À TABLE! A TÀVOLA! - 3 - DESSERT.

Publié le 12 Novembre 2016

- Et comme dessert (en français et en italien)? - Quoi de mieux qu'un bon conte traditionnel? Il y a justement un grand album à la couverture joyeuse, chez Franco Cosimo Panini : LA FIABA È SERVITA! Cibi incantati dall'Italia. C'est à dire: Le conte est servi! Merveilleux mets d'Italie.

Dix contes traditionnels qui ont en commun d'évoquer "le manger", sous dix aspects différents, et illustrés par dix illustratrices italiennes différentes.

Couverture de Giulia ORECCHIA

Couverture de Giulia ORECCHIA

C'est Luigi DAL CIN qui les a - comment faut-il dire? - écrites, réécrites, retranscrites? Luigi Dal Cin a une riche bibliographie à son actif, dont beaucoup d'albums de contes traditionnels du monde entier. Beaucoup chez Franco Cosimo Panini, mais pas seulement

Pour ce recueil-ci, les textes sont variés, tant par leur provenance régionale - qui n'est pas indiquée, mais on reconnaît certaines origines; - tant par leur longueur - de deux à cinq pages;  que par leur thème.

Il y a le grand méchant Barba Zucòn, un Tonton Têtu, une sorte d'ogre, qu'une mère et sa fillette arrivent à tromper dans une histoire de délicieux beignets, le frittelle. Il y a la strega, la sorcière pas très futée, qui voudrait bien faire son dîner, la cena,  de deux fillettes, mais elles sont sauvées par une femme qui fait frire... des "zèppole" - encore des beignets, méridionaux cette fois.

 

 

Illustration de Anna FORLATI

Illustration de Anna FORLATI

Il y a les ustensiles de cuisine: la padella màgica,  la poêle magique donnée par un nain de la montagne à une fillette courageuse et généreuse qui a partagé avec lui son bout de fromage; la poêle se remplit tous les soirs pour nourrir la famille nombreuse. Ou encore Pentolino, "Petit Faitout", quatrième fils d'un pauvre cordonnier, né, "on ne sait pas comment, au lieu d'être un bébé, c'était un petit faitout de cuivre avec son couvercle". Il est très entreprenant, va de cuisine en château, raisonne et réagit, met et ôte son couvercle, et réussit à se faire embrasser par la belle Ondachiara et alors.....

Il y a les plantes magiques:  I tre limoni, les trois citrons, variante de l'Amour des trois oranges, ses blondes princesses assoiffées et la vieille sorcière jalouse. Et puis Rosmarina, la Romarine bien connue grâce à Italo Clavino, la belle cachée dans un plant de romarin.

 

Illustration de Simona MULAZZANI

Illustration de Simona MULAZZANI

Il y a l'acqua della vita, l'eau de la vie que le jeune prince courageux va chercher chez le terrible magicien dans son palais de cristal, pour guérir son père. Il réussira grâce à ses trois soeurs et ses trois beaux-frères.

Qui dit "manger" dit "digérer". Cet aspect n'est pas négligé, dans un petit conte gentiment irrévérencieux, où un fiancé fait la leçon à sa fiancée un peu trop maniérée grâce à l'erba petonella... eh oui, fiez-vous aux trois premières lettres...

Il y a aussi la faim inépuisable du loup balourd et du renard malin, concurrents inégaux et cependant inséparables, depuis les fabliaux du Moyen-Age.

 

Illustration de Lucia SCUDERI

Illustration de Lucia SCUDERI

Et surtout, il y a l'histoire pétillante de Petizzo senza pizza, le jeune écolier qui ne va jamais à l'école sans sa pizza préparée par la mamma. (Aujourd'hui, ce sont les concierges des écoles qui préparent de (souvent) délicieuses pizzas - pardon, pizze - pour la récréation de onze heures). Et voilà que, dans une cascade d'impossibilités qui a sans doute un nom technique, du type de l'histoire de "la chèvre qui ne veut pas sortir du chou" de la chanson, Petizzo ne veut pas aller à  l'école sans sa pizza. Et toutes les aides demandées par la mamma restent vaines. Dans un feu d'artifice de rimes en -izza, -azza, -azze, et des sprizza e des spruzza, qui se déroulent puis se réenroulent,  "Petizzo senza pizza finalmente va a scuola". Ce type d'histoire, fréquent dans la tradition populaire,  ravit les plus petits qui peuvent entrer dans le récit grâce aux phrases qui se répètent en tiroirs et leur permet d'unir leur voix à celle du conteur.

Illustration de Giulia ORECCHIA

Illustration de Giulia ORECCHIA

Le style de Luigi Dal Cin, dans ce recueil, est délié, proche de l'oral, sans être simpliste, s'adaptant également au caractère de chaque conte. Il ne craint pas d'utiliser le passé simple aujourd'hui presque abandonné dans la langue parlée: ses formes accentuées donnent à l'action quelque chose de définitif qu'aucun autre temps ne rend - au hasard d'une page: "salì, arrivò, trasformò etc". Pour qui veut les lire à haute voix, c'est un régal (ne sommes-nous pas au dessert?).

D'autant que les illustrations sont grandes et bien "lisibles". Comme vous l'avez vu, les textes sont insérés dans les images, qui fonctionnent sur la double page. La variété des styles des dix illustratrices est donc cohérente, et La fiaba è servita constitue un excellent réservoir de lectures à haute voix.

LA FIABA È SERVITA de Luigi DAL CIN

Illustrations:A.Abbatiello, G.Atzeni, F.Chiesa, I.Faccioli,  A.Forlati, S.Mulazzani, G.Orecchia, V.Petrone, T.Romanin, L.Scuderi,

Editions Franco Cosimo Panini.  2015.

Collection: Immagini della fantasia

40 pages, relié, 24 cm x 30,5 cm - 14€

A partir de 5 ans

MERCI A L'EDITEUR POURLES REPRODUCTIONS DES IMAGES;

Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

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