VERNE, ROVEDA,PACI: un nouvel Atlas chez GIRALANGOLO

Publié le 24 Janvier 2022

Nouvelle année, nouvel atlas! Le troisième de la collection offerte par l'éditeur GIRALANGOLO, celui du petit bonhomme qui court voir ce qu'il y a derrière le coin de la rue. Même éditeur, même auteur, même illustrateur.

Vous n'avez sûrement pas oublié le tout premier, le brun : celui des aventures en compagnie d'Emilio SALGÀRI.

Puis, l'année suivante, son jumeau, le bleu: une plongée dans les lieux des grands classiques.

 

 

Celui de cette année endosse un beau rouge dynamique. Toujours le même soin dans la réalisation, le dos toilé et son titre gravé en blanc, la couverture cartonnée de grande robustesse qui supporte les recherches un peu frénétiques... Le même graphisme, évidemment, pour la couverture, avec comme un rappel de celles de l'éditeur  HETZEL qui commença, vous le savez, son activité en 1837, et fut le principal éditeur de Jules Verne : ses éditions originales sont toujours recherchées.  La référence à Hetzel est d'autant plus pertinente que ce nouvel atlas est dédié, vous l'avez remarqué au premier coup d’œil, rien moins qu'à Jules VERNE et ses "Voyages extraordinaires". Le titre s'étire, prometteur en cascade:

"Atlas des VOYAGES  EXTRAORDINAIRES et des moyens de transport insolites pour les réaliser (sans compter les villes bizarres et les engins des plus curieux) - Avec des extraits des œuvres de JULES VERNE, Chevalier de la Légion d'Honneur."   

Remarquons au passage que Verne avait été promu "Officier" de la Légion d'Honneur. En faire un "Chevalier" permet une plus grande symétrie avec son "collègue" et "voisin d'atlas", Salgari.

 

 

          Le choix de Verne de la part de Roveda n'est pas étonnant, quand on a constaté, autour de Salgari,  à quel point il se passionne pour le roman d'aventures et de voyages. Malgré les différences notables entre les deux hommes, à commencer par leurs âges et leurs modes de vie - "voyages d'encre" de Salgari,, voyages réels de Verne -  ils ont entraîné l'un et l'autre, dès la parution de leur premier roman, et jusqu'à aujourd'hui, quantité de lectrices et de lecteurs sur les routes terrestres et maritimes du globe, dans leur langue originale, puis par des traductions dans le monde entier. L'univers de Verne étant par ailleurs encore plus vaste que celui de Salgari, puisqu'il nous entraîne aussi bien au centre de la Terre qu'au fond des océans, ou dans l'espace.

          Trois pages d'introduction, ici aussi, pour donner toutes ses dimensions à l’œuvre présentée, pour faire mesurer, même sommairement, l'ampleur à la fois de l'imagination de Verne, mais aussi de sa culture scientifique: " Immaginazione e fantasia vanno a braccetto con geografia e scienza; il ricorso di Verne al fantastico, immaginare cose mai viste e fino ad allora impossibili, è, infatti, sempre nutrito da una curiosità ben informata dell'autore sulle novità tecnico-scientifiche e le acquisizioni geografico-astronomiche del proprio tempo" - "L'inventivité et l'imagination vont la main dans la main avec la géographie et la science; le recours de Verne au fantastique, imaginer des choses jamais vues et jusqu'alors impossibles, se nourrit toujours, en effet, de la  curiosité de l'auteur qui s'informe sans cesse sur les nouveautés tecnico-scientifiques et les progrès géographiques et astronomiques de son temps".

 

La ville flottante de "L'île à hélice" 1895.

          Et puis, toujours comme dans les atlas précédents, c'est le départ: "TUTTI A BORDO !", avec le choix de la stratégie: feuilleter et se laisser captiver par les images d'abord, ou /puis choisir une destination, sur le planisphère ou dans le sommaire qui ouvre l'atlas. Pour chaque texte, on a la destination (... Africa... Oceani ...Sistema solare....), le titre de l'extrait - créé pour l’atlas -, et le titre italien du roman dont l'extrait est tiré. Dans le cours du livre, par contre, le titre italien du roman est toujours suivi du titre français et de la date de sa première parution.

          Les illustrations de Marco PACI  (déjà mises en œuvre dans l'article consacré au monde sous-marin de Vingt Mille Lieux sous les mers, dans le deuxième atlas ) s'adaptent fort bien à la grande diversité des pays et des modes de transports mis en scène par VERNE dans ses romans.                                                                                                       

 

 

 

              ...Tant la simplicité de la roulotte de la famille Cascabel - mais le décor qu'elle traverse est menaçant, par la dimension des sapins et plus encore des montagnes qui l'entourent - (César Cascabel, 1890)...

 

 

 

 

 

 

... que la complexité mystérieuse du fond de l'océan où évolue le sous-marin du Capitaine Nemo  (Vingt Mille Lieux sous les mers, 1871)...

 

 

 

                 

...Tant les espaces glacés du Grand Nord, traversés au galop par les attelages de traîneaux , qui traversent également la double-page consacrée au Pays des fourrures (1873), avec les subtils effets évoqués par le texte, du soleil, bas sur l'horizon, et de ses reflets sur la neige  (le blanc étant réservé, on s'en doute, au texte et aux croquis dont nous allons préciser le rôle)...

 

                      ...que le monde fantastique de la jungle des Indes, avec sa moiteur et sa lumière végétale, ses ruines fantômes, sous la domination de sa Seigneurie le Tigre, mais traversé, lui aussi, bien que l'évocation en soit lointaine, par un train à vapeur qui emmène et protège les humains du Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)... 

                                                                                                                                                                       

Cette somptueuse image s'étalant sur trois pages, le tiers de droite se rabattant sur le tiers central.

 

 

 

 

 

 

On la découvre en dépliant l'extraordinaire et facétieux éléphant Kiouni qui transporte Philéas Fogg et Sir Francis Cromarty dans leurs cacolets, ainsi que les joyeuses cabrioles du valet Passepartout.

 

 

 

 

 

           Vous avez ici, grâce aux images que, une fois encore, les éditions Giralangolo nous offrent - un grand merci à Raffaella B.-  une idée de la richesse magnifique du travail de Marco PACI dans ce nouvel ouvrage et du soin des reproductions dans l'album.

 

 

          Une fois encore, le travail d'Anselmo Roveda était très délicat: quels romans choisir parmi les soixante et quelques de la série des Voyages Extraordinaires? Une fois déterminés les romans, quel passage, qui, en une vingtaine de lignes, puisse donner une idée du caractère de chacun d'eux , et l'envie de le lire en entier? Et encore: quelle succession choisir dans leur présentation ?

             La succession semble chronologique (presque toujours). Mais ce n'est pas pure chronologie que de commencer cette invitation au voyage par le superbe texte du début de Cinq semaines en ballon (1863), où, malgré les inévitables données techniques de l'altitude de vol du ballon, la description de la vue aérienne (encore exceptionnelle dans ces années-là,ne l'oublions pas) de l'île de Zanzibar, des couleurs, des sons devenus petit à petit simples vibrations, le tout dans un silence que nous ne connaissons plus, est de la pure poésie... Silence rompu par le cri de joie du jeune serviteur Joe:" Quanto è bello!"  .

                 Une autre caractéristique de la suite des textes est l'effet de surprise, de contraste, lorsque l'on tourne la page: par exemple, après le vaste ciel lumineux  où évolue le ballon à peine cité, voici un trio, encore à pied et à cheval dans un paysage d'herbe et de montagnes, sauvages, où il semble faire froid. Mais... ouvrez cette image, et, comme l'annonce le titre, vous vous retrouvez dans les entrailles de la terre (voir deux images en-dessous). Un peu plus loin, vous passez des mers arctiques à l'espace autour de la lune....

                     Ou encore d'une "leçon de baleine" donnée par le Capitaine Hull, au jeune Dick, en plein océan - Un capitaine de quinze ans ( 1878) ...

...à une description terrifiante d'une ville exclusivement minière et sidérurgique, la Stahlstadt des Cinq cents millions de la Bégum (1879)...

          Il faut vraiment aller y voir, une page après l'autre, pendant soixante-six pages...

 

           Une autre qualité à souligner, que l'on trouvait déjà dans la mise en page des atlas 1 et 2: c'est le rôle des croquis, comme vous pouvez le constater sur la double (triple car l'illustration est dépliée...) page ci-dessus. Ces croquis pourraient avoir été réalisés par les voyageurs, en préparation, ou en journal de leur voyage. Ils illustrent le texte de Verne, pas forcément la lettre de l'extrait choisi, mais son contexte, et la précision scientifique de l'auteur soulignée plus haut. Ici, pour explorer le centre de la terre, une paire de chaussures très robustes, un "déclinomètre" ou "boussole de déclinaison" (comment faisions-nous avant Wikipédia???), et, (pour l'éclairage?), une "pile Bunsen", une "bobine de Ruhmkorff" et un "tube de Geissler" avec ses électrodes et son serpentin interne... Plus, en bas, une "boussole d'inclinaison"... De quoi ravir les jeunes savantes et les jeunes savants ... Là encore, c'est pareil à chacune des seize destinations proposées.

                Enfin, il faut souligner la qualité de la traduction des extraits, réalisée par Roveda pour l'Atlas. Il me semble qu'elle apporte au texte de Verne, parfois un peu "rêche" malgré son enthousiasme, une musicalité qui le rend apte à une lecture à haute voix convaincante.

                 On pourrait imaginer une lecture dans le cadre de cours d'italien langue étrangère, pour adultes avancés, qui en tireraient grand plaisir. Et même à de plus jeunes apprenants? Ce qui est certain, c'est que cet Atlas constitue, pour l'école italienne, un album qui complète à merveille les livres de textes "officiels".

                 Pour compléter l'information des lectrices et lecteurs de tout âge, à la fin du volume on trouve, "a propòsito delle storie", une notice qui donne le résumé de chaque titre. C'est précieux, car si certains titres sont universellement connus - grâce souvent aux films qui en ont été tirés ... Vingt mille lieues sous les mers ...Le tour du monde en quatre-vingts jours, etc... - d'autres le sont beaucoup moins ... Le pays des fourrures... Robur-le-Conquérant...La maison à vapeur...

Et on peut dire qu'il y en a pour tous les goûts. Explorez votre Médiathèque favorite!

 

             Quittons-nous sur la citation retenue pour clore ce voyage en compagnie de Jules VERNE:

"Si possono sfidare le leggi dell'uomo  -  On peut défier les lois humaines

ma non si può resistere alle leggi della natura - mais on ne peut résister aux lois de la nature

Ventimila leghe sotto il mare - Vingt mille lieues sous les mers

 

 

 

ATLANTE DEI VIAGGI STRAORDINARI  DI JULES VERNE

a cura di Anselmo ROVEDA , illustrazioni Marco PACI

EDT - GIRALANGOLO EDITORE  - 4 novembre 2021

66 pages - Relié  - à partir de 7 ans - 19€50

EAN: 9788859279204

 

 

 

 

Pour approfondir (en italien...):

Une présentation par Anselmo ROVEDA, pour la RAI.

 

QUE L'ANNÉE 2022 NOUS SOIT BONNE,

À NOUS TOUTES ET TOUS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Lecturesitaliennes

Publié dans #VOYAGES

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