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Publié le 12 Novembre 2021

          Regards perplexes: " Mais... nous le connaissons déjà, celui-là..." .Certes, rappelez-vous, c'était "in italiano", dans le second épisode de Prom'nons-nous dans Florence. L'auteure présente le livre, et le spectacle qui en est né au Museo Marino Marini, puis "hors les murs". (Détail pratique, beaucoup de ces vidéos You Tube commencent par des pubs que l'on peut sauter en cliquant sur un tout petit rectangle, sur la droite...)

          Pour celles et ceux qui ne pratiquent pas l'italien, ou qui sont réfractaires aux documents vidéo, il était juste de revenir sur cet album. Son appareil iconographique peut suffire à une compréhension et à une utilisation. ... Malgré l'absence des poésies ...  Se mettre à l'italien, avant même de danser avec l'art...

 

 

 

         DANZANDO CON L'ARTE, en dansant avec l'art est, en effet, un livre d'histoire de l'art. De l'art du XXe siècle, en l’occurrence, avec quelques pas dans le XXIe. Les jeunes ("à partir de 7 ans"...) y feront connaissance avec des œuvres de 31 artistes, dont ils peuvent voir les portraits dessinés en page de garde par Giorgia ATZENI, avec noms, dates et nom du mouvement artistique auquel ils ou elles ont appartenu. Une série de regards qui ne laissent pas indifférent.

          Puis, on entre "dans le musée", un grand mur blanc sur lequel sont posées les reproductions, et les poésies qui les commentent. Au tout premier plan - système qui a été repris dans "Prima e Poi" - une mince bande de plancher donne la profondeur, et permet aux visiteurs de ... danser. Car, dans ce musée, les enfants entrent. Et pas "sur la pointe des pieds, et en silence", non! Ils y entrent avec leur boom-box, leurs ballons, leurs patins à roulettes, pour "danser" les œuvres exposées, comme la fillette de la couverture.

         

          Chaque double page présente une ou plusieurs reproductions d’œuvres d'un, d'une ou de plusieurs artistes, choisis car ils ont en commun un concept de l'art moderne: équilibre, rythme, corps et matière, synesthésie, intersections, mouvement...., 17 en tout, pour être exacts.

           Ce concept est rendu accessible à la fois par  une poésie rythmée de Teresa PORCELLA,  qui "commente" l’œuvre et la met en relation avec le vécu des enfants, et par les enfants-visiteurs dessinés avec beaucoup d'humour et de sens du mouvement par Giorgia ATZENI.

 

          Regardez, par exemple, la page Equilibrio, avec deux tableaux de Ellsworth KELLY et une sculpture de Louise BOURGEOIS. La poésie est un quatrain en rimes AA BB, dont vous accepterez, j'espère, une traduction ... artisanale, juste pour donner l'idée:

È quando ogni sforzo si fa leggerezza / è il dritto e il rovescio di ogni carezza / è un bacio tra i corpi senza spreco di pelle / è quando anche il cielo va in punta di stelle.

C'est quand le moindre effort devient légèreté / c'est le droit et l'envers de la moindre caresse / les corps dans un baiser sans que la peau s'étale / c'est quand le ciel aussi marche sur les étoiles.

Vous avez remarqué la petite libellule?

 

          Ou encore la première page, pour Pablo PICASSO et Natalia GONCHAROVA :

Rivoluzione

C'est quand un monde entier change, et sans ambages, / c'est dessiner en pièces un être ou un visage. // C'est dire fermement qu'une femme est altière / même si son portrait a l'air d'une cafetière. // C'est penser qu'un musée est pour ses amateurs / et qu'on peut y entrer quand on est un sauteur.

Les petits danseurs ne se le font pas dire deux fois!

Ce qui frappe dans les dessins, c'est à la fois le rendu du mouvement, et l'extrême concentration des enfants, suggérée par la façon qu'a Giorgia ATZENI de desssiner les yeux. Et la présence d’éléments  "pour rire", comme la libellule d'equilibrio, ou encore un escargot, un coq et une poule, une araignée, un pot de tomates-cerises.... : ils détendent l'atmosphère si le lecteur-visiteur est trop pris par l'intensité de la nouveauté.

          DANZANDO CON L'ARTE est un livre-ressource, on pourra choisir la page du jour selon toute sorte de critères. Le texte donnera naissance à des questions et commentaires, des préférences se feront jour.  Les gourmands de précisions historiques pourront se référer à la frise chronologique, à la fin de l'album, avant de se lancer dans des recherches approfondies.

          L'étape suivante sera le passage à l'action: "Ora tocca a te!", maintenant c'est à toi, à toi de préparer une petite salle de musée personnel, sur une double-page vide prévue pour. En tournant la page, on trouve d'un côté une série de termes proposés par les auteures, et de l'autre six reproductions à découper - en l'absence de ressources personnelles - et à installer autour d'un des termes choisis. Il ne reste plus que ... à écrire sa propre poésie... les après-midi d'hiver maussades seront bien occupés...

 

          Le spectacle DANZANDO CON L'ARTE monté par Teresa PORCELLA, avec ses complices que vous avez vus autour du livre précédent, est un aboutissement de travaux d'ateliers au Museo Marino Marini. La mise en musique des poésies leur donne une nouvelle dimension. Ce serait beau de pouvoir les trouver rassemblées et y avoir accès, même sans le spectacle, pour enrichir les lectures particulières. La chanson des Intersezioni, les intersections aussi bien abstraites de Anni ALBERS dans Textile que figuratives du Kiosque publicitaire de Fortunato DEPERO, tous deux de 1926, cette chanson se prête particulièrement à être chantée en choeur  pour aider les apprenants, elle a le même charisme que, mettons,  le Volare de Domenico Modugno. Vous l'entendez pendant le générique de fin du second épisode de Prom'nons-nous dans Florence cité plus haut. Et aussi ci-dessous.  

INTERSEZIONI, chanté par Teresa Porcella

       

   Et enfin, pour illustrer combien cette approche d'un art réputé "difficile" peut mener sur des chemins imprévus, un petit échantillon du concept d'equilibrio interprété par les deux jongleurs et artistes de rue de la compagnie BEGHERÈ , toujours à l'occasion du spectacle. Vous pouvez aussi les voir répéter dans la vidéo précédente.

        DANZANDO CON L'ARTE, textes de Teresa PORCELLA, illustrations de Giorgia ATZENI, graphisme et  mise en page de Ignazio FULGHESU                       

Editions LIBRIVOLANTI, collection LIBRARTE, 2019,  44 pages, relié, 14,90€

EAN  9788894365030

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

Publié dans #À LIRE ET À CHANTER

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Publié le 28 Février 2021

          Le printemps a beau arriver à pas de loup, la pandémie, elle, semble bien installée, et le moral des grands et des petits s'en ressent fortement.  Lectures Italiennes a cherché dans ses albums quelque chose pour "tira(rv)isù", vous remonter le moral.

          Et voilà que, grâce à son format inhabituel (14 cm de large sur 28 de haut), a fait signe sur les rayons un livre insolite, drôle et que vous pourrez aussi chanter avec vos petits lecteurs:  c'est chez l'éditeur Coccolebooks  et c'est une histoire un peu folle, imaginée, écrite et chantée par la créatrice protéiforme Teresa PORCELLA ,  et illustrée dans le même esprit réjouissant par Ignazio FULGHESU.

 

 

          Une histoire de BANCA et de BANDA: le fourmilier Ernesto est banquier, les dix fourmis forment un (big) band, et leur immeuble est pile en face de la banque. Entre leurs activités respectives, juste deux misérables petites lettres de différence :  "BANCA CONTO TUTTO", et " BANDA CANTO TUTTO". Entre "je compte " et "je chante", une seule voyelle de différence. Et toute une conception de la vie autre. Les dix Formichieri banchieri (vous vous rappelez la prononciation "...kiéri" ?) n'apprécient pas du tout le vacarme (chiasso, fracasso...) de leurs musiciennes de voisines.

 

 

  

 

 

 

       

            D'où la décision d'envoyer Ernesto  en mission pour balayer" tout ça" ("ogni cosa") de sa langue  poisseuse ("appiccicosa"). En vers et en rimes!

 

 

 

 

 

Est-ce la fin de la Banda Canto Tutto?

          C'est sans compter avec le courage et la fantaisie des musiciennes et musiciens: chacune, chacun va sortir à tour de rôle, avec son instrument de musique.

          L'occasion de faire le tour du groupe: Enrica et sa clarinette (il clarinetto); Galeazzo et sa contrebasse    ( il contrabasso); Iole, la chanteuse (la cantante); Giambattista et sa flûte (il flàuto); Max et son sax (sic); Vera et son clavier (la tastiera); Riccardo et ses instruments à corde (... a corda); Rosalba Mabomba et sa trompette (la tromba); Gian Marìa, primo al mondo per la batterìa; et enfin Gavino (prénom typiquement sarde, comme le sont les deux auteurs...), il formichino piccolino, virtuoso di viola e violino.

          Chacun et chacune, sans crainte aucune, va flatter la vanité naturelle d'Ernesto, pour le détourner de son projet meurtrier, et changer chaque fois un détail de son look.  Chaque fois pas grand chose, selon les spécialités respectives. Et toujours sur une double page.

          Gian Maria, le batteur, par exemple, lui donnera de nouvelles lunettes: voyez plutôt:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          Dans chaque épisode-double page, la lectrice, le lecteur rencontreront, outre les musiciens protagonistes, des "passants" qui traversent l'image, venus de la double page initiale reproduite plus haut. Et aussi, détail important, les "voix off": des bras portant sur des pancartes leurs commentaires personnels - toujours en vers...-. Ils peuvent être un ou plus. Les banquiers à gauche, les fourmis à droite. On imagine bien les nouvelles créations-commentaires qui peuvent en découler.

          Après ces dix interventions, reconnaît-on encore Ernesto-il-formichiere -banchiere?

À vous de juger:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          Il vous reste, comme toujours, à découvrir les détails de cette histoire, sa fin et sa "morale", la robustesse de sa couverture et le soin de l'impression.

         Et puis il y a une "ciliegina sulla torta", une "cerise sur le gâteau": le livre contient un CD avec l'histoire non pas "lue", mais "dite", "jouée", par Teresa Porcella, et ce n'est pas triste du tout, avec l’accompagnement de bruitages et de musique. Et voilà que les éditions Còccole Books méritent bien leur nom, car elles nous chouchoutent et nous offrent l'enregistrement du CD, ici. Vous ne bouderez sans doute pas votre plaisir avec la grande "Marcetta di Roccanaso", une récapitulation de l'histoire sur un rythme de cha-cha-cha, chœur et orchestre. Faut-il regretter que, sur la double page finale de l'album, il n'y ait que les refrains et les deux  dernières strophes de la chanson? N'est-ce pas un excellent exercice de langue que de mettre par écrit les paroles écoutées?

         En tout cas, si les 3 à 6 ans auxquels est destinée cette histoire en re-voudront "encore", de plus grands (6 à 9 ans?) qui auront laissé traîner leurs oreilles se joindront probablement à vos chants.  Sans préjuger des adultes...

 

Il Formichiere Ernesto

textes de Teresa PORCELLA, illustrations de Ignazio FULGHESU,

paru en avril 2018, éditions Coccole Books

ISBN 9788898346905
 48 pages,  13 euros.

MERCI À L'ÉDITRICE POUR LES IMAGES ICI REPRODUITES

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

Publié dans #À LIRE ET À CHANTER

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