et le Roi et la Reine du Pôle", une joie légère et cristalline reprise par les couleurs plus marquées ( des turquoises, des violets) de l'illustratrice.

 

A vous de découvrir la fin.

 

        Ce conte parle, avec une grande délicatesse, de la maladie qui sépare des autres, de la mort, et de la vie cependant qui peut continuer et briser la malédiction; et en même temps de la magie ambiguë de la glace et du froid.

Il a été traduit en français en 1992 pour les éditions Ipomée, illustrations la petite fille de glacede Maria Battaglia. Peut-être en trouverez-vous un exemplaire dans votre bibliothèque.

 

Vivian LAMARQUE : La Bambina di Ghiaccio, illustrazioni  di Mara CERRI – Emme edizioni . 2004                         24 pages. 11€90.

 

Vivian Lamarque est une grande parmi les poètes italiens contemporains, souvent récompensée tant pour son œuvre "pour la jeunesse" que pour celle "pour adultes". Il semble que les français tardent un peu à découvrir cette facette de son talent. Je peux vous signaler le recueil "Poesie di ghiaccio" dans son édition de 2004, un beau volume relié chez Einaudi Ragazzi, collection Pesci d'argento. La poésie de Vivian Lamarque est très intense, très sobre à la fois, des vers courts, souvent "parlés", qui ont l'air enfantin mais posent les questions essentielles, celles qui, souvent, font mal. Les poésies, dans "Poesie di ghiaccio", se répondent pour former, à leur tour, une histoire. Les illustrations à l'aquarelle de Alessandro Sanna, très sobres elles aussi et tout aussi intenses, sont bien en syntonie avec les vers.

La quatrième de couverture dit "à partir de huit ans", mais il n'y a pas d'âge pour la poésie, vous le savez bien.

Vivian LAMARQUE : Poesie di ghiaccio, illustrazioni di Alessandro SANNA – edizioni EL. 2004             93 pages. 14€50

 

 

poesie di ghiaccio

 

 

fiaba di neve    nel bianco     neve neve     poesie di dicembre.        poesie di ghiaccio2

 

 

 

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Publié le 9 Septembre 2013

C'era,lassù, al castello de R.PIUMINI et G.DE CONNO

C'era, lassù al castello -

Leggende di una terra di confine

De Roberto PIUMINI pour le texte et Gianni DE CONNO pour l'illustration.

Il y avait, là-haut au château - Légendes d'une terre de frontière.

C'est, d'abord, le format qui intrigue: étroit et haut (17 x 29 cm). Et l'étrangeté de la couverture : un mur aux motifs de carreaux géométriques , semés de lettres, barre l'image. Devant, de profil, une figure féminine, médiévale, sobrement vêtue, la main droite sur le cœur, silencieuse et pensive. Elle a quelque chose des figures sculpturales de Giotto dans la chapelle des Scrovegni à Padoue. Et au-dessus du mur, d'étonnants moutons ailés passent dans un ciel d'un bleu légèrement rosé par le couchant, silencieux eux aussi, comme des nuages. Le silence magique de cette scène rappelle au lecteur d'autres images, et il ne s'étonne pas de lire ( en tout petit) le nom de Gianni De Conno, accompagné de celui deRoberto Piumini.

Nous sommes en fort bonne compagnie, mais le mystère demeure entier, à part l'affirmation nette du "c'era", il y avait, et le "là-haut" à la fois "ciel" et "château", et montagne dans toutes les chansons populaires du répertoire alpin, suggéré aussi par la "terre de frontière", pour ce qui est du territoire italien. Et la promesse de "légendes" .

Ouvrons donc le livre: voilà que la page de garde complète l'image de couverture de façon encore plus énigmatique: un homme aux yeux bandés - un chevalier?- s'appuie au mur, cherchant à toucher les lettre? Et le troupeau volant est complété par un chien, lui aussi laineux comme un nuage.

Plus loin encore, on retrouve sur la double page de titre la structure de la couverture, mosaïque de quatre images : en haut, sur fond de ciel, deux fois deux personnages qui se regardent en silence, un groupe libre dans l'espace, l'autre où les protagonistes sont séparés par … un mur? Une porte? Et en bas, deux détails d'autres scènes, main de pèlerin tenant un bâton, jambes de seigneur (?) aux mains croisées dans le dos… le tout dans ce silence méditatif, baigné de toutes sortes de nuances de bleu, d'ombres et de luminosités, qui sont le propre de Gianni De Conno.

Nous voilà prêts à entrer dans la première histoire (il y en a six, plus une balade en onze quatrains – Balade du chevalier et du dragon-). Et immédiatement, la "terre de frontière" prend corps :" Dire que le Mont Baldo a été le Paradis Terrestre est un peu exagéré, mais le Baldo est vraiment une riche montagne d'une grande beauté, et dans les temps anciens il l'était encore davantage".

Qui est allé sur les rives du lac de Garde ne peut avoir oublié la montagne qui le surplombe sur sa rive est, dressant ses 2000 mètres et plus, du nord au sud, et séparant le lac de la vallée du grand fleuve Adige. C'est la montagne des pâturages en fleurs, des étendues de petits cyclamens odorants sous les arbres, mais aussi des orages imprévisibles du mois d'août. Et l'Adige est la route qui amène les voyageurs, et amena les envahisseurs, venus du nord, vers la Vénétie et la plaine du Po.

Nous ne serons donc pas étonnés de rencontrer dans ces légendes des ermites et des sorcières, des princesses et des guerriers, des seigneurs brutaux et avides jusqu'à la folie, des bergers, des sorciers, des magiciennes , des chevaliers venus du nord, des épouses défendant par leur silence leur honneur bafoué, des princesses instruites pas très pressées de prendre mari…

Roberto Piumini nous offre ici une somptueuse palette de légendes, qu'on les lise pour soi, ou qu'on les lise à voix haute. Il conte et donne la parole à ses personnages, avec le rythme des récits très anciens. Il crée en quelques lignes des atmosphères – je pense à l'orage estival qui trouble le campement festif de la princesse Teodolinda -. Il dessine des personnalités – le seigneur cruel et avide, dans son château d'Avio, qui devient esclave de sa statue de veau d'or; ou encore la jeune châtelaine injustement persécutée par la jalousie de son mari, qui s'enferme dans le silence et s'exprime en peignant des fresques avec des sucs de plantes sauvages sur les murs de sa prison .

Ce ne sont là que quelques exemples.

Et, dans une alternance de petite vignettes carrées (rappelez-vous les "carreaux" de la couverture), détails des illustrations en pleine page, avec ce format qui oblige le regard à monter, comme dans les paysages de montagne lorsqu'on est dans la vallée, Gianni De Conno donne corps à ce monde en en interprétant la magie silencieuse, qui arrive comme en écho du passé.

Texte et images sont parfaitement complémentaires.

Et la réalisation est d'autant plus intéressante quand le lecteur comprend que ce volume s'appuie sur une réalité géographique et historique, qu'il a été inspiré par les fresques existant dans le Château d'Avio, aux pieds du Mont Baldo, sur les rives de l'Adige, lesquelles sont liées à une tradition de récits oraux; et que le bibliothécaire de la ville d'Avio est au cœur de ce projet.

Il n'est pas étonnant non plus que ce soient les éditions Carthusia qui aient donné corps à ce projet dans leur belle collection "Racconti con le ali" ou "récits ailés", qui porte ici particulièrement bien son nom.

Une lecture rêvée pour prolonger l'évasion des vacances.

C'era lassù al castello –

Leggende di una terra di confine

Volume illustré et relié, 64 pages.

Textes: Roberto PIUMINI, Illustrations: Gianni DE CONNO

Editions Carthusia - 2012 15,90 € - Collection : Racconti con le ali

C'era,lassù, al castello de R.PIUMINI et G.DE CONNO

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Publié le 6 Décembre 2011

 

POUR NOEL

 

  Nous voici entrés dans la troisième semaine de l'Avent (comme on dit dans nos contrées), voici donc deux petits livres de saison, l'un "pour les enfants"  et l'autre "pour les grands", mais il y a souvent échange entre les deux groupes.

 

 

 

 


POUR LES PETITS:

I PASTORI  LI PASTRE de Frédéric MISTRAL. Texte de Anselmo ROVEDA

Illustrations Agnese BARUZZI et Sandro NATALINI - Edizioni Coccole e Caccole . 2010 - Format 14cmx20,5 – 14 pages en accordéon -  6,90 €

i pastori li pastre.

Ce petit accordéon de carton solide et brillant, aux couleurs si vives, nous restitue en italien et en occitan un bref conte de Noël de Frédéric Mistral, publié dans l'édition de 1889 de l'Armana Provençau, l'Almanach Provençal. L'éditeur Bernard Grasset avait, en 1926, rassemblé dans "Prose d'almanach", ces textes dispersés, dont Li Pastre fait partie.

 Anselmo Roveda (nous retrouverons plus d'une fois son nom et son œuvre dans ces rubriques), l'ayant dans sa bibliothèque, l'a offert aux lecteurs italiens grâce à "Còccole e Càccole" (Câlins et crottes de nez),  éditeur indépendant de Calabre, au catalogue très intéressant : jetez un coup d'œil  sur son site, l'adresse est dans la liste de droite. De lui aussi, nous aurons d'autres occasions de parler.

Ce conte, dans sa rapidité efficace, met en scène le vieux berger Ferland qui, convoqué au tribunal pour une banale dispute de pâture, cloue le bec au juge du haut de sa vieille  sagesse et de sa position de berger dans la tradition de Noël.  Un indigné avant la lettre?

La traduction de Roveda, très fidèle, a  ce caractère d'oralité que nous avions déjà noté dans Ocattaccati, ce rythme qui appelle la lecture à voix haute. Et entre le provençal et l'italien, le lecteur français, efficacement aidé par les images, n'a pas besoin de traducteur.

L'histoire se déroule, bilingue, sur une des faces de l'accordéon déplié. Ferland et le juge apparaissent en gros plans très expressifs, entourés d'une nuée de brebis volantes irrévérencieuses et de moutons bien sages. A la fin de l'histoire, le dessin invite à retourner  ce qui devient une mini-fresque nocturne, dans laquelle le berger "se déplace"  - comme dans les dessins que fit Botticelli pour illustrer la Divine Comédie -    jusqu'à rejoindre  la crèche. La technique mixte de l'illustration – collage, acrylique et infographie-  fait écho aux couleurs vives de la crèche provençale.  (Il y aura juste à camoufler le vilain petit rectangle du code-barres et n°ISBN…). Deux textes d'information sur Mistral et ce conte trouvent place dans l'image sans la troubler.

Un joli travail sur tous les plans.

                                                  MammaOrsa


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