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Publié le 9 Juillet 2021

 

          C'était le 25 juin 2021, quelques jours après le début de l'été. Comme chaque année depuis 40 ans, le jury du prix Andersen  -il mondo dell'infanzia ( le monde de l'enfance) a rendu public  son choix parmi les séries de trois finalistes déjà révélées.

Sans même entrer dans tous les détails des motivations, ce choix nous donne un aperçu de l'état du monde de l'édition de la littérature de jeunesse en Italie.  Pour les 13 ouvrages primés, on trouve:

- 8 auteur/es italien/nes, 6 illustrateur/trices italien/nes

- 1 auteur anglais

- 1 auteur et 1 illustrateur canadiens

- 2 auteurs français et 1 illustratrice française

- 1 auteur suédois

- 1 illustratrice russe

          Pour donner un aperçu à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce blog, pour chaque ouvrage primé, vous trouverez le titre et quelques mots clés des motivations du jury, ainsi qu'un lien vers la page de présentation ( ... en italien, bien sûr...)  - où, souvent, vous pourrez voir une petite vidéo de réponse des auteurs et/ou illustrateurs récompensé/es.

            

Io sono foglia de Angelo Mozzillo – ill. de Marianna Balducci, Bacchilega Junior

"Précision et délicatesse... Projet insolite... Grâce et ironie..."

 

 

Murdo de Alex Cousseau – ill. de Éva Offredo – trad. de Simone Barillari, L’ippocampo Ragazzi

" Absurde et enchantement, humour et surprise... œuvre ouverte..."

 

 

I tre funerali del mio cane de Guillaume Guéraud, trad. de Flavio Sorrentino, Biancoenero

" Dosage d'humour et de sérieux, avec une délicatesse maîtrisée..."

 

 

La scimmia dell’assassino de Jakob Wegelius – trad. de Laura Cangemi, Iperborea

"Aventure... écho des grands classiques...Grande qualité de l'écriture..."

 

Senza una buona ragione de Benedetta Bonfiglioli, Pelledoca

"Style affilé...lucidité devant une réalité cruelle... suspens efficace..."

 

 

Il Gallinario de Barbara Sandri, Francesco Giubbilini – ill. de Camilla Pintonato, Quinto Quarto

"Équilibre plaisant et original entre la vulgarisation et la composition de l'objet livre"

 


Occhio ladro de Chiara Carminati et Massimiliano Tappari, Lapis

"...heureux mariage de langages et formes différentes... constante implication de lectrices et lecteurs..."

 

 

François Truffaut. Il bambino che amava il cinema de Luca Tortolini – ill. de Victoria Semykina, Kite

" illustrations pleines de verve et d'élégance, ...dialogue attachant et serré entre le récit et les images..."

 

Fiori di città de JonArno Lawson – ill. de Sydney Smith, Pulce

"...sensibilité peu commune... narration "silencieuse" riche de petits miracles et de poésie..."

 

Girotondo de Sergio Rossi – ill. de Agnese Innocente, Il Castoro

"...originalité de transposition d'un classique de la littérature dramaturgique ... sensibilité de l'adolescence contemporaine..."  - B.D.

 

  Il ragazzo del fiume de Tim Bowler – trad. de Carola Proto, Mondadori

"... intense et émouvante...le rapport entre générations, de façon authentique et nouvelle..."
 

 

Bella ciao. Il canto della Resistenza – illustr. de Lorena Canottiere, Einaudi Ragazzi

"... revendique les valeurs des luttes de la Libération... images qui unissent finesse et vigueur, métaphores, sens du féérique... note de D.Aristarco... actualité et fortune de ce chant de rébellion".

 

La Divina Commedia. Inferno - un popup de Massimo Missiroli et Paolo Rambelli

"...générosité et intelligence de réalisation précieuse en mode pop-up... nouvelles vies pour les images éternelles de Gustave Doré... Hommage multi-médial aux premières versions cinématographiques de la Comédie. "

 

Et encore, si vous voulez tout, tout savoir : la meilleure collection narrative; la meilleure auteurela meilleure illustratrice; acteurs de la culture pour l'enfance et aussi ; la librairie du Prix Gianna et Roberto Denti; et enfin le super Prix Andersen GUALTIERO SCHIAFFINO.

 

BUON QUARANTESIMO COMPLEANNO,

BON QUARANTIÈME ANNIVERSAIRE,

ANDERSEN !!!!

Depuis 40 ans, la boussole et le compagnon/la compagne de route de toute personne s'intéressant, travaillant pour la promotion de la lecture à tous les niveaux de l’enfance et de la jeunesse. Belle et longue route !!!!

 

 

 

 

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

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Publié le 24 Mars 2021

             Cette Lecture Italienne sera un peu différente des précédentes: la présentation des livres passera par

des documents vidéos, et nous les découvrirons en partant de visites  au petit, mais si riche, MUSEO MARINO MARINI de Florence. Un musée où, même en dehors des temps de pandémie, vous ne risquez pas de devoir jouer des coudes pour admirer les œuvres exposées.  Un musée de sculptures et peintures  de la première moitié du XX siècle, toutes œuvres de l'artiste toscan né en 1901 et mort en 1980.

              Ce programme est orchestré par Teresa PORCELLA et l’association SCIOGLILIBRO ("chollilibro"...) dont nous reparlerons un peu plus tard.

               Chaque prom'nade commence dans le musée, avec divers guides adaptés aux petits comme aux grands visiteurs, suivant un thème qui sera illustré par des lectures, de la musique "dal vivo", des danses, puis des ateliers d'activités, manuelles ou numériques; quelques visites aussi dans le cœur de la ville, pour y découvrir en particulier des images d'Art Urbain ou d'autres surprises. Le tout joyeusement mis en rythme et en musique, avec des pauses-commentaires en "fumetto" ou bulles de BD particulièrement réussies.  Et les graines d'artiste sont invitées, dans le sillage des ateliers, à envoyer leurs productions sur le site de l'association.

Le tout sur une durée d'entre 35 minutes  et une heure chaque fois. Il n'est pas nécessaire, je crois, de regarder chaque vidéo de A à Z (il y en aura 7 en tout...), on peut explorer et approfondir, dans un premier temps, ce qui nous met le plus en appétit... Lectures Italiennes se sent un peu confuse de réserver ces trésors aux seuls italophones... On rêve d'une machine- interpréte, en un clic ... Vous qui ne maîtrisez pas (pas encore) l’italien, vous aurez quand même beaucoup de belles choses où promener vos yeux, et vos oreilles aussi...

Vous êtes prêtes? Prêts?

Premier épisodeMoi, je vais au Musée Marino Marini, pour y découvrir le musée, bien sûr, ses statues et un trésor caché, la Cappella Ruccellai et son Tempietto de la Renaissance. Vous irez aussi retrouver l'incomparable façade de Santa Maria Novella, le "bel San Giovanni" de Dante (le Baptistère et sa Porta del Paradiso), et puis une petite bibliothèque historique à l’intérieur du Palazzo Strozzi ... Le livre présenté s'intitule LA MOSTRA IN MOSTRA (L'expo s'expose), viaggio dietro le quinte di una galleria d'arte contemporanea, (voyage dans les coulisses d'une galerie d'art contemporain), publié par CARTHUSIA en 2010, à partir de 9 ans.

 

Épisode 2: Danser avec l'art et avec Clet.  On y suit des ateliers qui ont eu lieu dans l'espace superbe de la

 

crypte du Museo Marino Marini, et l'élaboration d'un spectacle musical, avec jongleur et acrobate, à partir du livre : Danzando con l'arte, publié en 2019 par LIBRARTE, pour une lecture à partir de 7 ans. Démarche intéressante, chansons et musiques qui emportent.

On y découvre aussi comment l'artiste de rue Clet détourne les panneaux de signalisation routière dans les petites rues du cœur de la ville. Et comment en réaliser soi-même.

 

 

 

 

Épisode 3: Chevaux et cavaliers: l'imagination galope en compagnie de Gek Tessaro . Où l'on croise Don Quichotte et sa Rossinante, avec d'excellentes lectures de Mario Pietramala. De quoi retourner vite à ses classiques. Le thème du cheval est fondamental chez Marino Marini, voir le petit livre MATTO COME UN CAVALLO qui parle de son travail.

 

Mais "matto", fou, se réfère aussi à...Don Quichotte, bien sûr. Et dans le monde des livres dits "de jeunesse", qui d'autre a cette relation intime avec le cheval et sa folie, sinon Gek TESSARO ? On lui doit, entre autres, Il Cuore di Chisciotte, "voyage visionnaire et poétique à travers l'oeuvre de Cervantes", pour CARTHUSIA en 2011. Le livre inclut le DVD du spectacle éponyme. L’exemple même de livre "pour tous les âges"  Et le même Tessaro répond ici à une interview où il explique à la fois sa technique de dessin des deux mains, et son amour des chevaux.  . Bien sûr, la prom'nade se termine à la recherche de statues équestres florentines, qui ne manquent pas.

 

 

 

Épisode 4: Marino Marini étrusque: les Pomones.  Dans chaque épisode, on peut lire des citations de Marino Marini. Celles-ci ont trait à sa relation avec les Étrusques: il se dit "étrusque" lui-même, et a sculpté  plusieurs statues de Pomona, la nymphe des jardins. Mario PIETRAMALA  nous fait une lecture du récit d'OVIDE, dans les Métamorphoses, où Pomone résiste à la cour empressée du dieu des jardins Vertumne, jusqu'à ce qu'il trouve une ruse. Épisode maintes fois illustré en peinture, dont la vidéo nous montre différentes reproductions. Et pour que les jeunes visiteurs ne soient pas en reste, Gaia NANNI  leur lit la version contemporaine écrite par Giovanni NUCCI dans Flora e Zefiro e altre storie, un classique de 1999 chez Mondadori, avec des illustrations faites pour l'occasion par Martina D'ARPINO. Et les ateliers y mettent du leur. On y apprend, entre autre, à "transporter", grâce à un logiciel, les Pomones de notre choix dans des paysages florentins (ou autres...).

 

Et, en prime et en avant-première, pour vous, la couverture de l'épisode 5 qui sera mis en ligne ce samedi 27, avant les deux derniers les samedis suivants : Un mistero al museo.....

 

          Si l'on peut reprocher à ces vidéos quelques peccadilles techniques (prise de vue tremblée, prise de son pas toujours nette), mais vraiment peu, on ne peut qu'admirer le travail réalisé par les associés de SCIOGLILIBRO. En jouant avec l'expression "scioglilingua", ces jeux du type "les chaussettes de l’archiduchesse...", ou "sopra la panca la capra campa..." destinés à "délier la langue", Scioglilibro organise, à Florence (et à Cagliari), toute sorte d'activités autour de la lecture,  avec toute sorte de partenaires, pour "délier le livre" et "attacher le lecteur". Sous la houlette enjouée, je l'ai déjà dit, de Teresa PORCELLA. 

           Voilà matière à affronter les couvre-feu ou confinement

encore devant nous! 

                                       Et les saisons qui suivront...

              

P.S. Pour des raisons techniques, qui me semblent mystérieuses (http// contre https//), je n'ai pu vous mettre le lien habituel où il suffit de cliquer, tant pour le site de Scioglilibro que pour celui de Gek Tessaro. Mais vous pouvez les copier-coller dans votre page de recherche depuis ici.

Pour Scioglilibro, savoir qui ils/elles sont, leurs buts, leurs programmes, leurs réalisations:                              http://www.scioglilibro.it/

Pour Gek Tessaro, un site qui est une mine de découvertes:  

  http://www.gektessaro.it/

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

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Publié le 23 Octobre 2020

          100 ans, oui, ce 23 octobre. Si la mort ne l'avait fauché en avril 1980. Qu'aurait-il dit, écrit, sur ses cents ans, le Maestro? Doublement "Maestro": l'instituteur "maestro Gianni", pendant un moment.

Mais surtout le Maestro, celui qui mène l'orchestre, qui donne à découvrir à chacun, qui est reconnu, dans le monde entier maintenant, le Maestro RODARI ! Qui parmi vous ne l'a jamais rencontré, au moins comme  nom? Très peu, sans doute.

          On vous l'a lu, vous l'avez appris par cœur:

                 Un melone / andava a Frosinone./ Incontrò una pera / che andava a Voghera.                            /  Si dissero buongiorno? / No, perché era sera.

Quelque chose comme:

          Un melon / s'en allait à Meudon. / Il rencontra une poire / qui s'en allait à   Issoire. /                       Ils se donnèrent le bonjour ? / Non, parce que c’était le soir .

Une de ces comptines /Filastrocche devenues si célèbres que les sites sur internet les donnent comme "comptines populaires", oubliant complètement le nom de leur auteur.

 

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Portrait de Gianni RODARI en "homme à l'oreille verte", d'après la poésie "Un signore maturo con un orecchio acerbo" / "Un monsieur mûr avec une oreille verte", dans Parole per giocare / Des mots pour jouer - 1979. Hommage de Fabian NEGRIN à RODARI, pour la couverture du n°365 (sept.2019) de la revue ANDERSEN.

     

 

         Vous l'avez dévoré comme lectrice ou lecteur: les mésaventures des deux jumeaux, Marco et Mirko et leurs inséparables marteaux 

(Marco e Mirko contro la banda del talco, entre autres) ; l'incroyable match de foot qui met aux prises deux magiciens, un pour l'équipe du Barbarano, l'autre pour celle de l'Angleprusse :  (I maghi dello stadio, ovvero Il Barbarano contro l'Inghilprussia); et 24 autres nouvelles plus réjouissantes et folles les unes que les autres, toutes "écrites à la machine" : Novelle fatte a macchina. Sorties en un volume en 1973! Nouvelles à la machine, en 2001. Dans toutes les bonnes médiathèques...

 

Ou encore, pour moi le chef-d’œuvre des chefs d’œuvres de "fantasia", d'imagination: l'histoire du Baron Lambert, (voyez/écoutez comme en parle Olivier Barrot dans Un livre Un jour). Publiée en 1978, on la relit aujourd'hui avec le même rire et la même admiration pour les trouvailles de Rodari qui s'est laissé inspirer à la fois  par la poésie de l'île de San Giulio, sur le Lac d'Orta, en face de sa ville natale d'Omegna, et par son plaisir à jouer avec les mots : C'era due volte il Barone Lamberto, ovvero i misteri dell'isola di San Giulio. Vous ne pouvez pas ne pas en trouver une édition, qu'elle soit italienne ou française, il a été édité et réédité moult fois: Il était deux fois le Baron Lambert. Comme le précédent, pour les lectrices et lecteurs de 12 à 102 ans.

             À votre tour vous l'avez fait connaître à vos enfants ou petits-enfants, à vos élèves...

        

           Si vous voulez rafraîchir votre mémoire, je laisse la parole, en français,  à Francesca VINCIGUERRA sur le blog  La Bibliothèque Italienne, elle est à la fois concise et précise . En italien, vous trouverez une riche documentation réunie par les organisateurs des festivités du centième anniversaire, les éditeurs Edizioni EL, Einaudi Ragazzi et Emme Edizioni: 100 GIANNI RODARI

         Vous pourrez y trouver aussi bien une biographie "illustrée";  des textes mis en chansons; un catalogue de six pages de toutes ses œuvres ( qui fait quatre pages pour celui des traductions françaises sur le site de Ricochet).

         Des éditions spéciales pour ce centième anniversaire: avant tout, LE texte irremplaçable où Rodari explicite ses "méthodes" d'écriture et de création d'histoires, traduit lui aussi dans un grand nombre de langues: GRAMMATICA DELLA FANTASìA , introduzione all'arte di inventare storie / GRAMMAIRE DE L'IMAGINATION : à son propos Calvino a parlé de "poésie pour les pédagogues" et de "pédagogie pour les poètes"....

Mais aussi les trois plus célèbres:  Il barone Lamberto; Filastrocche in cielo e in terra  (apparemment pas traduit en français); et Favole al telefono / Histoires au téléphone (à partir de six ans).

             Édition du centenaire aussi pour une des nouvelles "faites à la machine", PIANOFORTE BILL,  savoureuse parodie de western où le cowboy au cheval blanc transporte son piano sur un cheval noir, et, au bivouac, joue Bartók, Beethoven ou Chopin, et les paysans de la vallée (du Mignone, on n'est pas au Far West...) apprécient. Il y a un méchant shérif qui n'aime pas le piano, des épouvantails qui disparaissent, etc etc.. Vous pouvez, ici, feuilleter quelques pages de ce nouvel album.

             Pour terminer ce court hommage aux cent ans de Gianni RODARI, vous pouvez regarder cette création théâtrale réalisée à Gênes pendant le confinement: "C'era due volte il Maestro Rodari". Les comédiens de la compagnie Cielo di Carta / Ciel de Papier se sont laissés guider par leur FANTASÌA. Même si vous ne comprenez pas l'italien, regardez cette Commedia dell'Arte, cet hommage un peu déjanté.

"Tutti gli usi della parola a tutti,

non perchè tutti siano artisti, ma perchè nessuno sia schiavo"

Grammatica della fantasia

"Toutes les utilisations des mots pour tout le monde,

non pas pour que tout le monde devienne artiste,

mais pour que personne ne soit esclave"

 

 

 

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

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Publié le 6 Septembre 2020

 Luisa MATTIA aime l'été.

Deux indices:

          - dans l’autobiographie de son enfance - vous savez, cette collection chez les Souris qui Peignent, TOPIPITTORI, où les auteurs, auteures, illustratrices et autres éditeurs racontent leur enfance et leur adolescence, (gli anni in tasca) - celle de Luisa s'appelle Viva la libbertà (sic) - eh bien, la photographie qui illustre la page de titre montre un bébé hilare dans sa petite robe fleurie et ses chaussons tricotés, avec comme légende: "La prima estate della mia vita", le premier été de ma vie  (C'est le dixième titre présenté sur le catalogue).

          - et surtout, elle a écrit, en 2014, L'isola di Arcangelo, pour l'éditeur Beisler. Vous vous rappellerez peut-être de mon coup de foudre pour ce grand "petit roman". C'était en octobre 2015.

          Ses nouveaux RACCONTI D'ESTATE, publiés aux éditions LAPIS n'étonnent donc pas, dans une production par ailleurs extrêmement riche et variée, chez différents éditeurs italiens.  Vous avez peut-être même lu déjà certains de ses romans en traduction française (et pas que).  Des récits d'été, donc, pour l'été, publiés en juillet 2020.

Ce serait faire injure à l'auteure que de craindre les clichés de l'été, mais il y a déjà eu tant et tant de romans, de films, de tubes de l'été... Comment innover sur ce thème? En s'adressant à de jeunes lectrices et lecteurs "à partir de 9 ans" ?

 

 

          Luisa MATTIA  a choisi de raconter dix histoires, à dix dates différentes du XXe siècle, dans des endroits différents d'Italie et du monde, créant ainsi une très personnelle "chronique estivale" de ce siècle. Chaque "racconto" a donc un titre, et les indications de date et de lieu: "DIMMI DOVE STA IL MARE, 1905 – Italia meridionale "; ou bien : " MAI PIÙ TI LASCIO, 1940 – Roma "; ou encore: " PIEDI GROSSI, 2001 – Stoccolma, Svezia ".

          Dans chaque histoire, une fille et un garçon: de petits enfants, comme Pupa et Carletto, qui jouent au sable sur la plage de Ostia, en 1960; des enfants de 10/12 ans, comme Lucia, Saverio et les autres, qui voudraient voir la mer à Chioggia en 1956; des adolescents comme Wilma et Sven, à la piscine de Stockholm le 11 septembre 2001; de jeunes adultes qui travaillent déjà, comme Wanda et Alberto, à Rome en 1940.... Chaque fois, c'est le moment de la découverte, ou de la confirmation, de l'amour. Un amour qui va prendre des tonalités différentes suivant les protagonistes, leur époque, leur lieu de vie. Chaque fois, la lecture nous fait entrer dans cette histoire particulière, avec les sensations, les sentiments, les réactions de l'entourage. Raconté, chaque fois, en 8 à 12 pages, essentielles et riches pourtant.

          C'est là le défi de la nouvelle, du racconto. L'auteure, qui s'est mesurée dans un premier temps avec la dimension du roman,  s'est donné là un nouveau défi, très réussi au dire de tous ses lecteurs et lectrices - de tout âge, il faut le préciser, car les adultes lisent ces Racconti d'estate avec autant de plaisir que les plus jeunes. Vous pouvez suivre une conversation - en italien - entre elle et l'auteur et animateur de télévision Armando Traversa, au moment de la sortie du livre.

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          Pour vous donner une idée un peu plus concrète de ces nouvelles, arrêtons-nous un moment sur l'incipit de la première : Dimmi dove sta il mare, dis-moi où est la mer, 1905, Italie méridionale.

          C'est le moment de parler des illustrations de ce recueil. Elles sont l’œuvre, tout comme la couverture, de Lorenzo TERRANERA. Il intervient avec une image, en noir et blanc,  pour introduire chaque récit;  plus pour créer une ambiance que pour "illustrer" au sens classique du terme. Que nous dit-il, ici, de cette "Italie méridionale" aux premières années du siècle? L'implacable soleil de l'été (remarquez l'ombre du linge qui sèche sur une terrasse, à gauche de l'image); mais, au vu des ombres, nous sommes tôt le matin ou tard le soir.  La place de la religion ( visiblement, on se prépare à une procession). Monsieur le curé un peu comme un metteur en scène qui lit son scénario...Le petit garçon dont le texte nous apprend qu'il s'appelle Crocifisso - comme celui qu'il est chargé de porter - et qu'il n'aime pas ça. Il a l'air cependant bien décidé à le porter haut, malgré ses pieds nus, il est en train de démarrer. La fillette qui lui fait face, aussi "haute" (comme trois pommes) que lui, est, elle, plus statique - et elle a des chaussures-  alors que sa bannière vole au vent. Nous saurons qu'elle s'appelle ...Santina.

          Voilà les protagonistes campés, mais cette histoire de procession qui va monter en haut de la montagne, pour demander la pluie, nous réserve bien des surprises. Nous imaginons parfaitement la pauvreté qui règne dans le village - c'est souvent le curé qui donne du pain à son enfant de chœur pour qu'il le rapporte chez lui; Nennè-Nino vit  avec toute sa famille dans une seule pièce, avec les poules et l'âne- Mais aucun misérabilisme, Nino a une énergie vitale qui le fait courir dans la montagne et parfois crier de joie  .

          Et du haut de la montagne... on voit la mer, qu'aucun membre de la famille n'a jamais vue:

" Pare che il mare sia un posto benedetto dove, se metti le mani a conca, dall’acqua saltano fuori i pesci e ti vengono incontro e tu li mangi fino a che non ne puoi più. Io non lo so com’è fatto il mare. Nessuno di noi lo sa. Qui stiamo arrampicati tra il monte e la palude. «C’è il sale» mi ha detto nonno. «Nell’acqua c’è il sale» e pure questa è una benedizione, perché il sale costa tanto e bisogna risparmiare ".

"Il paraît que la mer est un endroit bénit: si tu fais une cuvette avec tes deux mains, les poissons sautent hors de l'eau, ils viennent vers toi, et tu en manges à n'en plus pouvoir. Moi, je ne sais pas comment c'est fait, la mer. Aucun de nous le sait.  Ici, on est accroché entre la montagne et les marais. "Y a du sel", m'a dit grand-père. "Dans l'eau, y a du sel", et ça aussi c'est une bénédiction,  le sel c'est cher, et il faut l'économiser."

          C'est de la mer que viendra la surprise. Pour Nino et Santina, et pour nous qui lisons.

 

 

           Pour chaque nouvelle, la voix est différente, donc le style aussi. Et le choix des détails: les vêtements, les maillots de bain par exemple:

- le terrible maillot de bain de laine tricoté - avec amour, bien sûr-, par la nonna, la mamie -: il est rouge, avec de grosses bretelles, il gratte horriblement, et il va se révéler, dans l'eau, bien dangereux....   C'est L'amour instantané - Amore a prima vista, 1960, Lido di Ostia.

- le superbe maillot que Astrid trouve le courage d'aller s'acheter avec son argent de poche, pour séduire son Johnnybello quand son père aura construit la piscine dont elle rêve, dans leur jardin; c'est Un trou dans le jardin - Un buco in giardino -, 1959, Pennsylvanie

- la jupe à fleurs qui devient d'abord pantalon, pour aller au lycée -c'est permis maintenant-  puis bikini - toujours cousus-main par Catherine, en une nuit- pour aller en sortie scolaire à Deauville, et épater Daniel-qui-ne-la-regarde-pas. On est en 1969, Noi due, à Deauville.

- et encore bien d'autres...

          Les détails fourmillent, comme le craquement des chaussures du voisin de palier de Wanda, dont elle est amoureuse non encore déclarée: elle a inventé un mot pour ça (lo stridolìo), car elle s'y connaît, son père est cordonnier, c'est un bruit de "chaussures neuves, en cuir, qui semblent dire au monde:"Regardez-nous, nous sommes des chaussures neuves dans lesquelles marchent des pieds heureux".

          Ainsi, chaque histoire est vraisemblable, ancrée dans une réalité historique, géographique et sociale que Luisa Mattia  connaît. Par expérience: elle s'est parfois inspirée de son propre vécu, comme la presque noyade de Amore a prima vista, qui ressemble à ce qu'elle raconte pour elle dans Viva la Libbertà. Ou le coup de foudre entre les deux voisins de palier, Wanda et Alberto de  Mai più ti lascio - 1940 - Roma, qui est un peu l'histoire de ses parents. Ou bien, ce sont des lieux qu'elle a visités. Soit elle s'est soigneusement documentée. Tout ce travail, elle le raconte dans une interview radiophonique que vous pouvez écouter ici.

 

 

          Il faut souligner, enfin, que la date, l'année choisies ne déterminent pas totalement l'histoire mise en scène. Sven, le suédois, trouve le courage de parler à Wilma dans le moment de désarroi que le spectacle de l'attaque aux tours de New York, retransmise par Cnn, provoque dans le groupe qui s'entraîne à la piscine, à Stockholm. En 1974, Beatriz emmène Joao à Lisbonne pour voir "la mer océan", "il mare oceano", et le rayon vert, certes, mais surtout pour demander au "generale De Carvalho, quello dei garofani" - le général De Carvalho, celui des œillets" d'empêcher que l'on enferme son ami handicapé Joao. Le lecteur, la lectrice adulte feront aisément le lien entre les dates et les histoires, les plus jeunes poseront peut-être des questions.

Ou peut-être pas, mais ces Racconti d'estate laisseront certainement des traces dans leurs souvenirs. Et, comme le héros du troisième récit, elles et ils seront persuadés que l'estate torna sempre, l'été revient toujours,  que ce soit en 1934 ou en 2021.

     Racconti d'Estate de Luisa MATTIA 

      Illustrations de Lorenzo TERRANERA

      Éditions LAPIS, juillet 2020.

      128 pages - 10 €

      ISBN: 9788878747678

       à partir de 9 ans

 

 

 

 

 

         MERCI AUX ÉDITIONS LAPIS POUR LES ILLUSTRATIONS

 

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Publié le 31 Août 2020

 

 

 

...Lectures Italiennes se prépare à reprendre...

Merci à Donatella C. pour cette photo!

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Rédigé par Lecturesitaliennes

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Publié le 22 Juin 2020

          C'était en avril, en plein confinement. Nous avions lu ensemble l'album Dimmi, et je vous avais promis plus de renseignements sur la maison d'édition indépendante au nom si insolite: PULCI VOLANTI,  Puces volantes.

Les semaines ont volé, comme les Pulci, mais nous voilà à nouveau pour essayer d'en savoir plus.

 

          Pourquoi Pulci, des puces?

La maison d'édition est née en 2017, en même temps que l'association culturelle du même nom. Bien consciente, dès sa naissance, d'être une entité petite, dans un monde éditorial déjà très rempli.

D'où l'idée de la puce, la pulce. En réalité, les Pulci sont deux, et elles ont bien mis trois ans de réflexion et de discussions avant de se définir et de se lancer. Mais elles se sont senties pulci, aussi, par leur vocation à titiller les lecteurs et lectrices, à ne pas les laisser s'endormir sur des textes ronronnants, mais à les stimuler dans la recherche de moyens pour exprimer leurs émotions personnelles.  Une sorte de "poil à gratter", dirions-nous.

 

Va pour Pulci.

D'habitude, une puce, ça saute. Pourquoi celles-ci volent-elles? Déjà parce qu'elles vivent et travaillent dans deux régions différentes d'Italie, et ont donc constitué une rédaction en ligne.

Dans le même temps, elles espèrent emmener leur lectorat dans leur vol, sur les ailes des livres publiés (Les puces auraient des ailes?).

Elles sont complémentaires: Alessia BATTAGLIA est auteure et Chiara BONGIOVANNI illustratrice. Toutes deux sont éducatrices,  et animent des ateliers avec des enfants et des jeunes de tout âge, mais aussi les adultes qui les accompagnent, à travers les écoles, les bibliothèques et autres lieux de sociabilité.

           Quelle sorte de livres?

- " Des livres non-livres, libri non-libri."

 

 

                                                      

 

Les Pulci Volanti veulent des livres  écologiques, innovants, qui instaurent une relation transversale et soient des instruments éducatifs, pour faire naître chez les petits comme les grands le désir d'exprimer leurs émotions les plus secrètes.

Précisons que ce que je vous dirai de quelques albums, à titre d'exemple, n'est pas le fruit d'une observation directe, je n'ai eu "que" DIMMI entre les mains, mais il y a le catalogue, et des recensions. Vous pouvez vous faire votre propre idée.

  • Des livres écologiques: c'est une exigence que l'on trouve à toutes les étapes de la réalisation.  Dans le choix du papier (sensible dans DIMMI) ; pour l'impression: leur typographie est certifiée, et italienne, et elle fait réaliser la reliure dans un atelier d'insertion, dans une prison.
  • Des livres innovants : à côté d'albums classiques comme celui que vous connaissez, il y a, par exemple, la première collection:  i SOGNALIBeRI, jeu sur le terme segnalibro, signet, marque-page - référence au format de cette collection,      

    qui devient SOGNAlibro, "rêve-page"; puis libro, livre, devient LIBeRO, libre. L'album a été démonté, et vous avez entre les mains une collection de 18 marque-pages de 6 x 20 cm, regroupés en trois paquets, pour trois histoires différentes. Sauf que le lecteur, la lectrice, pourront les mélanger, pour créer à leur tour leur propre histoire, ou leurs histoires; il y a même une page blanche pour noter sa création préférée. Si les possibilités combinatoires des récits ont déjà été explorées par d'illustres auteurs, elles n'avaient pas encore été appliquées de façon si simple et si maniable, et si poétique.  Ces "rêve-pages" favorisent aussi les échanges entre les personnes, enfants, adolescents, voire adultes, qui les manient, les racontent, les interprètent. Ce n'est pas la moindre de leurs qualités que d'instaurer cette

  • relation transversale.

  • L'innovation se manifeste autrement dans un album comme IL SOGNO DI MAX, le rêve de Max. Outre que cette histoire est sans paroles (silent book, en italien dans le texte...), le sens de "lecture" des pages varie au fil de l'histoire: si la couverture est verticale, on passe ensuite à l'horizontale pour la sortie de l'école de Max, l'éléphant, pour revenir à la verticale lorsqu'il s'envole en compagnie de son ballon rouge... Ce n'est jamais gratuit,  voyez vous-mêmes . Si vous lisez l'italien, la  présentation de l'album sur le blog Leggere insieme a mamma e papà me semble convaincante.  

       

 

  • Ou encore, dans la collection ConRispondenze  que vous avez vue avec DIMMI, deux histoires
    parallèles: une en mots et une en images, Quando il bosco dorme, Lorsque le bois dort,  de nos deux Pulci Alessia et Chiara: le texte et les dessins sont séparés, grâce à une solution pratique de type "accordéon". Une histoire de peur apprivoisée.

 

 

  • On devine facilement combien ces objets-livres peuvent devenir des instruments éducatifs sans jamais rien perdre de leur poésie ni de leur originalité.

 

En espérant que le corona virus n'aura en rien entamé leur bel enthousiasme,  souhaitons long vol à cette jeune maison d'édition indépendante.

 

 

Et un été rempli de lectures , italiennes et pas seulement,  à vous.  

Comme disait Boccace:

"A ciascuno come più gli aggrada",

à chacune, à chacun comme il lui plaira.

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

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Publié le 25 Mars 2020

         La plupart d'entre vous connaissent déjà Giusi QUARENGHI.  Vous pouvez entrer son nom dans le cartouche de recherche, tout en haut de cette page, et vous retrouverez tous les articles qui lui ont été consacrés sur Lectures Italiennes.

          Giusi QUARENGHI vit à Bergame, ville, vous le savez, tout particulièrement touchée par la pandémie qui ravage le monde, et en particulier l'Italie, puis la France. Elle a confié au blog de son éditeur (que vous connaissez aussi, "les souris qui peignent", TOPIPITTORI) des réflexions sur ces jours très particuliers que nous vivons, et la place qui y est réservée (ou pas) aux enfants. Il m'a semblé important de vous les donner à lire, dans Lectures Italiennes, les voilà donc traduites pour vous.

DEPUIS BERGAME        de Giusi QUARENGHI 

Un jour après l’autre, et à chaque jour son rythme. C’est ainsi que l’on fait, quand les jours sont difficiles et incertains, quand on ne sait pas. Un « on ne sait pas » que l’on espère restreindre, un jour après l’autre, grâce à ce que nous enseigne, même un peu,  chaque jour franchi, chaque portion de route parcourue. La tête basse, et regarder où l’on met les pieds. Même immobile. Parce que l’on se déplace de toute façon, même immobile.  La tête se déplace, le cœur, l’anxiété se déplacent.

Mais à un certain moment, impossible de ne pas lever les yeux : notre souffle se fait plus ample, il fait comprendre, ou au moins supposer l’endroit où nous sommes, et où nous allons, ce qu’il y a tout autour, et qui il y a… ça peut créer de l’angoisse et de la terreur, mais aussi construire du sens, un horizon vers lequel tendre, ou à éviter.

Tels sont les jours, et ils sont comme ça, pensais-je ce matin. Non ne savons pas combien il y en aura encore. Mais ils passeront, ils passeront. Alors faisons front, nous sommes en train de le faire, comme nous le pouvons, chacun comme il peut, que l’on soit une personne ou une institution. Chacun comme il peut, le mieux qu’il peut. Et après ?

Cette période nous changera, elle nous change déjà : que l’on soit une personne ou une institution, probablement nous verrons émerger des éléments qui nous pousseront plus à un changement qu’à une reprise du même, une simple reprise automatique de l’avant, comme s’il ne s’était agi que d’une pause quelconque.

Peut-être que cette entrave à la proximité, qui maintenant nous pèse, ne disparaîtra pas, qu’elle s’annulera dans la fête, la joie de se retrouver tout près et de pouvoir se serrer dans les bras. Peut-être restera-t-il des craintes, des précautions, des prudences, des méfiances…et que se rapprocher ne sera plus si évident, si facile, si désirable…

Alors, en cette période d’une certaine façon ajoutée, dilatée, distendue, pourquoi ne pas essayer de se mettre à la fenêtre pour un ping-pong de pensées, d’hypothèses, d’exploration du possible… pour un après qui ne reprendra probablement pas juste comme avant.

Dans ma ville, c’est un printemps de deuil. Elle a l’allure affligeante, muette et désolée de la procession des morts qu’emportent les camions militaires ; les années précédentes, elle avait le pas et les voix qui gambadaient d’innombrables enfants et de jeunes en sortie scolaire, de petits des crèches et des écoles maternelles en promenade.

Il ne faut plus le faire, et on ne le fait plus. C’est juste, c’est nécessaire. Mais.

Les chiens et les sportifs (on n’en a jamais tant vus !!) ont le droit de sortir. E les enfants ?

Dessin d'Anais TONELLI pour ASCOLTA de G.Q.

 

Je ne suis évidemment pas en train de réclamer un droit de sortie générique pour les enfants qui, en plus, sont accompagnés. Non, je voudrais que nous nous posions le problème, avec tout ce que nous sommes capables d’imaginer de différent.

Ces semaines-ci ont passé. Mais celles qui  vont s’ajouter? Il faut assumer cette durée, et, autant que possible, en dessiner au moins quelques traits : ne nous contentons pas de laisser la pluie nous mouiller. Télécharger des devoirs, nourrir les enfants de vidéos pendant des heures et des heures, même des choses juste merveilleuses, instructives, amusantes, utiles, intéressantes, éducatives, je crois que c’est néfaste.

Ce virus a l’air d’épargner les enfants: ce n'est pas par bonté, mais parce que, comme l’a dit l’immunologue Alberto Mantovani, leur système immunitaire est bien entraîné par les rendez-vous avec le calendrier de vaccination (et j’insiste : grâce aux vaccins !).

Pouvons-nous imaginer quelque chose de de semblable, une sorte d’entraînement, qui les protège et les fortifie dans le même temps ?

La ‘maison’, à la longue, ne peut pas suffire : et puis elle n’est pas ‘pareille’, dans le sens que pas toujours et pas partout elle n’est en condition de respecter les droits des enfants.

Que pouvons-nous penser pour que ce temps laisse une marque, et pas une blessure, apporte quelque chose tout en enlevant autre chose, y compris une sorte de familiarité aimable avec le vide, le peu, le moins, le plus jamais… ? Comment ne pas perdre l’entraînement, comment courir dans un espace restreint et un temps si long, comment ne pas perdre les proximités dans les éloignements ?

Il ne doit pas y avoir que les parents, les institutrices et les psychologues à y penser, à s’en faire un devoir, une responsabilité. J’ai envie de dire plutôt que ça nous concerne, ça nous concerne en tant qu’espèce. Et ça concerne tout un tas de compétences différentes, et des sensibilités, des attentions, des capacités d’imagination et d’organisation.

Comment ne pas ‘immobiliser’ les enfants ?

Ne peut-on pas retrouver les cours intérieures, en aménageant le quand et le comment ? Est-ce que ça peut fonctionner pour certaines places et parvis d’églises ? Peut-on penser des jeux, des activités sportives, et théâtrales, dans des espaces (de la fenêtre de chez soi au parc ‘aménagé’) où la distance fasse partie du jeu, de l’exercice, de la dramaturgie, et donc, en conséquence, la voix, les mouvements, les actions… ?

Est-il pensable d’ouvrir les écoles ‘ par périodes’ : pas tous ensemble, mais quelques classes à la fois, en inaugurant et en pratiquant les distances et les protections sans que ce soient  encore, toujours des punitions et des complications ?

Pensons, imaginons.

Je ne parle pas tellement du maintenant, alors que nous sommes dans la phase la plus aigüe, pour le temps qu’elle durera, en espérant qu’il ne soit pas trop long.

Je parle d’après : laisser derrière soi la phase aigüe, avec tout ce que cela implique, ne sera ni facile, ni rapide, et non ne savons pas à quoi ressemblera la ‘normalité’ qui redeviendra possible.

Je ne sais pas, je ne sais pas. Mais ne pas savoir ne me suffit pas.  C’est une raison, un 'quia',  dont je ne peux me contenter.

                                                                                                                       20 mars 2020

"E sulle case il cielo", poésies de G.Q., Topipittori

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

Publié dans #TEMPS PRESENT

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Publié le 12 Décembre 2019

Ce ne sont certes pas les albums, livres de contes, recueils de poésies qui manquent, dans toutes les langues, en cette période de l'Avent.

        Pour Lectures Italiennes, j'en ai choisi quatre pour leur originalité et leur qualité, mais il est clair qu'une promenade dans les rayons d'une vraie librairie, de votre Médiathèque préférée, voire dans les catalogues de certains éditeurs vous réservent encore d'autres surprises.

 

 

         Commençons par le commencement, la lettre au Père Noël : le Babbo Natale de Cristina Bulgheri est tout à fait traditionnel, barbe blanche, houppelande rouge, adresse au Pôle Nord et boîte à lettres qui attend de se remplir. Mais pourquoi reste-telle désespérément vide alors que le compte à rebours est déjà bien entamé?

         C'est la lettre traditionnelle d'un petit Nicolas qui va lui permettre de comprendre. Dans un long post-scriptum, le petit garçon "vide son sac", expliquant que tous ses camarades se sont mis à l'ordinateur, alors que lui n'y comprend rien, et qu'il écrit donc sur du papier, avec un stylo....

         Babbo Natale aura bien besoin de ses fidèles aides, les 'folletti", les lutins, pour découvrir le monde de l'informatique, récupérer les e-mails du monde entier qui lui sont adressés et faire sa tournée de Noël selon la tradition.

        Mais l'histoire ne s'arrête pas là, et Babbo Natale, ayant apprivoisé l'outil moderne, va s'en servir pour rétablir les contacts avec tous les enfants et leur rendre une créativité mise en péril dans un premier temps.

        Cristina BULGHERI a écrit là un conte fort plaisant et qui aide à réfléchir sur les traditions, la technologie, les difficultés qu'elle peut générer quand on ne la maîtrise pas.... Elle le fait dans un style rythmé, enjoué, avec un lexique riche qui ravira auditeurs et lecteurs ( à partir de 6 ans).

        Je n'ai pas toujours compris les variations typographiques sur les 60 pages que comporte l'album, mais l'effet est agréable à l'oeil. Les illustrations de Daniela SBRANA soulignent les caractéristiques du texte, en jouant essentiellement sur le rouge, le blanc et le beige. L'illustratrice, sur son site, vous offre de bonnes reproductions de bon nombre de ses images, vous pouvez le constater à travers le lien sur son nom,quelques lignes plus haut.

        Depuis sa date de parution, en 2013, C@ro Babbo Natale a gardé toute sa fraîcheur.

Editore: FELICI            64 pages          à partir de 6 ans           21,50 cm x 21,50 cm             12€

 

        Le second livre est de petit format (12,5 x 16 cm), avec une bien solide couverture cartonnée : une "petite grenouille", "rana piccola" chez INTERLINEA JUNIOR

C'est l'histoire de "La foto di Natale", oeuvre de Cinzia GHIGLIANO pour le texte et les images.

 Bibi a une question embarrassante à poser à son grand-père : est-ce vrai, comme le dit Giulia à l'école, que Babbo Natale n'existe pas?Justement, Il Nonno a apporté l'album des photos qu'il a faites quand il avait l'âge de Bibi, et il le partage avec son petit-fils.

Et voilà que, en cette lointaine nuit de Noël, à 3h10, son grand-père a photographié clandestinement le Père Noël en train de repartir. Donc.... Mais Il Nonno a gardé cette photo pour lui, car "La magia di Natale esiste solo per chi ci crede", il faut y croire pour faire exister la magie de Noël.

Et tant qu'il est là, Bibi met son grand-père à contribution pour écrire la fameuse lettre où il demande à Babbo Natale .. un appareil de photos! La boucle est bouclée, et Bibi rassuré.

          Le petit format ne nuit pas à la richesse de l'album. L'image qui met en scène les personnages, alors

que le texte leur donne surtout la parole, donne une grande vivacité à l'histoire. En plus du grand-père et du petit-fils (vous avez remarqué cet air de famille?), il y a un chat tigré roux qui n’arrête pas de faire des siennes autour de l'arbre de Noël. Et puis des gros plans sur des mains, sur des visages.... C'est une histoire très joyeuse, et Cinzia Ghigliano, comme Cristina Bulgheri, offre aux enfants une collection de mots nouveaux que Bibi apprécie beaucoup. Il y a même une petite "leçon de lettre au Père Noël" où Il Nonno recommande  d'employer "le parole appropriate", toujours cette attention aux mots ...

        Si vous voulez connaître le concours d'histoires de Noël lancé par l'éditeur Interlinea, que Cinzia Ghigliano a gagné en 2017, c'est ici.

 LA FOTO DI NATALE   de Cinzia GHIGLIANO   INTERLINEA EDITORE        2017   36 pages      8 €

A suivre........à très vite....... 

Et toujours grand merci, mille e mille grazie,  à Antonietta MANCA, la fée de la pâte à modeler (voir la "page" qui lui est consacrée, en haut, à droite), pour ses créations.

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

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Publié le 31 Octobre 2019

          "... , sans prétention d'exhaustivité aucune ...". Vous vous rappelez cette déclaration initiale de Lectures Italiennes? Elle vaut particulièrement pour ce thème du livre "de voyage".

          Impossible cependant d'évoquer des compagnons de voyage pour les enfants sans nommer 

la PIMPA. Que celles et ceux qui ne connaissent pas la Pimpa lèvent la main!  En Italie, La Pimpa est une institution, sinon une "industrie", jugez plutôt.    Mais comment ne pas être séduits par cette petite chienne blanche à pois rouges,  débordante d'énergie, de curiosité et de courage, inventée en 1975 par le dessinateur Francesco Tullio Altan, dit Altan (le même qui fait des vignettes de satire politique féroce, chaque semaine,  sur les pages de l'Espresso, entre autres nombreuses publications... Les informations sur Wikipedia français sont sommaires, c'est pourquoi le lien est sur la page italienne.).

          Pimpa était effectivement une compagne de découverte idéale, dès 4 ans, et les éditions Franco Cosimo PANINI ont créé la collection CITTÀ IN GIOCO : j'ai à peine besoin de vous la décrire, vous avez tout sur le site: les onze villes visitées, le  contenu qui alterne des planches de BD, et des doubles-pages de découverte et d'activité, les étiquettes auto-collantes à placer sur les différents plans, au fur et à mesure des visites, et même deux cartes postales à envoyer à ses amis, ou une recette locale faisable, "insieme alla mamma".

 

            Ajoutez que le format en cahier de 17 x 33 cm, couverture brochée et une trentaine de pages de papier épais,   le rendent pratique à emporter. Il ne vous reste plus qu'à choisir la ville.

"Buon  viaggio, Pimpa!"                                                                                                             

 

             Et pour finir, c'est un chat qui nous guidera dans les mystères de Gênes, au fil des pages de "una guida curiosa", "curieuse" car insolite, et curieuse car elle stimule notre curiosité. Comment traduire le titre GattoNando  per Genova? Notre guide est le Chat Nando.  Nous devenons chat (gatto) nous aussi, et nous promenons comme lui, en tapinois, "gattonando", justement, sans nous presser, à la recherche de détails qui passent inaperçus au commun des touristes, au ras du sol ou tout en l'air..

            Ce petit livre nourri est un travail collectif: le projet graphique et les illustrations reviennent à Giorgia MATTARESE, et à la photographe Chiara SAITTA, photo et dessin au trait se mêlant de façon drôle et dynamique. Rien que le feuilleter chez soi est déjà partir en exploration.

 

            Cristina LUBRANO  et Walter FOCHESATO, génois D.O.C., me semble-t-il, font le tour de la ville en onze parcours. Chaque étape tient en deux pages, qui s'arrêtent donc sur un détail significatif dans l'histoire de Gênes. Notre exploratrice, notre explorateur ne sont plus des petits comme avec Pimpa, ils ont au moins 10 ans, et sont capables de suivre des informations plus approfondies. Le texte, ou le chat Nando, s'adresse directement à eux, et parfois, une bulle rouge pose une colle.... L'adulte qui les accompagne prendra autant de plaisir qu'eux à ces découvertes, et les génois eux-mêmes seront ébahis. Je dirais même plus: l'adulte pourra "gattoner" sans aucun enfant, la ville s'y prête vraiment, et un seul voyage n'y suffit pas, croyez-moi.

     

                    Enfin le format carré du livre est la juste mesure pour tenir ouvert dans la main (16 x 16 cm), avec ses 96 pages. La couverture cartonnée est très robuste, les chutes n'étant pas exclues ( du livre, pas des touristes).

L'éditeur, FABBRICA MUSICALE,  a fait là, en 2016, un très joli travail qui traverse aisément les années.

P. S. : Vous pouvez lire une analyse plus fouillée de GattoNando per Genova ici.

 

 

          

Même si ce n'est pas "un guide", dès que l'on prononce, désormais,  le mot "viaggio"  s'impose le dernier album que nous a laissé, en 2018,  Gianni DE CONNO, illustrant un texte de Beatrice MASINI : IL BUON VIAGGIO, aux éditions CARTHUSIA. Un grand livre superbe, carré, de 28,5 x 28,5 cm, relié, qui nous offre 36 pages de texte et d'images mêlées.

             On pourrait parler de poème philosophique. Chacun, chacune, peut s'identifier dans ce voyageur énigmatique, toujours vu de dos, qui traverse les paysages oniriques de De Conno, et parle au lecteur, à la lectrice, en s'interrogeant, en l'interrogeant sur ce qu'est "le bon voyage".  Des mots très simples qui emmènent très loin. Il suffit de lire l'incipit:

 

Uno ti dice Buon viaggio                                             Quelqu'un te dit Bon Voyage

quando ti vede andar via                                             quand il te voit t'en aller

pronto per un lungo cammino                                     prêt pour cheminer longuement

per stare solo,                                                               pour rester seul, 

per vedere cose e posti                                                pour voir des choses et des endroits

e persone che non avevi mai visto                              et des gens que tu n'avais jamais vus

per scoprire tesori che ancora non sai.   pour découvrir des trésors que tu ignores encore.

..........                                                                                ................

             Peut-être, avant de choisir "où" aller, d'abord rêver à ce que sera notre "bon voyage". En compagnie de Masini et De Conno. Quand, dehors, il pleut très fort.

 

 

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

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Publié le 23 Septembre 2019

 

Ce n'est pas parce que les vacances sont terminées que l'on va cesser de rêver voyages. Anzi, bien au contraire. Je continue donc avec vous ma quête de guides remarquables pour des voyages en Italie avec des jeunes.    

  En visitant le catalogue en ligne de Lapis ( impossible de vous mettre un lien direct, car c'est une adresse en http et non https.... mystères de l'internet, question de sécurité...) , pour voir si les exemplaires de ma bibliothèque étaient encore publiés, j'ai fait quelques découvertes.

  • Pour les plus jeunes, à partir de 6 ans, il y a la collection "A spasso per..." - en balade dans... - pour trois villes  classiques: FirenzeRoma et Venezia.   

On trouve en version française "En promenade à Venise". 

Ce sont des albums de 14,5 x 21 cm, reliés par une spirale bien pratique, et des pages qui s'ouvrent pour des vues panoramiques, comme celle-ci: 

C'est Allegra AGLIARDI qui les illustre, et Alberta GARINI ou Rosaria PUNZI qui ont fait les textes.

 

  •          Pour les plus grands, dès 8 ans -
    on va "à la découverte de...": " I bambini alla scoperta di.....". La collection est devenue un classique du genre, il y a eu de nouvelles éditions, et aussi, malheureusement, des titres qui sont épuisés.

A part le Bologna qui a changé de couverture (mon édition date de...2003) , les enfants

peuvent découvrir Roma,  Firenze, Venezia,  bien sûr,  

 

 

 

mais aussi Milano,  Torino,  San Marino ou Pavia, .  Vous pouvez, ici, feuilleter le guide de Pavia

Ces ouvrages sont, entre autre, très précieux pour la clarté et la précision de leurs informations, sans pédanterie, et avec une bonne dose d'humour. Ils proposent aussi des activités à l'enfant-voyageur.

Verona est malheureusement épuisé, ainsi que quatre autres villes. De même, en français, le Venise .  

La collection est illlustrée par Lorenzo TERRANERA, les auteurs sont divers. Les volumes font 14,5 x 24 cm, ils sont brochés, et ont de 128 à 152 pages.

 

  •           "Pour le POP-UP, y a pas d'âge..." mais on préconise "à partir de 8 ans".  Lapis a repris, en 2014, de charmants petits volumes anglais. On y retrouve Venezia, Firenze et Roma (outre des villes non italiennes). Le guide est un accordéon - 1,50 mètre ouvert - qui raconte sur ses deux faces. Replié dans son coffret de robuste carton, il fait 10 x 11 cm et se glisse facilement dans le sac à dos.  Cette fois,  ce sont uniquement les lieux les plus célèbres, avec une notice succinte mais exacte. On peut l'offrir avant le voyage, pour choisir avec les jeunes voyageurs quoi voir, ou après, pour les souvenirs... Ou pendant, pour repérer les différences entre l'image et la réalité? A chaque voyage son organisation..

 

  •           Mon préféré est cependant un guide-roman, dans la collection Città narrate dont faisait déjà partie Cartoline dall'Italia.   Nous retrouvons Luigi DAL CIN pour le récit, et Pia VALENTINIS pour les illustrations (tapez un nom puis l'autre dans le cartouche "recherche", tout en haut de la page à droite, et vous trouverez les pages qui parlent déjà d'eux dans Lectures Italiennes), accompagnée de Ignazio FULGHESU. C'est le type même du livre qui, quatre ans après sa parution, n'a pas pris une ride, et ce serait bien dommage qu'il soit occulté par la foule de parutions annuelles chez tous les éditeurs.

 

                   Les héros de ce roman, qui se passe non pas "sur", mais "sous" les ailes du vent, Sotto le ali del vento, sont deux jeunes mouettes curieuses, Efisia et Elia - une "fille" et un "garçon - qui vont se laisser guider par le vent au-dessus de la ville de Cagliari, capitale de la Sardaigne comme vous ne l'ignorez pas. Ils sont accompagnés et conseillés par un Zio Capitano, un oncle intarissable - mouette lui aussi - qui ne quitte jamais sa pipe et a un langage aussi coloré que le Capitaine Haddock - ses deux jeunes neveux en sont contaminés, et il y a fort à parier que les jeunes voyageurs ne seront pas en reste dans l'invention des exclamations, "par mille sardines sardes", pour rester dans les plus inoffensives... Les parents-mouettes et une amie corneille, aussi noire que eux sont blancs, complètent la bande. Sans parler d'un mystérieux ancêtre....

                   Le rythme est effréné: en 173 pages et 33 chapitres, le lecteur va faire le tour des richesses de la ville, sans s'y perdre, et sans une seconde d'ennui. Le pari, pour Dal Cin, était risqué: comment rendre compte, pour de jeunes lecteurs, du mille-feuilles historique dont témoigne Cagliari, sans qu'ils s'y perdent ou ne se fatiguent? Et comment maîtriser, quand, comme lui, on n'est pas un "né-natif", une ville aussi riche?

                   Pari réussi sur toute la ligne.

                  D'abord, on sent bien que Dal Cin est tombé lui-même amoureux de Cagliari, puis il a trouvé la façon de transmettre cet amour sans pédanterie. La qualité de la lumière, les variations du vent, la palette inépuisable des couleurs, des odeurs, des bruits sont sensibles à qui n'y est jamais allé. Et si vous vous y êtes promenés, ce sont de vraies retrouvailles. Dal Cin a accumulé et synthétisé à la fois une expérience de la ville et de multiples sources d'information.

                 

  Puis le choix même du point de vue des "visiteurs", ces oiseaux omniprésents dans le ciel de la ville:  ils ont une liberté de mouvement qui manque aux humains, mais que ces mêmes humains peuvent entrevoir à partir des divers points de vue, citadelle ou tours auxquels ils auront accès pendant leurs visites.

 

 

 

                   Cette histoire n'est pas une "visite" de la ville, c'est une quête que mène Elia-aux-mille-pourquoi: sa question la plus philosophique est "D'où vient le vent?", il veut le savoir à tout prix.

Et ses interlocuteurs, à part le Zio Capitano, sont aussi bien les statues des églises que les statuettes des musées (en effet, elles parlent dès qu'il n'y a aucun humain en vue). Et les étapes monumentales sont coupées d'épisodes humoristiques, dont les humains font, en général, les frais, mais sans aucune méchanceté. C'est l'art du conteur Luigi Dal Cin de ménager au milieu d'un récit très riche en informations des pauses - parfois des micro-pauses, juste une expression qui se répète pour caractériser un protagoniste - parfois des rencontres incongrues avec des touristes irrascibles ou des bébés trop familiers avec les oiseaux.

                    Enfin, dès le magistral chapitre d'ouverture où se déroule dans le golfe, au-dessus d'une mer qui semble d'abord idyllique, une bataille féroce entre l'Archange Michel, Lucifer et leurs troupes respectives - "dès lors, cette formation rocheuse fut appelée Sella del Diàvolo, et la baie prit le nom de Golfo degli Angeli" - dès ce début, le fond de mythes et de légendes locales imprègne l'histoire. Et le dernier chapitre clôt l'aventure dans une dimension surréelle, un vol de tous les oiseaux convoqués le long du récit et guidés par le vent, et "Tutti i Cagliaritani allora alzarono lo sguardo a quell'incredibile spettacolo. - Tous les Cagliaritains levèrent alors les yeux sur cet incroyable spectacle . E si accorsero, tutti, che l'azzurro carico del cielo si era ormai condensato in un blu profondo. - Et, tous, ils se rendirent compte que le bleu foncé du ciel s'était maintenant condensé en un bleu profond".

Aussi bien des témoignages directes d'enseignantes que ce que l'on peut lire sur des rencontres de l'auteur avec de jeunes écoliers prouve que c'est un livre qui touche ses lecteurs. Et, comme souvent, les adultes ne sont pas en reste.

Pour plus d'informations et quelques images, il y a la page de 2015 du site de Dal Cin, la possibilité de feuilleter quelques pages,  un petit film de présentation publicitaire, et l'interview faite par un journaliste sarde aux auteur et illustrateurs.  Mais rien ne remplace la lecture du livre.

                    

Il faudrait encore parler de l'art des deux illustrateurs, Pia VALENTINIS et Ignazio FULGHESU, mais je ne veux pas abuser de votre patience. Vous pouvez vous faire une idée d'après les images ici reproduites. Demandez plutôt le livre à votre Médiathèque préférée.....

Sotto le ali del vento de Luigi DAL CIN

illustré par Pia VALENTINIS et Ignazio FULGHESU, éditions LAPIS,   février 2015

184 pages, édition cartonnée, 13 x 18 cm, 10 €

  • EAN: 9788878743793
  • ISBN: 8878743798

A partir de 7 ou 8 ans.

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