Publié le 22 Juin 2020

          C'était en avril, en plein confinement. Nous avions lu ensemble l'album Dimmi, et je vous avais promis plus de renseignements sur la maison d'édition indépendante au nom si insolite: PULCI VOLANTI,  Puces volantes.

Les semaines ont volé, comme les Pulci, mais nous voilà à nouveau pour essayer d'en savoir plus.

 

          Pourquoi Pulci, des puces?

La maison d'édition est née en 2017, en même temps que l'association culturelle du même nom. Bien consciente, dès sa naissance, d'être une entité petite, dans un monde éditorial déjà très rempli.

D'où l'idée de la puce, la pulce. En réalité, les Pulci sont deux, et elles ont bien mis trois ans de réflexion et de discussions avant de se définir et de se lancer. Mais elles se sont senties pulci, aussi, par leur vocation à titiller les lecteurs et lectrices, à ne pas les laisser s'endormir sur des textes ronronnants, mais à les stimuler dans la recherche de moyens pour exprimer leurs émotions personnelles.  Une sorte de "poil à gratter", dirions-nous.

 

Va pour Pulci.

D'habitude, une puce, ça saute. Pourquoi celles-ci volent-elles? Déjà parce qu'elles vivent et travaillent dans deux régions différentes d'Italie, et ont donc constitué une rédaction en ligne.

Dans le même temps, elles espèrent emmener leur lectorat dans leur vol, sur les ailes des livres publiés (Les puces auraient des ailes?).

Elles sont complémentaires: Alessia BATTAGLIA est auteure et Chiara BONGIOVANNI illustratrice. Toutes deux sont éducatrices,  et animent des ateliers avec des enfants et des jeunes de tout âge, mais aussi les adultes qui les accompagnent, à travers les écoles, les bibliothèques et autres lieux de sociabilité.

           Quelle sorte de livres?

- " Des livres non-livres, libri non-libri."

 

 

                                                      

 

Les Pulci Volanti veulent des livres  écologiques, innovants, qui instaurent une relation transversale et soient des instruments éducatifs, pour faire naître chez les petits comme les grands le désir d'exprimer leurs émotions les plus secrètes.

Précisons que ce que je vous dirai de quelques albums, à titre d'exemple, n'est pas le fruit d'une observation directe, je n'ai eu "que" DIMMI entre les mains, mais il y a le catalogue, et des recensions. Vous pouvez vous faire votre propre idée.

  • Des livres écologiques: c'est une exigence que l'on trouve à toutes les étapes de la réalisation.  Dans le choix du papier (sensible dans DIMMI) ; pour l'impression: leur typographie est certifiée, et italienne, et elle fait réaliser la reliure dans un atelier d'insertion, dans une prison.
  • Des livres innovants : à côté d'albums classiques comme celui que vous connaissez, il y a, par exemple, la première collection:  i SOGNALIBeRI, jeu sur le terme segnalibro, signet, marque-page - référence au format de cette collection,      

    qui devient SOGNAlibro, "rêve-page"; puis libro, livre, devient LIBeRO, libre. L'album a été démonté, et vous avez entre les mains une collection de 18 marque-pages de 6 x 20 cm, regroupés en trois paquets, pour trois histoires différentes. Sauf que le lecteur, la lectrice, pourront les mélanger, pour créer à leur tour leur propre histoire, ou leurs histoires; il y a même une page blanche pour noter sa création préférée. Si les possibilités combinatoires des récits ont déjà été explorées par d'illustres auteurs, elles n'avaient pas encore été appliquées de façon si simple et si maniable, et si poétique.  Ces "rêve-pages" favorisent aussi les échanges entre les personnes, enfants, adolescents, voire adultes, qui les manient, les racontent, les interprètent. Ce n'est pas la moindre de leurs qualités que d'instaurer cette

  • relation transversale.

  • L'innovation se manifeste autrement dans un album comme IL SOGNO DI MAX, le rêve de Max. Outre que cette histoire est sans paroles (silent book, en italien dans le texte...), le sens de "lecture" des pages varie au fil de l'histoire: si la couverture est verticale, on passe ensuite à l'horizontale pour la sortie de l'école de Max, l'éléphant, pour revenir à la verticale lorsqu'il s'envole en compagnie de son ballon rouge... Ce n'est jamais gratuit,  voyez vous-mêmes . Si vous lisez l'italien, la  présentation de l'album sur le blog Leggere insieme a mamma e papà me semble convaincante.  

       

 

  • Ou encore, dans la collection ConRispondenze  que vous avez vue avec DIMMI, deux histoires
    parallèles: une en mots et une en images, Quando il bosco dorme, Lorsque le bois dort,  de nos deux Pulci Alessia et Chiara: le texte et les dessins sont séparés, grâce à une solution pratique de type "accordéon". Une histoire de peur apprivoisée.

 

 

  • On devine facilement combien ces objets-livres peuvent devenir des instruments éducatifs sans jamais rien perdre de leur poésie ni de leur originalité.

 

En espérant que le corona virus n'aura en rien entamé leur bel enthousiasme,  souhaitons long vol à cette jeune maison d'édition indépendante.

 

 

Et un été rempli de lectures , italiennes et pas seulement,  à vous.  

Comme disait Boccace:

"A ciascuno come più gli aggrada",

à chacune, à chacun comme il lui plaira.

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

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