Publié le 29 Mai 2016

Parmi les vainqueurs du Premio Andersen 2016: Simona MULAZZANI
Parmi les vainqueurs du Premio Andersen 2016: Simona MULAZZANI

Ce samedi 28 mai 2016 s'est déroulée à Gênes la 35ième édition duPREMIO ANDERSEN, le prix italien du livre de jeunesse dont je vous ai parlé les années précédentes.

Vous en aurez un panorama complet un peu plus tard, mais aujourd'hui, honneur à Simona MULAZZANI et aux éditions IL CASTORO.

L'illustratrice a en effet reçu le prix Meilleur Illustrateur/trice 2016, avec la motivation suivante:

" Elle est depuis longtemps l'une des voix les plus remarquables et les plus représentatives de notre illustration.Pour l'originalité peu commune de son trait à la fois doux et élégant, clair et d'une grande puissance évocatrice. Pour sa rigueur professionnelle et le soin qu'elle réserve à chaque commande éditoriale, pour son attention constante à se glisser dans les plis du texte".

Et si je vous en parle, c'est que vous la connaissez: allez donc revoir L'Histoire de Goutte et de Flocon, ce janvier 2016.

Brava, Simona!

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

Repost 0

Publié le 25 Mai 2016

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 2.

Ouvrons maintenant le second album, plus élégant, un peu rétro, avec sa solide reliure de toile crème, ses titres dorés, incrustés, à la façon des livres de prix de nos mères (ou de nos grands-pères). Son format 21 x 31 cm permet de bien montrer les images si on le lit à haute voix.

L'illustration elle aussi a un caractère rétro, témoin la couverture: deux chevaliers, bardés de fer, chevaux carapaçonnés et oriflammes au vent, au pied d'un château vertigineusement perché sur fond de soleil couchant et premier plan de hiboux.

Nous entrons dans "C'ERA UNA VOLTA, due volte chissà...". Est-ce bien nécessaire de traduire? - "Il était une fois, peut-être même bien deux..." L'intérieur est richement illustré, une illustration pleine page et une petite image pour chaque double page. Et de beaux grands caractères élégants et bien lisibles pour le texte. Attrayant, pour de jeunes lecteurs pas encore très débrouillés, entre 7 et 10 ans. Mais on peut commencer à les raconter aux 5-6 ans.

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 2.

Stano DUSIK et Maja DUSIKOVA se sont partagé les huit contes. Tous deux sont slovaques.

Lui a ce style un peu gothique, sombre, qui va très bien avec Barbablù (La Barbe Bleue), mais qui sait se faire plus souriant, voire humoristique, pour Il gatto con gli stivali (Le Chat Botté), Rosabianca e Rosarossa (Blanche-rose et Rose-Rouge) ou Pierino e il Lupo (Pierre et le Loup). En 1993, d'ailleurs,ces planches de Stano Dusik illustraient déjà une édition française de Barbe Bleue. Vous voyez ici le début du conte :"C'era una volta un nobiluomo molto ricco, molto brutto e con molta barba blu, molto blu. Tutti lo chiamavano Barbablù. Viveva in un elegantissimo palazzo, solo, molto solo. Vicino a lui abitava una nobildama con due figlie giovani e belle, molto belle." ("Il était une fois un noble seigneur très riche, très laid et très barbu, une barbe bleue, très bleue. On l'appelait La Barbe Bleue. Il vivait dans un palais très élégant, seul, très seul.Près de chez lui habitait une noble dame avec deux filles jeunes et belles, très belles")

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 2.

Maja Dusikova,elle, a choisi d'illustrer Le principesse ballerine (Le bal des douze princesses), Il pifferaio di Hamelin (Le joueur de flûte de Hamelin), La guardiana delle oche (La petite gardeuse d'oies) et La Sirenetta (la Petite sirène). Ce sont des aquarelles, plus légères, plus enjouées, toujours "traditionnelles".

Nous sommes donc pleinement dans un ouvrage "classique", comme le sont les contes qui le constituent. N'est-ce donc simplement qu'un livre de contes parmi tant d'autres?

Vous vous doutez bien que ma réponse sera : "non! ". Car vous avez peut-être été alerté/es, vous aussi, par le titre, et son appendice :" ...une fois, peut-être même bien deux..." . N'est-ce pas un peu irrévérencieux vis-à-vis de ces classiques si classiques? Et c'est là qu'on retrouve la patte de Giusi QUARENGHI, son talent de narratrice, son écriture liée à la lecture à haute voix.

D'abord, chaque conte est présenté au lecteur par cinq vers où elle donne, comme un clin d'oeil, son avis personnel.

Ecoutez, par exemple, Le Chat Botté:

" Questa è la mia fiaba preferita - Voici le conte que je préfère

mi rasserena quando sono inviperita - quand je suis furieuse il me tempère

mi piace perchè è allegra e impertinente - j'aime son allégresse et son impertinence

è il portafortuna di chi non ha niente - à qui n'a rien il porte chance

ogni volta mi mette le ali, - il me met des ailes aux pieds

è IL GATTO CON GLI STIVALI " - c'est bien lui, c'est Le Chat Botté "

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 2.

Ou encore La Petite Sirène:

Questa fiaba viene dal mare - Voici un conte venant de la mer

ma è così triste che mi fa arrabbiare - mais si triste que j'en suis colère

l'ha scritta un tipo strano - son auteur est un type pas marrant

che si chiamava Giovanni Cristiano - qui se prénommait Hans Christian

racconta la sorte maledetta - il conte la vie toute de peine

di un pesce ragazza - d'un poisson fille

LA SIRENETTA - La Petite Sirène

Traditionnellement, c'était plutôt une morale en rimes qui concluait le conte, voyez chez Perrault par exemple. Ici, c'est une façon d'établir un contact avec le jeune lecteur, ou d'ouvrir une possibilité de dialogue si c'est un adulte qui lit.

Les huit contes sélectionnés, nous les connaissons tous par coeur, depuis notre enfance, quelle que soit notre langue. Ils ont, ici, un rythme enlevé, dans une langue contemporaine, mais qui respecte les conventions du conte, avec ses unités qui se répètent, l'utilisation des temps du passé, y compris le fameux passé simple, le "passato remoto", ce passé lointain souvent oublié, sinon rejeté aujourd'hui. Vous avez eu un tout petit exemple avec le début de Barbablù.

Tous les huit contes sont à la hauteur. Mettez ce livre dans votre bibliothèque, vous y reviendrez inlassablement avec grand plaisir.

C'ERA UNA VOLTA, due volte chissà.......

fiabe classiche narrate da Giusi QUARENGHI.

iIllustrations de Stano DUSIK et Maja DUSIKOVA

Franco Cosimo Panini Editore, 2005 136 pages 22€,50

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

Repost 0

Publié le 24 Mai 2016

Une petite brassée de contes, pour célébrer malgré tout le printemps..

Je les ai lus dans deux albums publiés chez FRANCO COSIMO PANINI, où ils sont racontés par Giusi QUARENGHI. Elle ne vous est pas inconnue : Sonno Gigante, Sonno Piccino, c'était elle, en mai 2014. Et aussi l'histoire de son enfance,dans la collection Gli anni in tasca, en octobre 2013. Un livre à avoir sous la main les jours de déprime: "Io sono il cielo che nevica azzurro", vous vous rappelez ce titre étonnant?

Ce qui est intéressant dans les deux albums de contes en lecture aujourd'hui, c'est la façon très différente de restituer les contes traditionnels que Giusi Quarenghi adopte dans chacun, renforcée par les choix de l'éditeur pour les illustrations et la mise en pages.

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 1.

Voici d'abord les frères Grimm: FIABE CON I BAFFI e con il becco, la coda, le ali, le piume..., soit des CONTES À MOUSTACHE et à bec, à queue, ailes, plumes...., des contes dont les héros sont des animaux, vous le comprenez clairement sur la couverture, où se pressent dans un joyeux désordre âne, poules, canards, oies, et encore renard et loup (avec médaillon du Petit Chaperon Rouge au cou...), et chat et chien, et souriceau, sans oublier fourmis et abeilles.

Et en effet vous trouverez là des contes moins connus, à part Les Musiciens de la Ville de Brême. Sept contes (un par jour de la semaine?) dont voici les titres (combien en connaissez-vous?) :

Lupo e volpe / Le loup et le renard ; Topo e gatto / Chat et souris associés ; Oche qua-qua-qua (prononcer "oké", accent sur le o, et kouà kouà kouà)/Le renard et les oies ; Coniglio pescatore / Le renard et le lapin qui allaient ensemble à la pêche ; Ciao, il Babau ( "Babàou", accent sur le deuxième a) / Monsieur Korbès ; La regina delle api / La reine des abeilles ; I musicanti di Brema / Les musiciens de la ville de Brême.

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 1.

N'oublions pas que Giusi Quarenghi, outre écrire, s'est aussi occupée de dessins animés, de scénarios, de cinéma. Il y a de l'allégresse dans le rythme qu'elle donne, en pratiquement deux pages par histoire, à ses récits. Seule exception, Les Musiciens de la Ville de Brême ont droit à cinq pages.C'est peut-être l'histoire du dimanche. Mais le rythme n'en est pas ralenti pour autant.

L'incipit est sur le même schéma,pour chaque conte. L'auteure remplace le traditionnel "Il était une fois" par un "Il y a très longtemps, quand..." et chaque fois une autre trouvaille: - quand le ciel, peut-être, était plus grand... - quand la mer, peut-être, était plus salée... - quand on ne savait pas encore que deux et deux font quatre...." Ce qui crée une attente pour le conte suivant.

Les actions sont rapides, les dialogues fondamentaux et savoureux, les assonances n'y manquent pas, si bien que c'est un vrai régal de lire ces contes à haute voix.

Mon préféré est Le renard et les oies. Le titre déjà donne le ton :Oche Qua-Qua-Qua

L'éditeur ne m'en voudra pas, si, pour vous allécher, j'en cite le début: "Tanto tanto tempo fa, quando ancora non si sapeva che due più due fa quattro, un bel branco di oche bianche, morbide e tonde se ne stava in un gran prato di eba trifoglina a prendere il sole" - " Il y a très très longtemps, quand on ne savait pas encore que deux et deux font quatre, un beau troupeau d'oies blanches, moelleuses et rondelettes se faisait bronzer dans un grand pré de trèfle et de sainfoin.". N'est-ce pas plus joli de dire "erba trifoglina" que le prosaïque "trifoglio"?

Arrive le renard, affamé comme d'habitude, qui annonce en deux phrases assonantes son intention de les manger ("Sono proprio fortunata, oggi mi faccio una bella mangiata" - le renard, en italien, est un nom féminin). Réaction des oies: "Le oche la guardarono e poi si guardarono tra loro, con l'aria molto molto preoccupata. Qualcuna allargò le ali, qualcuna si mise a correre, qualcuna cominciò a beccare la terra, qualcuna girò la testa dall'altra parte. E una prese addirittura la parola:..." - Les oies le regardèrent, puis se regardèrent d'un air très très inquiet. Qui ouvrit ses ailes, qui se mit à courir, qui commença à picorer par terre, qui regarda ailleurs. Et il y en eut même une qui prit la parole...".

Et c'est de là que vient le salut. Et vous saurez pourquoi les oies font "-quoi-quoi-quoi" encore aujourd'hui. Et vous l'entendrez.

"Et le renard? A u fait, il est passé où le renard?"

Fin de l'histoire, matérialisée chaque fois par un trait plein, alors que, sur la page précédente, c'était un pointillé.

Giusi QUARENGHI et les contes traditionnels. 1.

Les reproductions d'images qui illustrent cet article (MERCI A FRANCO COSIMO PANINI) vous donnent déjà une idée de combien ANNA CURTI adhére au style de Giusi Quarenghi. Humour, mouvement, allégresse des couleurs et des expressions, petits détails disséminés sur la page multiplient le plaisir des yeux pour les auditeurs (on nous dit 4 à 7 ans), comme celui du lecteur.

Un beau grand album, 24 cm x 31 cm, solide couverture cartonnée, de 40 pages, édité en 2012 dans la collection "Illustrati d'autore" pour célébrer le bicentenaire de la sortie des Contes de Grimm.

Jacob e Wilhelm Grimm: Fiabe con i baffi.....

narrazioni Giusi Quarenhi, illustrazioni Anna Curti

2012, Franco Cosimo Panini Editore S.p.a. Modena

ISBN: 978-88-570-0510-2 16 €;

Voir les commentaires

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

Repost 0