Publié le 28 Février 2021

          Le printemps a beau arriver à pas de loup, la pandémie, elle, semble bien installée, et le moral des grands et des petits s'en ressent fortement.  Lectures Italiennes a cherché dans ses albums quelque chose pour "tira(rv)isù", vous remonter le moral.

          Et voilà que, grâce à son format inhabituel (14 cm de large sur 28 de haut), a fait signe sur les rayons un livre insolite, drôle et que vous pourrez aussi chanter avec vos petits lecteurs:  c'est chez l'éditeur Coccolebooks  et c'est une histoire un peu folle, imaginée, écrite et chantée par la créatrice protéiforme Teresa PORCELLA ,  et illustrée dans le même esprit réjouissant par Ignazio FULGHESU.

 

 

          Une histoire de BANCA et de BANDA: le fourmilier Ernesto est banquier, les dix fourmis forment un (big) band, et leur immeuble est pile en face de la banque. Entre leurs activités respectives, juste deux misérables petites lettres de différence :  "BANCA CONTO TUTTO", et " BANDA CANTO TUTTO". Entre "je compte " et "je chante", une seule voyelle de différence. Et toute une conception de la vie autre. Les dix Formichieri banchieri (vous vous rappelez la prononciation "...kiéri" ?) n'apprécient pas du tout le vacarme (chiasso, fracasso...) de leurs musiciennes de voisines.

 

 

  

 

 

 

       

            D'où la décision d'envoyer Ernesto  en mission pour balayer" tout ça" ("ogni cosa") de sa langue  poisseuse ("appiccicosa"). En vers et en rimes!

 

 

 

 

 

Est-ce la fin de la Banda Canto Tutto?

          C'est sans compter avec le courage et la fantaisie des musiciennes et musiciens: chacune, chacun va sortir à tour de rôle, avec son instrument de musique.

          L'occasion de faire le tour du groupe: Enrica et sa clarinette (il clarinetto); Galeazzo et sa contrebasse    ( il contrabasso); Iole, la chanteuse (la cantante); Giambattista et sa flûte (il flàuto); Max et son sax (sic); Vera et son clavier (la tastiera); Riccardo et ses instruments à corde (... a corda); Rosalba Mabomba et sa trompette (la tromba); Gian Marìa, primo al mondo per la batterìa; et enfin Gavino (prénom typiquement sarde, comme le sont les deux auteurs...), il formichino piccolino, virtuoso di viola e violino.

          Chacun et chacune, sans crainte aucune, va flatter la vanité naturelle d'Ernesto, pour le détourner de son projet meurtrier, et changer chaque fois un détail de son look.  Chaque fois pas grand chose, selon les spécialités respectives. Et toujours sur une double page.

          Gian Maria, le batteur, par exemple, lui donnera de nouvelles lunettes: voyez plutôt:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          Dans chaque épisode-double page, la lectrice, le lecteur rencontreront, outre les musiciens protagonistes, des "passants" qui traversent l'image, venus de la double page initiale reproduite plus haut. Et aussi, détail important, les "voix off": des bras portant sur des pancartes leurs commentaires personnels - toujours en vers...-. Ils peuvent être un ou plus. Les banquiers à gauche, les fourmis à droite. On imagine bien les nouvelles créations-commentaires qui peuvent en découler.

          Après ces dix interventions, reconnaît-on encore Ernesto-il-formichiere -banchiere?

À vous de juger:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          Il vous reste, comme toujours, à découvrir les détails de cette histoire, sa fin et sa "morale", la robustesse de sa couverture et le soin de l'impression.

         Et puis il y a une "ciliegina sulla torta", une "cerise sur le gâteau": le livre contient un CD avec l'histoire non pas "lue", mais "dite", "jouée", par Teresa Porcella, et ce n'est pas triste du tout, avec l’accompagnement de bruitages et de musique. Et voilà que les éditions Còccole Books méritent bien leur nom, car elles nous chouchoutent et nous offrent l'enregistrement du CD, ici. Vous ne bouderez sans doute pas votre plaisir avec la grande "Marcetta di Roccanaso", une récapitulation de l'histoire sur un rythme de cha-cha-cha, chœur et orchestre. Faut-il regretter que, sur la double page finale de l'album, il n'y ait que les refrains et les deux  dernières strophes de la chanson? N'est-ce pas un excellent exercice de langue que de mettre par écrit les paroles écoutées?

         En tout cas, si les 3 à 6 ans auxquels est destinée cette histoire en re-voudront "encore", de plus grands (6 à 9 ans?) qui auront laissé traîner leurs oreilles se joindront probablement à vos chants.  Sans préjuger des adultes...

 

Il Formichiere Ernesto

textes de Teresa PORCELLA, illustrations de Ignazio FULGHESU,

paru en avril 2018, éditions Coccole Books

ISBN 9788898346905
 48 pages,  13 euros.

MERCI À L'ÉDITRICE POUR LES IMAGES ICI REPRODUITES

 

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Rédigé par Lecturesitaliennes

Publié dans #À LIRE ET À CHANTER

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