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Publié le 16 Décembre 2016

" Un kilo de plumes, un kilo de plomb".... C'est un livre que l'on repère tout de suite au milieu d'une vitrine. Pas qu'il soit spécialement grand - 14 cm x 20 cm - Format pratique. C'est plutôt le dynamisme de l'illustration qui attire le regard, cette jeune fille qui marche, les yeux vers le ciel, ses cheveux noirs ébouriffés par le vent qui soulève son écharpe rose, serrant contre elle son journal intime - diario - vert contre sa veste noire, les quelques touches de rose sur son visage. Dans le ciel deux avions. Les regarde-t-elle,  tout en allant de l'avant?

Puis c'est cette inscription, dans le ciel, comme écrite à la main. En un éclair se rejoue cet épisode que plusieurs d'entre vous auront expérimenté: vous êtes enfant, un grand vous interpelle: - "Eh! Qu'est-ce qui est plus léger, un kilo de plumes ou un kilo de plomb ?" Votre réponse fuse : - "... de plumes, bien sûr!" - "Mais non, ...(noms d'oiseaux)...je t'ai bien eu/e, un kilo etc.." .Vous êtes à la fois très vexé/e, étonné/e de la logique qui vous avait échappé, et admiratif/ive devant ce nouveau concept. Et vous cherchez à votre tour un ou une victime à épater et à instruire.

Et puis (mais ces trois moments que je suis obligée de séparer pour les dire sont en réalité presque simultanés), la curiosité vous fait vous rapprocher, et vous lisez les noms, qui ne sont pas en grands caractères. Les noms de trois Grandes Dames de la littérature - de jeunesse, mais pas seulement - italienne  contemporaine: Donatella ZILIOTTO, Grazia NIDASIO et Bianca PITZORNO !  Impossible de résister!

 

Donatella Ziliotto donne dans ce livre la parole à une jeune Fiamma, qui vit à Trieste, et est en quarta elementare, en CM1, c'est dit dans le titre du premier chapitre. Elle a donc neuf ans, et aurait tellement aimé s'appeler Tonina (Toinon, Toinette), plutôt que ce prénom littéraire que sa mère, un peu snob, lui a donné. Elle a neuf ans, à Trieste, en 1940.

La date, c'est la quatrième de couvertture qui la révèle, mais peu importe: Fiamma vit la guerre, les bombardements, l'incipit du roman nous place d'emblée dans ce contexte: "La lumière s'éteint et se rallume trois fois: pré-alerte". Sans nous laisser le temps d'avoir peur, la fillette saute sur l'occasion, elle prie sa maîtresse de la laisser rentrer chez elle, à deux pas de l'école, sinon sa maman, qui "n'est pas d'ici" et "ne se contrôle pas comme les mamans d'ici" deviendra "folle de peur". Parole de fille, qui se précipite dehors, suivie de sa meilleure amie, sans attendre une vraie autorisation de la maîtresse, pour.... faire du patin à roulettes sur la Grand Place de Trieste, vidée par l'alerte aérienne. Un extraordinaire espace de liberté pour les deux fillettes. " Nous sommes dehors. Temps idéal pour les bombardements: l'air que le vent a rendu tout clair, la mer et le ciel qui illuminent la ville de blanc. Temps idéal pour patiner".Et ce jour-là, pas de bombes.

Si je me suis arrêtée sur ce tout premier épisode, c'est que tout y est déjà: le caractère de Fiamma, sa famille, la ville de Trieste et la guerre.

 

Fiamma se caractérise par sa grande vivacité, son esprit d'observation, sa faculté de saisir l'évènement au bond, son indépendance, et son intelligence instinctive. Plus un grand amour pour les animaux: son chat, son chien, ses lapins clandestins.

 

 

 

 

 

 

La lectrice, le lecteur, jeune ou moins jeune, qui a lu la dédicace avant de commencer " A mes amis d'alors: les amis d'aujourd'hui. A mon chat Puffy, et à mon chien Bibi, victimes de la guerre (...)" en voyant que, si le chat de Fiamma s'appelle Menelao, son chien s'appelle aussi Bibi, comme celui de l'auteure, commence à comprendre que ce récit est autobiographique.

En se renseignant un peu, en lisant quelques articles sur la sortie du livre, il/elle apprend qu'en effet, Donatella Ziliotto raconte dans "Un chilo di piume, un chilo di piombo" ses années de guerre, en se basant sur les journaux intimes qu'elle a tenus régulièrement de 1940 à 1945, justement. "Huit volumes qui", a-t-elle dit, "m'ont aidée à  me rappeller de toutes les plumes qu'il peut y avoir pour un enfant même en pleines années de plomb"

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

 L'image que nous donne Fiamma de sa famille (aidée en cela par la plume de l'auteure) est un vrai régal.

Sa mère, très snob, elle la regarde d'un oeil critique, et découvre pourtant, en écoutant ses conversations avec une amie d'enfance, qu'elle a été une fillette comme elle, aussi difficile que ce soit à imaginer.

Son élégante demi-soeur, à qui elle voudrait tant ressembler, et dont elle pressent pourtant l'admiration vouée au régime fasciste, que ne partage en rien son père, est l'objet de paragraphes assassins et très drôles.

Son père bien-aimé est un personnage très intéressant. C'est lui l'inspiratieur du non-conformisme de la fillette - avec son enseignante d'italien de 6°, Rita Cajola - son vrai nom - l'autre grande figure du livre. L'une des plus belles pages de ce récit raconte le jour où son père, excédé par la fréquence des alertes  aériennes, l'emmène au cimetière plutôt qu'au refuge souterrain - " Alors nous sommes allés  nous promener au cimetière, comme ça, si on mourait , on était déjà sur place" - Il lui parle de poésie et de style "classique" et "baroque" des tombes, dans un autre grand moment de liberté. Ce qui fait le prix de cette page, c'est la façon "décousue" qu'a Fiamma ( et Donatella Ziliotto) de se laisser porter par les associations d'idées qui donnent une grande épaiseur à son évocation.

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

 Pour synthétiser le rapport souvent houleux qu'a Fiamma avec sa famille, il y a l'épisode où elle "squatte" la salle de bain (" On verra bien quand ils devront courir aux wc publics") pour faire accepter son chien Bibi ( "qui aboie après le portrait de Mussolini"). Après de longues négociations "les termes de l'accord ont été signés sur du papier hygiénique passé sous la porte. Puis je me suis rendue, je suis sortie des toilettes."

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

La guerre est constamment présente, avec les bombardements, la faim - la sienne et celle des autres quand son chat entre dans le restaurant voisin et n'en sort jamais plus; le marché noir; les persécutions des juifs - une invraissemblable fräulein Gerta, viennoise, qui devrait lui enseigner l'allemand,  dont on (les lecteurs) comprend qu'elle se cache chez eux.

Et la mort, celle de son chien Bibi, bien que ce soit à la campagne, dans la famille de la bonne slovène, Dani : première période de vie plus facile, d'où la guerre est momentanément absente, mais pas pour longtemps

Celle du grand-père de la famille qui l'héberge, quand elle est envoyée se requinquer en montagne, loin de la ville, tué "pour rien" par des soldats allemands en débâcle. Ce seront pour Fiamma des semaines de total changement, la fin de son enfance, les portes de son adolescence.

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

Il faudrait encore que je vous parle de la présence de Trieste, ville géographiquement, et historiquement, et culturellement très particulière, et très efficacement présente, mais je ne peux trop solliciter votre patience.

Pour ce qui est de Grazia NIDASIO, la grande illustratrice, ses images parlent d'elles-mêmes. De deux choses l'une: soit vous la connaissiez déjà, et vous êtes, comme moi, ravi/es de la retrouver avec tout son humour et son efficacité. Soit vous ne la connaissez pas encore, et vous trouverez ici le lien sur un site, en français (pour une fois, pas de frustration), qui en fait un portrait très efficace et assez complet.

La préface de Bianca PITZORNO donne une dimension personnelle en évoquant les conditions de la rédaction de "Un chilo di piume, un chilo di piombo".  Elle aussi est une très grande dame, à la tête d'une oeuvre considérable et variée, mais ce sera l'objet d'autres Lectures Italiennes.

 

Nous allons nous quitter sur cette image de la jeune Fiamma-Donatella, lectrice boulimique, devenue éditrice et écrivain pour le plus grand bonheur des jeunes, italiens et autres, car elle a beaucoup traduit et été traduite. Et ce n'est que justice que ce livre se soit vu attribuer, en mai 2016, le prix spécial du jury du prix Andersen.

 

Il reste à remercier particulièrement les éditions LAPIS qui ont pris l'excellente initiative de rééditer ce texte illustré paru en 1992, et qui m'ont aimablement permis de reproduire les images illustrant cet article.

 Un chilo di piume, un chilo di piombo n'est pas "un livre de jeunesse". C'est un superbe témoignage que des jeunes de 10/ 11 ans et de moins jeunes sans limite d'âge liront avec grand profit et un énorme plaisir.

Donatella ZILIOTTO (texte), Grazia NIDASIO (illustrations) Bianca PITZORNO (introduction)

Editions LAPIS 1992 - 2016;        120 pages       12, 50€     A partir de 10 ans.

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #ENFANCES

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Publié le 10 Octobre 2013

   GLI ANNI IN TASCA : Giusi  QUARENGHI, Bruno TOGNOLINI  et quelques autres…

A première vue, elle n'a l'air de rien, cette collection. Pour paraphraser le titre d'un de ses volumes (dans un tout autre contexte): "A vederla non si direbbe". Ce sont de petits volumes de poche d'une centaine de pages, couverture souple, 12 x 19 cm, au graphisme simple, en général sans images, hormis une photo de l'auteur enfant à l'intérieur. Tout juste, en bas à droite, la petite souris qui est le logo de la maison d'édition TOPIPITTORI, les célèbres "souris qui peignent", précédé du titre de la collection: (Gli anni in tasca). Que sont donc ces "(années dans la poche)"?

Sur la quatrième de couverture, une précision : "histoires vraies d'enfances et d'adolescences".

Il n'est pas indifférent qu'ait été choisi, pour nommer cette collection de témoignages d'adultes, le titre italien du film de François Truffaut "L'argent de poche"; François Truffaut qui disait, dans une interview, qu'il lui semblait, avec ce film, " réparer une sorte d'injustice, car il n'y a pas de rapport entre l'importance (de l'enfance) dans la vie et le peu de place que lui donne le cinéma". La collection (gli anni in tasca) donne la parole à des "personnes d'âge, de sexe, de nationalité, de profession, d'origine, de classe sociale différentes", pour qu'ils mettent en mots leur enfance. Pour un public de lecteurs, selon les titres, "à partir de sept ans", ou "à partir de douze ans", pour un public de lecteurs, un point c'est tout.

Giusi QUARENGHI

Je ne savais rien de tout cela en achetant mon premier titre. Il était si insolite! "Io sono il cielo che nevica azzurro" - "Moi, je suis le ciel qui neige du bleu " de Giusi QUARENGHI. Qui était Giusi Quarenghi? J'étais bien ignorante, au vu de la bibliographie très fournie que j'ai découverte par la suite.

Giusi Quarenghi nous dit son enfance en neuf chapitres au titre bref et inattendu: - BousesGenoux – Quand je serai grande (plus synthétique en italien: Da grande) – Du dimanche (della festa) - ……… Mauvaisexemple (sic) – Cloches – Mots…

Elle nous transporte dans sa vie de fille d'aubergistes dans un village des alpes bergamasques, dans les années Cinquante. D'un côté, la vie de cette vallée de montagne – prodigieux, le chapitre d'ouverture avec le départ des vaches, venues en camion de la plaine, pour l'alpage, d'où les "bouses" du titre, "boasce" (prononcer "boàché") en dialecte. A la fois exaltation de ce début d'été correspondant à la fin des classes, vacarme des troupeaux et des humains, odeurs, violence aussi du "bâton qui donne la secousse" dont se servent les vachers pour convaincre les bêtes rétives, et cette capacité qu'ont les vaches de "imboasciare", de "embouser" toutes les rues du village, abondance qui fascine la fillette. En même temps, cet état d'exception lui donne des instants de liberté rares et précieux, et déjà apparaît la figure de sa mère, qui mène de main de maître à la fois l'auberge et la maison (le père est une sorte de poète), et éduque ses deux enfants (Giusi et son grand frère) avec rigueur et justice, en explicitant toujours les règles, sans hésiter devant quelques justes fessées. Le lecteur apprendra à la connaître de mieux en mieux, et Giusi sait nous faire saisir avec une grande tendresse, non sans humour, toutes les nuances, parfois contradictoires, du caractère de cette femme.

Aucune nostalgie, dans cette évocation. Mais une plongée dans le vécu d'une fillette déjà indépendante, lucide, qui "nous parle d'un temps que les moins d'soixante ans ne peuvent pas connaître". Et pourtant elle peut y emmener des enfants d'aujourd'hui, par la justesse et la richesse de ses mots, et la vivacité de son récit, et la liberté de son esprit.

J'ai repensé, en lisant "Io sono il cielo che nevica azzurro", à l'album d'Yvan Pommaux sorti en France en 2002 à l'Ecole des Loisirs : Avant la télé. Sauf que le monde d'Yvan Pommaux est citadin, celui de Giusi Quarenghi fondamentalement montagnard. Elle a, dans le chapitre 8 intitulé "Cloches", une très belle comparaison de sa vallée alpine avec une île: " Une vallée tient plus de l'île que du continent. Vous la voyez finir non dans la mer, mais dans le ciel. Et vous savez que l'espace continue, de même que le monde, mais il n'est pas là, il n'y a pas de place, l'assiette est trop petite, elle ne contient pas tout, la plus grande partie reste dehors, ailleurs."

Ici, pas besoin d'illustration, les mots dessinent cette neige bleue qui descend du ciel le jour où la fillette, profitant de l'absence de sa raisonnable de mère, a mis sa plus belle robe "du dimanche", au mépris des conventions familiales, pour fêter le printemps, même s'il neige ce jour-là.

Chaque page a ses trésors. Y compris, parfois, des citations d'auteurs qui sont venus confirmer à l'adulte les intuitions de la fillette. Et le lecteur, surtout jeune, a envie d'aller y voir de plus près.

C'est le livre que je relis quand j'ai besoin de me réconcilier avec le genre humain.

Giusi QUARENGHI, Io sono il cielo che nevica azzurro, (gli anni in tasca), Editions Topipittori , Milano, mars 2010 – 108 pages, 10 €

   GLI ANNI IN TASCA : Giusi  QUARENGHI, Bruno TOGNOLINI  et quelques autres…

Bruno TOGNOLINI

Dans la collection (gli anni in tasca), il y a bien d'autres découvertes à faire – et je suis loin de les avoir faites toutes. Par exemple le livre de Bruno TOGNOLINI que vous connaissez déjà par ailleurs. Ici, c'est Doppio Blu , un Double Bleu comme un double whisky, où l'auteur alterne des discussions hilarantes et philosophiques – ce n'est pas contradictoire – avec son chien, sur la plage, près de chez lui – Al mare col cane - , et des souvenirs d'enfance en très brefs chapitres, trois pages au plus, sous le chapeau d'un mot, là aussi, – les airs – les bêtes - … - les mots - … "le surre", mot de l'argot cagliaritain de son enfance qu'on pourrait traduire par "les roustes"…- les Belles Choses- …

C'est une enfance citadine, cette fois, et l'auteur parle de lui-même à la troisième personne : "Il bambino, quand'era bambino, …." – Le petit, quand il était petit, en se réveillant le matin, se demandait souvent : "C'était quoi, aujourd'hui, la Belle Chose?" – au chapitre huit, par exemple.

Dans le dialogue avec son chien – un chien impertinent et qui ne craint pas de mettre son maître devant ses contradictions – l'auteur essaie, grâce à une réflexion très efficace sur la couleur bleue de l'eau qui, en soi, n'a pas de couleur, de saisir et faire saisir à son lecteur les problèmes que peuvent soulever les souvenirs, leur consistance, leur "couleur". Un petit livre très stimulant.

Bruno TOGNOLINI, Doppio Blu, (gli anni in tasca), Editions Topipittori, Milano, mars 2011, 62 pages, 10 €

   GLI ANNI IN TASCA : Giusi  QUARENGHI, Bruno TOGNOLINI  et quelques autres…

Roberto DENTI

Il y a aussi "Il ragazzo è impegnato a crescere" ( prononcer "créchéré") – "le gamin s'emploie à grandir", de Roberto DENTI, l'inestimable Roberto DENTI, fondateur, avec sa femme, de la première librairie spécialisée jeunesse à Milan, en 1972 – Libreria dei ragazzi , justement. Il a quitté cette vie le 21 mai 2013 à 89 ans, laissant derrière lui toute une collection d'ouvrages pour la jeunesse et pour adultes, et quelques-uns en projet. Dans ce texte de 2009, Denti met en récit son enfance en suivant la chronologie, et en introduisant chaque chapitre par un titre qui rappelle les récits d'aventure du XIX° siècle (mais aussi les titres des nouvelles d'un Boccace, par exemple, dans son Décaméron). Et à chaque fois, il ya "il protagonista, notre héros", et "il lettore, le lecteur", qui participe également du récit. Du premier chapitre "où notre héros vient au monde coiffé, et le lecteur est accueilli chez lui", au dernier "où notre héros s'enfuit de chez lui et le lecteur prend congé de ses aventures", en passant par celui "où notre héros apprend que le pipi peut avoir des vertus magiques et le lecteur se lie d'amitié avec le chien Tito" ; ce n'est qu'un exemple, il y en a douze en tout.

Un vrai journal, où "notre héros" est aux prises avec un père directeur d'école et une mère institutrice, sans compter une grand'mère dictatoriale et de caractère épouvantable, plus une paire de lunettes de myope que ses petits camarades de classe ne se privent pas de commenter, et un frère premier de la classe et beau garçon de surcroît. De quoi lui donner envie de prendre la fuite pour de vrai.

Roberto DENTI, Il ragazzo è impegnato a crescere, (gli anni in tasca), Editions Topipittori, Milano, mars 2009, 103 pages, 10

(gli anni in tasca), ces "années dans la poche" – au format de poche qui plus est – n'ont cessé de s'enrichir, selon la promesse initiale. On peut encore y rencontrer les souvenirs de notre Bernard Friot : Un altro me, un autre moi ; ou d'une Alice Baladan uruguayenne: Piccolo grande Uruguay , et beaucoup d'autres…

Pas étonnant qu'en 2010, Gli anni in tasca se soient vu attribuer le Prix Andersen de la meilleure collection de récits.

   GLI ANNI IN TASCA : Giusi  QUARENGHI, Bruno TOGNOLINI  et quelques autres…
   GLI ANNI IN TASCA : Giusi  QUARENGHI, Bruno TOGNOLINI  et quelques autres…

P.S. Ce thème du récit d'enfance m'a fait reprendre, dans ma bibliothèque, une collection de sept cahiers d'écoliers à l'ancienne, couverture noire, étiquette blanche bordée de rouge. Je les avais un peu oubliés, ils datent, un par an, de 1998 à 2004, leurs titres semblent calligraphiés à la plume, et leur orthographe est parfois fantaisiste. Ce sont les "cahiers de Barbara", "I quaderni di Barbara", que la revue Andersen a offert à ses abonnés pendant sept ans. Coordonnés par Barbara SCHIAFFINO qui n'était pas encore directrice de la revue, ils présentent chacun une cinquantaine de textes (d'une page, rarement plus) où une cinquantaine d'auteurs, illustrateurs, éditeurs et critiques de livres de jeunesse (chacun brièvement présenté) racontent sous toute sorte de formes- texte, dessin, photo commentée, poésie… - un souvenir d'enfance, selon le thème du recueil. Et tous se sont prêtés très amicalement à l'exercice. La mise en page est variée et l'illustration aussi, toujours en noir et blanc, personnelle ou rétro.

D'où une mosaïque fort plaisante, et qui peut éclairer l'œuvre de tel ou tel auteur. Dans "Cera una volta (sic)– il était une fois", ce sont les "premières œuvres", rédaction, poésie, dessin; "La mia biblioteca di squola", les livres qui ont marqué; "Tamo, pio bove", ou "les premières poésies apprises par cœur", avec commentaire d'époque; "A me mi piace", "moi, j'aime", les meilleurs souvenirs de bonnes choses à manger; "Giocavo che ero", les jeux préférés (sans faute, cette fois); "I miei noni" où il s'agit, bien sûr, des "nonni" ou grands-parents; et enfin "Il mio primo battiquore", le premier amour .

C'était une belle initiative où il fait bon revenir picorer de temps en temps.

Dommage qu'ils soient hors-commerce.

Roberto DENTI

Roberto DENTI

En 2006, Giusi QUARENGHI a obtenu le PRIX ANDERSEN de meilleure auteure.

En 2006, Giusi QUARENGHI a obtenu le PRIX ANDERSEN de meilleure auteure.

La voilà pendant le festival de littérature de jeunesse de Albinea, près de Reggio-Emilia.

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