Publié le 18 Avril 2017

Les semaines ont passé. Avril est arrivé, avec, entre autres, la Foire Internationale du Livre de Jeunesse de Bologne, du 3 au 6.

- Alors -  me direz-vous -  quelles nouveautés?

Vous avez dû vous en rendre compte, Lectures Italiennes ne vous tient pas au courant des nouvelles parutions. Elles sont nombreuses, et "ensevelissent" en quelques années de beaux albums qui restent pourtant au catalogue. Ce sont ces titres, peut-être pas rencontrés au moment de leur parution,  que je veux rappeler avant qu'ils ne disparaissent. Les nouveautés ont beaucoup d'autres lieux de recension.

Vous le savez, l'espace de Lectures Italiennes reste modeste.

Pour vous signaler, même sommairement, des livres ou des albums que j'ai appréciés mais ne peux vous présenter en détail, je vous proposerai de temps à autre ces pêle-mêle. Toutefois, pour faciliter la lecture, en particulier pour les responsables de bibliothèques, je regrouperai les titres par tranches d'âge. Pure comodité, car vous savez bien que ce n'est pas une notion "scientifique".

 

PÊLE-MÊLE - 1 : Lus et appréciés

Si può ( On peut), de Giusi QUARENGHI, illustré par Alessandro SANNA, Franco Cosimo Panini Editore, 2001 - 30 pages -11€ -  Dans la collection pour les tout-petits Zero-Tre (03), un album de carton robuste. Giusi Quarenghi, dont nous connaissons maintenant le style vif et profond, raconte en vers tout ce qu'on peut faire et ne pas faire. Le NE PAS est important. Le trait de Alessandro SANNA met parfaitement en images le vent de liberté qui souffle dans ces pages.Voir ici.

NB. Pour l'instant il est indisponible. On espère sa réédition. Ou bien le chercher d'occasion sur Internet...

I bestiolini(Les p'tites bestioles), texte et images de Gek TESSARO, Franco Cosimo Panini Editore, 2015, 48 pages - 12,50 €. Encore un album, souple, pour les tout-petits, et qui fait craquer tous les grands. Le monde des p'tites bêtes (pas que...), le rapport d'échelle, la place de chaque bestiole (et la nôtre), en rimes hilarantes et tendres. Et bien sûr les images éclatantes de Gek. Il en fait aussi un spectacle de dessin en direct sur rétroprojecteur, avec accompagnement musical. C'est magique.

A partir de 4 ans: Un Compleanno nella giungla (Un anniversaire dans la jungle), texte de Simona MIOLA illustré par Daniela VOLPARI, EDT Giralangolo Editore, 2016. 24 pages - 13,50 €. Dans la collection Sottosopra que nous avons déjà rencontrée, l'histoire de l'exploratrice Béatrice, qui a eu tout son équipement pour ses cinq ans, et part immédiatement explorer la jungle du jardin des voisins. Les illustrations, qui rappellent un peu les bd japonaises, rendent compte des transformations que notre héroïne "voit" durant son voyage. Simple et drôle, et fidèle au but du prix reçu en 2016: Narrare la parità ( raconter la parité). Voir aussi ici.

 

PÊLE-MÊLE - 1 : Lus et appréciés

                                                                                                                                                  

 

A partir de 7 ans:

Paglierina Testadipaglia (Blondinette Têtepaillette) de Rossana DEDOLA, illustré par Maria Coviello.     Felici Editore, Junior, 2010 - 150 pages - 15€.

Voilà un livre parfait pour les lectures du soir: trentre-trois chapitres, une farandole de personnages plus pittoresques les uns que les autres, aux noms pleins de fantaisie (on pense aux personnages de Roald Dahl). Un village des Alpes perdu dans la neige, et la nécessité de sauver la jeune Paglierina Testadipaglia enlevée par le féroce Pierlosco Tagliola et ses vingt et uns renards rouges. Du suspens, beaucoup d'humour, des rebondissements. On aimerait pouvoir le lire en français.

 

A partir de 7 ans:

I tre topi vanno a Londra  de Rossana DEDOLA, (Quand trois rats s'en vont à Londres)    illustré par Giulio PERANZONI    Felici Editore, Junior, 2011, 115 pages, 12€

Où l'on retrouve l'humour de l'histoire précédente, dans un contexte contemporain, et encore plus débridé, avec un rythme de dessin animé  ( et quelque chose d'anglais, une fois encore, genre Wallace & Gromit). Entre Rome et Londres, un groupe d'enfants croise la route du sinistre Topazio Nazer et ses trois rats. Les chapitres sont courts et haletants, cocasses, la lecture à voix haute peut être très théâtrale.Idéal pour égayer les jours de pluie.

                                                                                                                                                    A partir de 8 ans: L'Ululato del Lupo ( Le hurlement du loup), de Anselmo ROVEDA, illustrations de  Ilaria GUARDUCCI, chez COCCOLE BOOKS, 2016       63 pages, 10€.

Dans la collection "green" de cette dynamique maison d'édition calabraise que vous connaisez déjà (Una vita da somaro), par un auteur qui vous est maintenant très familier  (Vallo a spiegare a Nino et  Al lavoro! rien que chez le même éditeur), une histoire de loup. Ou comment une  sortie écologique pour écouter le loup en montagne se transforme, pour la petite bande d'amis du quartier de Santa Brìgida, en enquête sur la mystérieuse disparition des moutons du vieux Fernando. On entre de plain-pied aussi bien dans la vie quotidienne des enfants que dans cette aventure hors ducommun. Plus un glossaire et un dossier bien documenté sur l'animal.

Il semble que, malheureusement, l'épisode précédent  : L'ombra del lupo (2012), ne soit plus au catalogue, quand l'éditeur s'appelait encore Còccole e Càccole.....Peut-être sur Internet?

Deux belles critiques (en italien....)

 

PÊLE-MÊLE - 1 : Lus et appréciés

                                                                                                                                                                                        A partir de 9 ans:

Un pittore di nome Leonor, de Corrado PREMUDA, illustré par Andrea GUERZONI, Editoriale Scienza, 2015  -  92 pages - 12,90€

De Trieste à Paris, via Milan,l'enfance et l'adolescence d'une grande artiste, Leonor FINI: vie peu commune pour un caractère peu commun, dans la Trieste du début du XX° siècle. Le jeune lecteur suivra la formation de cette fillette décidée à tout pour réaliser sa vocation de peintre. Il la suivra dans le monde culturel de Trieste, verra comment l'histoire familiale et le milieu dans lequel évolue sa mère ont contribué à  lui donner le style qui deviendra le sien. Sa curiosité ainsi éveillée lui permettra de chercher à connaître, puis à comprendre, un peu plus tard, l'oeuvre picturale de Leonor Fini. C'est de l'excellente vulgarisation - la spécialité de Editoriale Scienza, vous le savez déjà.

 

De 9 à 11 ans:                                                                                                                           

Le parole scappate (les mots qui s'enfuient), de Arianna PAPINI  pour le texte et es images, chez Coccole Books - 2014  -             51 pages  -  12€

Nous sommes dans une collection qui ne craint pas les sujets douloureux (voir dans les archives, la maladie  ou la mafia), toujours confiés à des auteurs/es de talent. Le monde vu par un petit garçon dislexique, et sa grand'mère malade d'Alzheimer. Les voix du récit s'alternent, Arianna Papini donne des mots à ces deux êtres qui n'arrivent pas à parler. Ses images très particulières expriment bien les mondes apparemment incommunicables, et qui pourtant trouvent des manières de vivre avec ( et grâce à ) d'autres. Un récit très prenant, une typographie qui aide la lecture, et des images "rêveuses" qui aideront les lecteurs à dépasser leur angoisse et à parler avec des adultes.

PÊLE-MÊLE - 1 : Lus et appréciés

RAPPEL:

Les sujets de pâte à modeler qui illustrent ce blog, ainsi que l'alphabet du fond, sont l'oeuvre de Antonietta MANCA.

Vous pouvez en savoir plus en lisant la "PAGE" (colonne en haut à droite)

"Elle illustre ce blog"

Qu'elle en soit encore et toujours remerciée!

 

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #LU ET APPRECIE

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Publié le 17 Février 2017

Oui, une bonne nouvelle pour celles et ceux, non italianistes, qui avaient été très frustré/es, en février dernier, de ne pas pouvoir apprécier l'humour du texte de Io sono un cavallo, de Bernard FRIOT et Gek TESSARO. Bernard Friot a pensé à eux - après tout, il est d'abord un auteur français. Il a donc réécrit en français l'histoire drôle et surréaliste du chameau qui change de vie, et les éditions LA JOIE DE LIRE l'ont publiée, toujours, bien évidemment, avec les ineffables illustrations de Gek Tessaro.

Les deux albums peuvent maintenant se tenir côte à côte dans votre bibliothèque, promesse de lectures en stéréo bilingue (et en Cinémascope!).

 Je n'ai pas eu cette version française entre les mains, mais fais une confiance totale au style réjouissant de Bernard Friot.

Moi je suis un cheval. Texte de Bernard Friot, illustrations de gek Tessaro.

La joie de Lire 2016;              32 pages           Format 23 x 30 cm     13€,90

A partir de 4 ans

ISBN : 978-2-88908-322-0

 

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #PAS LU - MAIS...

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Publié le 23 Janvier 2017

C'est encore une surprise de la Nouvelle Année. Non seulement l'ami est inattendu, mais encore il vous offre ses aventures en pas moins de six langues: italien, allemand, anglais, bulgare, espagnol, français. Chaque fois dans une version bilingue....

Mais procédons par ordre!

 

 

 

 

 

L'ami inattendu, c'est Léo, l'araignée ( en italien, "Leo, il ragno") qui joue dans l'arbre au- dessus de la fourmillière de Véra, la jeune fourmi très curieuse. La sympathie est immédiate, et ils se mettent à jouer ensemble.

 

 

Mais les grands ne l'entendent pas de cette oreille. Fourmis soldats ou maman-araignée, tous défendent aux deux amis de se retrouver, car " Les fourmis et les araignées sont différentes" ou encore: "Elles ne sont pas comme nous".  Des deux côtés, on casse sévèrement l'élan de leur entente.

 

 

Il faudra une inondation et le risque de mort pour le peuple des fourmis pour que les grands se laissent convaincre d'aider et de se laisser aider.

 

 

 

Et les préjugés seront dépassés; les jeux et les activités communes de Véra et Léo pourront reprendre sous le regard bienveillant de leurs aînés.

L'histoire est simple, immédiatement accessible, et répond très directement au but de son auteur, Stefano MONTANARI : " Un conte sur la différence, qui entend aider les enfants à concevoir le respect de l'autre".

Stefano MONTANARI, nous dit la notice du livre, travaille depuis plus de vingt ans dans le domaine des droits de l'homme, et notamment ceux des enfants. A travers l'éditeur florentin  MULTIMAGE, UN AMI INATTENDU - UN AMICO INATTESO  inaugure une collection qu'il a intitulée L'Isola che c'è  (L'île qui existe, en contrepoint à celle de Peter Pan,  L'isola che non c'è, chanson célèbre du napolitain Edoardo Bennato).

 

Le style des versions italienne et française manque peut-être encore un peu de souplesse, mais ce péché véniel est largement compensé par la verve des illustrations de Mauro CICARÈ,  vous le constatez sur les reproductions que vous avez sous les yeux. Merci pour la possibilité de les reproduire ici.

Le soin de l'édition est à signaler, tant pour la  qualité des images que pour la lisibilité du texte, dans un format facile à partager à l'occasion d'une lecture à haute voix (20,50 x 32,50 cm).

Mais la vraie originalité de cette lecture est que chaque livre est bilingue, dans toutes les combinaisons possibles (ou presque...)  des six langues que je vous signalais au début. Contrôlez sur le site de l'éditeur.  Une aubaine pour les bibliothèques.

Et, une fois n'est pas coutume, voici les librairies où vous pourrez retrouver Un ami inattendu, dans la combinaison de langues que vous souhaiterez, en Italie, en Allemagne et en France:

En Italie:

- Macerata : Bottega del libro

- Rome: Explora - Il Museo dei Bambini di Roma.

En Allemagne:

-  Freiburg: Jos Fritz  Buchhandlung

- Kehl: Buchhandlung Baumgärtner

En France:

- Strasbourg:   -  La Bouquinette

                        -  Librairie du Monde Entier

- Schiltigheim:   Librairie Totem.

Alors, faites jouer vos enfants avec Véra et Léo !

UN AMICO INATTESO, texte de Stefano MONTANARI, illustré par Mauro CICARÈ,

Multimage 2016                36 pages                12 €

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE, #TEMPS PRESENT

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Publié le 6 Janvier 2017

Aujourd'hui, 6 janvier, c'est l'Epiphanie ( et non pas le dimanche 8, comme disent les vendeurs de galettes des rois), et en Italie, beaucoup le savent, c'est la fête des enfants: La Befana.

Pour l'occasion, et en guise de voeux de Bonne Année 2017, quoi de mieux que cet album exceptionnel, au sens propre du terme, qui nous a été offert en 2016 par les éditions IL CASTORO : CIAO CIELO .

Pourquoi exceptionnel? A l'origine, c'est un album américain, des vers de Dianne WHITE et des images de Beth KROMMES. Il n'est pas dans mes habitudes de vous parler d'albums traduits. Mais ici, vous lisez sur la page de garde :"Traduction poétique de Bruno TOGNOLINI". Et ça change tout.

Bruno Tognolini? Mais oui, Rime di rabbia, en octobre 2011, ou encore les comptines de Mamma Lingua, en décembre de ce même 2011. Bruno Tognolini, le "poeta per bambini e per vecchi" qui a écrit encore tant d'autres textes poétiques dont vous trouverez mention sur son site. Que dit-il de Ciao Cielo? " Ce livre, bien que je n'aie fait que le traduire, figure sur mon site car je le sens tout autant mien que ceux que j'ai créés de toute pièce". Et c'est pour la même raison qu'il se trouve sur cette première Lecture Italienne de 2017.

Feuiiletons-le d'abord, cet album de 23 cm x 30, couverture rigide, beau papier épais qui rend justice aux illustrations de Beth KROMMES

 L'histoire est toute simple, c'est une journée dans une ferme, au bord de la mer, avec son potager, deux chiens jumeaux, un chat, une maman qui s'occupe tant de la lessive que des chevaux, une fillette, un bébé, une jument et son poulain, un élevage de cochons, un papa qui s'occupe tant des chevaux que des enfants, des canards, des canetons ... un quotidien simple et riche de détails.

 

Et voilà qu'arrive un orage, pluie, vent, tonnerre, déluge, boue. Mais ce n'est pas la fin du monde, la pluie s'éloigne petit à petit, on peut jouer dans  la boue et les flaques, puis le soleil revient, pour se coucher, et faire place à une nuit multicolore, féérique et paisible, où reprendre des forces pour le lendemain.

Histoire idéale pour une lecture de la bonne nuit.

Le regard de l'ilustratrice passe des détails aux vues aériennes, chaque double page est un monde à explorer, en suivant son trait si caractéristique.

 

Mais je vais emprunter, qu'il me pardonne, ses mots à Bruno Tognolini pour parler du charme de ce livre, que vous avez déjà saisi en regardant les illustrations ci-dessus. Il s'est confié à son éditeur, à l'occasion d'un atelier organisé en juin sur le thème " Traduire en vers à travers des images" :

"Une expérience de traduction enchanteresse. Non, pas traduction, car je ne suis pas traducteur, et même je me sens un peu embarrassé devant les vrais traducteurs. Mais il s'agissait de mettre en vers italiens un livre d'un charme sans pareil: une offre que je ne pouvais refuser sans offenser Madame la Beauté. C'était BLUE ON BLUE, vers de DIANNE WHITE et illustrations de BETH KROMMES, qui s'est vue attribuer la Caldecott Medal.

Bref, je l'ai fait. Et ce fut une promenade miraculeuse. Comment, me demandais-je, un livre arrive-t-il à dire dans des formes aussi légères et brèves et douces, juste ceci: un jour il a plu, et puis il n'a plus plu; et donner l'impression à celui qui feuillette, sous le charme, qu'on parle du monde entier, de l'ensemble du temps, de l'ensemble des gens? Comment fait-il? Et moi, qu'est-ce que je peux faire, face à cela? Je peux faire comme d'habitude. Je m'assieds et j'écris. Mais je dois écrire avec dévotion, avec respect, tel que c'est, avec ce chant et ce charme. Mais en italien. Ce livre mériterait aussi le récit de la migration d'un royaume à l'autre, de la langue anglaise à la langue italienne – et pour être plus précis: entre les trois, car les images ont souvent eu le rôle de la Terre du Milieu – avec des doutes, des désarrois, des diversions, des alternatives abandonnées, etc. D'après moi, ce livre le mérite. Il mérite que l'on présente au public le parent qui est caché derrière, les belles rimes anglaises d'où il naît".

Si vous êtes des curieux du passage d'une langue à l'autre, Tognolini vous offre les deux textes l'un en face de l'autre, sur son site de Alice.

Voilà, c'est un livre à lire à voix haute, tout en dégustant les images. Les vers - au maximum quatre par double page - disent le temps qui change, le déluge, et puis le calme progressif, jusqu'à la nuit. Tognolini a utilisé plusieurs fois, dans son entretien et dans l'album, le mot "incanto", charme, enchantement. Et c'est bien de cela qu'il s'agit.

Vous pourrez le feuilleter, bien qu'en petit format, sur le site de Il Castoro, ou encore lire (en italien...) une fort belle récension avec de belles grandes illustrations, sur le site de Lettura Candita (là aussi, merci à Bruno qui la signale).

Mais rien ne remplacera l'album en vrai, j'allais dire "en chair et en os". Qui, on peut le signaler, a été parmi les vainqueurs du Premio Gianni Rodari 2016 cet automne.

C'est l'album qui vous apaisera et vous redonnera des forces quand les nouvelles seront trop éprouvantes autour de vous.

 CIAO CIELO de Bruno TOGNOLINI

Vers originaux de DIANNE WHITE

Illustrations de BETH KROMMES 
Traduction  poétique de BRUNO TOGNOLINI

Edizioni IL CASTORO, mars 2016
Relié, couverture rigide, 48 pages illustrées, 13,50 Euro

A partir de 4 à 5 ans.

 

BONNE ANNEE 2017 A VOUS!

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #A VOIX HAUTE

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Publié le 21 Décembre 2016

Pour Noël, je vous propose une lecture inhabituelle. Dans un album superbe et surprenant, des poésies.

Des poésies inspirées des Psaumes (Salmi) de la Bible, réécrits "per voci piccole, pour des voix petites". Le titre : Ascolta. Le point d'exclamation n'est pas écrit, mais c'est un impératif, "écoute!", sans aucun doute. - Sans aucun doute? Que fait donc le petit garçon assis tout seul, les pieds dans le vide, à l'étage de cette étrange maison de poupée en couverture ? Il écoute ou il interroge?

A simplement parcourir les poésies du recueil, on voit tout de suite qu'elles mettent en présence un "je", "io" et un "tu" , tour à tour interpellé, contesté, aimé, supplié, exhalté. Les titres, pour la plupart, reflètent  ce dialogue: "TU, NOI"; "FINO A QUANDO ? = jusques à quand? ";METTIMI IN SALVO = Mets-moi à l'abri; "ASCOLTAMI E DIMMI PERCHÈ = écoute-moi et dis-moi pourquoi.". Je partage ces mots de l'auteure qui dit que "il n'y a pas de "je" sans l'expérience d'un "tu" à qui s'adresser, d'un "tu" qui écoute".

 

 C'est Giusi QUARENGHI. Vous la connaissez désormais, quand elle écrit  des contes traditionnels , des poésies-berceuses, le récit de son enfance.  Dans Ascolta, elle reprend le dialogue qui, dans  les Psaumes de la Bible, est celui de David avec Dieu, David le petit berger courageux ou David le roi-musicien, parfois tyran, parfois généreux. Elle a été frappée par ces textes, elle le dit à la fin de l'album : "Des hymnes, des prières, des louanges, des plaintes, des supplications, des menaces, des accusations, des effusions, des déclarations et des demandes d'amour, en forme de poésie, en chant et en danse, souvent accompagnés d'instruments de musique : c'est ça, les Psaumes; depuis environ trois mille ans, depuis que l'on a commencé à les dire, en hébreu, la langue où ils sont nés, pour en arriver, en passant par le grec, le latin et l'arabe, à être dits dans toutes les langues du monde".

Elle est sensible au fait que tous les sentiments humains, toutes les émotions y sont présentes. Et elle les sent comme des mots dits par des "petits", des enfants, en direction des "grands", les adultes qui les entourent et dont, en grande partie, ils dépendent. Dans une interview, elle dit même que "si les contes sont un catalogue des destins humains, comme dit Italo Calvino, les Psaumes sont un catalogue de sentiments d'expérience, et ils offrent "les mots pour dire" ces sentiments, dans leur profondeur".

 

 

 

Et c'est exactement le sentiment que provoque la lecture de ces poèmes. Giusi Quarenghi  a choisi 40 psaumes parmi les 150 de la Bible. Elle les écrit dans sa langue limpide, vigoureuse, qui est celle de ses poèmes pour adultes également ("Nota di passaggio", par exemple, petit recueil publié en 2001 chez l'éditeur Book). Chaque mot ulilisé est compréhensible par un enfant, une "voce piccola". Ce qui fascine et appelle la lecture à voix haute, c'est, une fois encore, comme dans ses contes, le rythme, la musique de ces vers qui ne sont que très peu coupés par une ponctuation. Comme si le seule ponctuation qui vaille est celle du souffle humain qui les prononce.

Je ne vous donnerai cette fois qu'un seul exemple, car l'apparente simplicité du texte est le fruit d'un travail long, parfois douloureux, si l'on en croit le témoignage de Giusi Quarenghi, et toute traduction risque de détruire un équilibre, une musique.

"ASCOLTAMI E DIMMI PERCHÈ                     "Ecoute-moi et dis-moi pourquoi

dal Salmo 55                                                    d'après le psaume 55

Dimmi perchè                                               Dis-moi pourquoi

tutti mi vogliono male                                    tout le monde me veut du mal

perchè tutti sono contro di me                      pourquoi ils sont tous contre moi

 

Sono spaventato, tremo                               Je suis terrorisé, je tremble

ho paura, da morire                                     j'ai peur, à en mourir

 

Dammi le ali della colomba                          Donne-moi les ailes de la colombe

voglio volare via "                                          je veux m'envoler loin d'ici "

 

...................      

Dans le texte traditionnel des Psaumes sont présents, outre les humains, les animaux, les arbres, l'orage, le vent, le foisonnement de la vie. Et c'est dans cette dimension que se place l'extraordinaire illustration de la toute jeune Anaïs TONELLI, dont c'est le premier album.

Elle a travaillé comme une miniaturiste, en s'inspirant précisément, au cours d'une recherche très fouillée, des pages de manuscrits enluminés, des Bestiaires, des "Très riches heures" et autres documents iconographiques du XIIième au XVième siècle essentiellement, et pas seulement européens. Si sa façon de travailler vous intrigue ou vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil, même sans savoir l'italien, sur son témoignage (aussi passionnant que celui de Giusi Quarenghi) que les éditions Topipittori mettent à notre disposition sur leur blog. On comprend mieux, après, l'impression que donnent ces illustrations, à la fois d'étrangeté surréaliste, avec, pourtant, un ancrage qu'on ne sait pas définir tant qu'on n'a pas vu ses sources, mais qui fait partie de notre culture.

Vous avez vu la maison d'ouverture, inquiétante: vous découvrirez la dernière, encore plus surréaliste, mais pleine d'espace, de vie animale et humaine, et où lisent et rêvent, découvrent ou jardinent cinq humains, grands et petits.

 

Vous avez sous les yeux, sur les pages ici reproduites, les créatures extravagantes créées par Anaïs Tonelli, animaux anthropomorphes, végétaux-animaux, ces étonnants petits chevaliers à tête de cafetière - toutes les cafetières, de la Moka à la napolitaine -, ces enfants à tête de tasse chevauchant des colibris, dessins qui parlent certainement plus encore à l'imagination enfantine qu'à celle des adultes, exprimant les sentiments qui circulent dans le texte depuis trois mille ans, et dans notre inconscient aussi.

Mais il y a aussi cette page très sobre, autour du psaume 126 sur le thème du retour, entourée de deux figues, une grenade ouverte, deux olives sur leur branche, deux épis de blé,  quatre dates, et une superbe grappe de raisin, le tout très naturaliste. Sauf que...on aperçoit tout à coup une petite tête d'enfant, toute ronde, entre deux grains de raisin.

Parfois l'illustration est très sobre, comme pour ne pas troubler la dynamique du poème.

Et comment ne pas citer, sur la page de garde, l'étonnant "enfant-zodiaque", lui aussi ré-interprétation d'une page des "Très riches heures du duc de Berry". L'enfant à la "voix petite" est ainsi inscrit dans le cycle de la vie de l'univers.

Ascolta n'est pas un livre facile. Les caractères d'imprimerie des poèmes sont petits. C'est un livre à partager avec les enfants, à faire lire à voix haute, à commenter ensemble, mais aussi où laisser agir le mystère des images. Celà peut être aussi, pour des adultes curieux du texte biblique, une occasion de retour aux sources, et de comparaison des modes d'expression.

L'éditeur indique "à partir de sept ans". J'avoue que je n'ai pas d'expérience de partage de ce livre avec des enfants, mais je me fie à celle de Giusi Quarenghi, qui est grande, et à celle de nombreuses libraires italiennes témoignant de la lecture possible de ce livre en dehors d'un contexte religieux.

Remercions encore une fois les TOPIPITTORI, les "souris qui peignent", pour les images mises à notre disposition.

ASCOLTA, Salmi per voci piccole,  de Giusi QUARENGHI et Anaïs TONELLI -

Topipittori 2016

Collection Parola Magica  -  22cm x 26,50     -   60 pages          20 €

 

 

                   

 

BUON NATALE A VOI

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #POESIE

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Publié le 16 Décembre 2016

" Un kilo de plumes, un kilo de plomb".... C'est un livre que l'on repère tout de suite au milieu d'une vitrine. Pas qu'il soit spécialement grand - 14 cm x 20 cm - Format pratique. C'est plutôt le dynamisme de l'illustration qui attire le regard, cette jeune fille qui marche, les yeux vers le ciel, ses cheveux noirs ébouriffés par le vent qui soulève son écharpe rose, serrant contre elle son journal intime - diario - vert contre sa veste noire, les quelques touches de rose sur son visage. Dans le ciel deux avions. Les regarde-t-elle,  tout en allant de l'avant?

Puis c'est cette inscription, dans le ciel, comme écrite à la main. En un éclair se rejoue cet épisode que plusieurs d'entre vous auront expérimenté: vous êtes enfant, un grand vous interpelle: - "Eh! Qu'est-ce qui est plus léger, un kilo de plumes ou un kilo de plomb ?" Votre réponse fuse : - "... de plumes, bien sûr!" - "Mais non, ...(noms d'oiseaux)...je t'ai bien eu/e, un kilo etc.." .Vous êtes à la fois très vexé/e, étonné/e de la logique qui vous avait échappé, et admiratif/ive devant ce nouveau concept. Et vous cherchez à votre tour un ou une victime à épater et à instruire.

Et puis (mais ces trois moments que je suis obligée de séparer pour les dire sont en réalité presque simultanés), la curiosité vous fait vous rapprocher, et vous lisez les noms, qui ne sont pas en grands caractères. Les noms de trois Grandes Dames de la littérature - de jeunesse, mais pas seulement - italienne  contemporaine: Donatella ZILIOTTO, Grazia NIDASIO et Bianca PITZORNO !  Impossible de résister!

 

Donatella Ziliotto donne dans ce livre la parole à une jeune Fiamma, qui vit à Trieste, et est en quarta elementare, en CM1, c'est dit dans le titre du premier chapitre. Elle a donc neuf ans, et aurait tellement aimé s'appeler Tonina (Toinon, Toinette), plutôt que ce prénom littéraire que sa mère, un peu snob, lui a donné. Elle a neuf ans, à Trieste, en 1940.

La date, c'est la quatrième de couvertture qui la révèle, mais peu importe: Fiamma vit la guerre, les bombardements, l'incipit du roman nous place d'emblée dans ce contexte: "La lumière s'éteint et se rallume trois fois: pré-alerte". Sans nous laisser le temps d'avoir peur, la fillette saute sur l'occasion, elle prie sa maîtresse de la laisser rentrer chez elle, à deux pas de l'école, sinon sa maman, qui "n'est pas d'ici" et "ne se contrôle pas comme les mamans d'ici" deviendra "folle de peur". Parole de fille, qui se précipite dehors, suivie de sa meilleure amie, sans attendre une vraie autorisation de la maîtresse, pour.... faire du patin à roulettes sur la Grand Place de Trieste, vidée par l'alerte aérienne. Un extraordinaire espace de liberté pour les deux fillettes. " Nous sommes dehors. Temps idéal pour les bombardements: l'air que le vent a rendu tout clair, la mer et le ciel qui illuminent la ville de blanc. Temps idéal pour patiner".Et ce jour-là, pas de bombes.

Si je me suis arrêtée sur ce tout premier épisode, c'est que tout y est déjà: le caractère de Fiamma, sa famille, la ville de Trieste et la guerre.

 

Fiamma se caractérise par sa grande vivacité, son esprit d'observation, sa faculté de saisir l'évènement au bond, son indépendance, et son intelligence instinctive. Plus un grand amour pour les animaux: son chat, son chien, ses lapins clandestins.

 

 

 

 

 

 

La lectrice, le lecteur, jeune ou moins jeune, qui a lu la dédicace avant de commencer " A mes amis d'alors: les amis d'aujourd'hui. A mon chat Puffy, et à mon chien Bibi, victimes de la guerre (...)" en voyant que, si le chat de Fiamma s'appelle Menelao, son chien s'appelle aussi Bibi, comme celui de l'auteure, commence à comprendre que ce récit est autobiographique.

En se renseignant un peu, en lisant quelques articles sur la sortie du livre, il/elle apprend qu'en effet, Donatella Ziliotto raconte dans "Un chilo di piume, un chilo di piombo" ses années de guerre, en se basant sur les journaux intimes qu'elle a tenus régulièrement de 1940 à 1945, justement. "Huit volumes qui", a-t-elle dit, "m'ont aidée à  me rappeller de toutes les plumes qu'il peut y avoir pour un enfant même en pleines années de plomb"

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

 L'image que nous donne Fiamma de sa famille (aidée en cela par la plume de l'auteure) est un vrai régal.

Sa mère, très snob, elle la regarde d'un oeil critique, et découvre pourtant, en écoutant ses conversations avec une amie d'enfance, qu'elle a été une fillette comme elle, aussi difficile que ce soit à imaginer.

Son élégante demi-soeur, à qui elle voudrait tant ressembler, et dont elle pressent pourtant l'admiration vouée au régime fasciste, que ne partage en rien son père, est l'objet de paragraphes assassins et très drôles.

Son père bien-aimé est un personnage très intéressant. C'est lui l'inspiratieur du non-conformisme de la fillette - avec son enseignante d'italien de 6°, Rita Cajola - son vrai nom - l'autre grande figure du livre. L'une des plus belles pages de ce récit raconte le jour où son père, excédé par la fréquence des alertes  aériennes, l'emmène au cimetière plutôt qu'au refuge souterrain - " Alors nous sommes allés  nous promener au cimetière, comme ça, si on mourait , on était déjà sur place" - Il lui parle de poésie et de style "classique" et "baroque" des tombes, dans un autre grand moment de liberté. Ce qui fait le prix de cette page, c'est la façon "décousue" qu'a Fiamma ( et Donatella Ziliotto) de se laisser porter par les associations d'idées qui donnent une grande épaiseur à son évocation.

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

 Pour synthétiser le rapport souvent houleux qu'a Fiamma avec sa famille, il y a l'épisode où elle "squatte" la salle de bain (" On verra bien quand ils devront courir aux wc publics") pour faire accepter son chien Bibi ( "qui aboie après le portrait de Mussolini"). Après de longues négociations "les termes de l'accord ont été signés sur du papier hygiénique passé sous la porte. Puis je me suis rendue, je suis sortie des toilettes."

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

La guerre est constamment présente, avec les bombardements, la faim - la sienne et celle des autres quand son chat entre dans le restaurant voisin et n'en sort jamais plus; le marché noir; les persécutions des juifs - une invraissemblable fräulein Gerta, viennoise, qui devrait lui enseigner l'allemand,  dont on (les lecteurs) comprend qu'elle se cache chez eux.

Et la mort, celle de son chien Bibi, bien que ce soit à la campagne, dans la famille de la bonne slovène, Dani : première période de vie plus facile, d'où la guerre est momentanément absente, mais pas pour longtemps

Celle du grand-père de la famille qui l'héberge, quand elle est envoyée se requinquer en montagne, loin de la ville, tué "pour rien" par des soldats allemands en débâcle. Ce seront pour Fiamma des semaines de total changement, la fin de son enfance, les portes de son adolescence.

UN CHILO DI PIUME, UN CHILO DI PIOMBO de Donatella ZILIOTTO

Il faudrait encore que je vous parle de la présence de Trieste, ville géographiquement, et historiquement, et culturellement très particulière, et très efficacement présente, mais je ne peux trop solliciter votre patience.

Pour ce qui est de Grazia NIDASIO, la grande illustratrice, ses images parlent d'elles-mêmes. De deux choses l'une: soit vous la connaissiez déjà, et vous êtes, comme moi, ravi/es de la retrouver avec tout son humour et son efficacité. Soit vous ne la connaissez pas encore, et vous trouverez ici le lien sur un site, en français (pour une fois, pas de frustration), qui en fait un portrait très efficace et assez complet.

La préface de Bianca PITZORNO donne une dimension personnelle en évoquant les conditions de la rédaction de "Un chilo di piume, un chilo di piombo".  Elle aussi est une très grande dame, à la tête d'une oeuvre considérable et variée, mais ce sera l'objet d'autres Lectures Italiennes.

 

Nous allons nous quitter sur cette image de la jeune Fiamma-Donatella, lectrice boulimique, devenue éditrice et écrivain pour le plus grand bonheur des jeunes, italiens et autres, car elle a beaucoup traduit et été traduite. Et ce n'est que justice que ce livre se soit vu attribuer, en mai 2016, le prix spécial du jury du prix Andersen.

 

Il reste à remercier particulièrement les éditions LAPIS qui ont pris l'excellente initiative de rééditer ce texte illustré paru en 1992, et qui m'ont aimablement permis de reproduire les images illustrant cet article.

 Un chilo di piume, un chilo di piombo n'est pas "un livre de jeunesse". C'est un superbe témoignage que des jeunes de 10/ 11 ans et de moins jeunes sans limite d'âge liront avec grand profit et un énorme plaisir.

Donatella ZILIOTTO (texte), Grazia NIDASIO (illustrations) Bianca PITZORNO (introduction)

Editions LAPIS 1992 - 2016;        120 pages       12, 50€     A partir de 10 ans.

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

Publié dans #ENFANCES

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Publié le 12 Novembre 2016

- Et comme dessert (en français et en italien)? - Quoi de mieux qu'un bon conte traditionnel? Il y a justement un grand album à la couverture joyeuse, chez Franco Cosimo Panini : LA FIABA È SERVITA! Cibi incantati dall'Italia. C'est à dire: Le conte est servi! Merveilleux mets d'Italie.

Dix contes traditionnels qui ont en commun d'évoquer "le manger", sous dix aspects différents, et illustrés par dix illustratrices italiennes différentes.

Couverture de Giulia ORECCHIA

Couverture de Giulia ORECCHIA

C'est Luigi DAL CIN qui les a - comment faut-il dire? - écrites, réécrites, retranscrites? Luigi Dal Cin a une riche bibliographie à son actif, dont beaucoup d'albums de contes traditionnels du monde entier. Beaucoup chez Franco Cosimo Panini, mais pas seulement

Pour ce recueil-ci, les textes sont variés, tant par leur provenance régionale - qui n'est pas indiquée, mais on reconnaît certaines origines; - tant par leur longueur - de deux à cinq pages;  que par leur thème.

Il y a le grand méchant Barba Zucòn, un Tonton Têtu, une sorte d'ogre, qu'une mère et sa fillette arrivent à tromper dans une histoire de délicieux beignets, le frittelle. Il y a la strega, la sorcière pas très futée, qui voudrait bien faire son dîner, la cena,  de deux fillettes, mais elles sont sauvées par une femme qui fait frire... des "zèppole" - encore des beignets, méridionaux cette fois.

 

 

Illustration de Anna FORLATI

Illustration de Anna FORLATI

Il y a les ustensiles de cuisine: la padella màgica,  la poêle magique donnée par un nain de la montagne à une fillette courageuse et généreuse qui a partagé avec lui son bout de fromage; la poêle se remplit tous les soirs pour nourrir la famille nombreuse. Ou encore Pentolino, "Petit Faitout", quatrième fils d'un pauvre cordonnier, né, "on ne sait pas comment, au lieu d'être un bébé, c'était un petit faitout de cuivre avec son couvercle". Il est très entreprenant, va de cuisine en château, raisonne et réagit, met et ôte son couvercle, et réussit à se faire embrasser par la belle Ondachiara et alors.....

Il y a les plantes magiques:  I tre limoni, les trois citrons, variante de l'Amour des trois oranges, ses blondes princesses assoiffées et la vieille sorcière jalouse. Et puis Rosmarina, la Romarine bien connue grâce à Italo Clavino, la belle cachée dans un plant de romarin.

 

Illustration de Simona MULAZZANI

Illustration de Simona MULAZZANI

Il y a l'acqua della vita, l'eau de la vie que le jeune prince courageux va chercher chez le terrible magicien dans son palais de cristal, pour guérir son père. Il réussira grâce à ses trois soeurs et ses trois beaux-frères.

Qui dit "manger" dit "digérer". Cet aspect n'est pas négligé, dans un petit conte gentiment irrévérencieux, où un fiancé fait la leçon à sa fiancée un peu trop maniérée grâce à l'erba petonella... eh oui, fiez-vous aux trois premières lettres...

Il y a aussi la faim inépuisable du loup balourd et du renard malin, concurrents inégaux et cependant inséparables, depuis les fabliaux du Moyen-Age.

 

Illustration de Lucia SCUDERI

Illustration de Lucia SCUDERI

Et surtout, il y a l'histoire pétillante de Petizzo senza pizza, le jeune écolier qui ne va jamais à l'école sans sa pizza préparée par la mamma. (Aujourd'hui, ce sont les concierges des écoles qui préparent de (souvent) délicieuses pizzas - pardon, pizze - pour la récréation de onze heures). Et voilà que, dans une cascade d'impossibilités qui a sans doute un nom technique, du type de l'histoire de "la chèvre qui ne veut pas sortir du chou" de la chanson, Petizzo ne veut pas aller à  l'école sans sa pizza. Et toutes les aides demandées par la mamma restent vaines. Dans un feu d'artifice de rimes en -izza, -azza, -azze, et des sprizza e des spruzza, qui se déroulent puis se réenroulent,  "Petizzo senza pizza finalmente va a scuola". Ce type d'histoire, fréquent dans la tradition populaire,  ravit les plus petits qui peuvent entrer dans le récit grâce aux phrases qui se répètent en tiroirs et leur permet d'unir leur voix à celle du conteur.

Illustration de Giulia ORECCHIA

Illustration de Giulia ORECCHIA

Le style de Luigi Dal Cin, dans ce recueil, est délié, proche de l'oral, sans être simpliste, s'adaptant également au caractère de chaque conte. Il ne craint pas d'utiliser le passé simple aujourd'hui presque abandonné dans la langue parlée: ses formes accentuées donnent à l'action quelque chose de définitif qu'aucun autre temps ne rend - au hasard d'une page: "salì, arrivò, trasformò etc". Pour qui veut les lire à haute voix, c'est un régal (ne sommes-nous pas au dessert?).

D'autant que les illustrations sont grandes et bien "lisibles". Comme vous l'avez vu, les textes sont insérés dans les images, qui fonctionnent sur la double page. La variété des styles des dix illustratrices est donc cohérente, et La fiaba è servita constitue un excellent réservoir de lectures à haute voix.

LA FIABA È SERVITA de Luigi DAL CIN

Illustrations:A.Abbatiello, G.Atzeni, F.Chiesa, I.Faccioli,  A.Forlati, S.Mulazzani, G.Orecchia, V.Petrone, T.Romanin, L.Scuderi,

Editions Franco Cosimo Panini.  2015.

Collection: Immagini della fantasia

40 pages, relié, 24 cm x 30,5 cm - 14€

A partir de 5 ans

MERCI A L'EDITEUR POURLES REPRODUCTIONS DES IMAGES;

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Publié dans #A VOIX HAUTE

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Publié le 5 Novembre 2016

À TABLE ! A TÀVOLA ! - 2 - PLAT DU JOUR ou SECONDO

Donc notre jeune lecteur (fille ou garçon), mis en appétit, voudrait en savoir plus, de façon plus approfondie, sur la nourriture. C'est le moment de passer chez Editoriale Scienza, éditeur de vulgarisation scientifique, comme le suggère son nom. Ce sont des "Storie in frigor ìfero", des histoires dans le frigo. "tutte vere...e più avventurose delle fiabe", rien que des vraies... et plus aventureuses que les contes.

Un livre au format pratique de cahier de 16,5 cm sur 22 cm, à la couverture cartonnée et aux pages solides, beaucoup de texte et beaucoup de petits dessins joyeux et animés. Il est prévu pour les 7 ans et plus; les 11/12 ans  aussi apprécieront sans doute beaucoup.

Emanuela BUSSOLATI  et Federica BUGLIONI les ont écrites, Emanuela les a illustrées. Des histoires incroyables, "qui se cachent dans chaque chocolat du pâtissier, chaque ravioli ("raviolo") du restaurant, chaque pomme que nous croquons". "L'histoire de l'alimentation est constellée d'évènements étonnants, expériences scientifiques, naufrages, rencontres de peuples mystérieux, superstitions, découvertes géniales, supercheries et erreurs stupéfiantes, sans lesquels les plats que nous aimons ne seraient jamais arrivés sur notre table."

C'est un peu le même concept que Yum,  avec cependant un texte plus développé, et davantage d'informations. L'organisation du livre et la répartition des illustrations en rendent la lecture plus...appétissante.

À TABLE ! A TÀVOLA ! - 2 - PLAT DU JOUR ou SECONDO

 

Chaque histoire - il y en a vingt-six - se déroule sur trois pages.

Le petit dessin, ici une orange, que vous voyez un haut de la page de gauche se retrouvera à la même place sur la page suivante, histoire de rendre la lecture plus sûre pour les timides. On le retrouvera dans la table des matières qui est, elle aussi, une vraie incitation à la découverte: outre le petit dessin-signet, chaque titre est d'une couleur différente, et une phrase qui interpelle le ou la curieuse donne une idée du sujet, en créant un petit suspens. Dans notre exemple : "Tu vas partir pour un long voyage en mer à travers les océans? N'oublie pas ton orangeade!"

  Une petite scène en couleurs (aquarelle?) pour planter le décor. Des paragraphes clairs, caractérisés par un bref titre vertical, entrecoupés de petits dessins au trait, plus un peu de noir et un peu de rouge, qui illustrent avec humour les informations. Souvent, quelques lignes pour prolonger l'anecdote plus loin dans le temps.

À TABLE ! A TÀVOLA ! - 2 - PLAT DU JOUR ou SECONDO

 

Le bas de la page offre généralement, d'une autre couleur, une recette, ou une expérience gustative à tenter. Dans les pages du "Jus d'orange pour les pirates", qui racontent comment un médecin anglais  trouva, en 1747,  la parade au scorbut qui décimait les équipages depuis l'antiquité, grâce à la vitamine C contenue dans le jus d'oranges, la recette suggère de faire un superbe glaçage  rouge pour les gâteaux avec du jus d'orange sanguine.

Enfin la quatrième page de l'unité est jaune, et propose, en vrac, des compléments d'information tant historiques que contemporains.

L'humour des dessins est relayé par celui des récits, qui apparaît dès les titres.Et vice versa... Quelques exemples: "Il parroco e le patate, le curé et les pommes de terre"; "Che paura: una forchetta!, Ciel, une fourchette!"; "Cattivo come il cacao, mauvais comme le cacao"; "Il melo testardo, le pommier têtu" etc.

Storie in frigorifero est, somme toute, une  mini encyclopédie qui aide les enfants à aimer manger, à manger plus juste, à se rendre compte de la richesse possible des aliments. Vous avez peut-être remarqué la fourchette qui chapeaute la couverture avec la devise "ci provo gusto", "j'apprécie", mais en utilisant le mot "goût". C'est le titre de toute la collection mise sur pied par Emanuela BUSSOLATI  et sa complice Federica BUGLIONI, que vous pouvez voir à l'oeuvre ici .

 Je ne développerai pas, pour ne pas trop allonger.  Mais rappelons quand même, pour les plus "anciens/nes", que Emanuela Bussolati, c'est aussi ... Tararì Tararera...

Storie in frigorifero, de Emanuela Bussolati et Federica Buglioni, illustrations de E.Bussolati -  Editoriale Scienza, mai 2015.  112 pages.     ISBN: 9788873077305            9€,90

MERCI A L'EDITEUR POUR LES ILLUSTRATIONS DE CET ARTICLE.

POST SCRIPTUM: tant que vous y êtes, jetez un oeil sur le dessin de couverture du numéro d'octobre 2016 de la revue Andersen. (Colonne de droite de cette page).

C'est l'oeuvre de Paolo DOMENICONI. Faites de beaux rêves!

 

 

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Publié le 14 Octobre 2016

À TABLE ! A TÀVOLA ! - 1 - HORS D'OEUVRE ou ANTIPASTO

 Commençons par explorer YUM! qui impose son grand format (22,5 cm x33) -  On pense immédiatement à la commodité pour les lectures à voix haute -, la grande robustesse de sa couverture de carton, adoucie par des angles arrondis, où vous avez vu trôner ce grand portrait "à la manière de" Arcimboldo. Le sous-titre dit : "Il cibo in tutti i sensi" ou "la nourriture dans tous les sens", mais il faut chercher le sens de ce "dans tous les sens" en ouvrant le livre. L'armée de fourchettes qui garnit les pages de garde serait presque menaçante, mais n'oubions pas que YUM! est un équivalent (international?) de notre "MIAM"! Courage, donc!  

Encore deux pages, et voilà la table des matières qui nous le confirme: il s'agit bien des cinq sens, Vue, Odorat, Ouïe, Goût et Toucher selon lesquels va s'organiser ce voyage au pays de la nourriture.

 

Les doubles pages ( l'album compte 64 pages) sont presque toutes distribuées comme dans la reproduction ci-dessus: une image pleine page et le texte en face, illustré lui aussi. Plus ou moins long, toujours très lisible. La variété des motifs donne toute l'étendue des talents de Pia VALENTINIS ( laquelle n'est pas une inconnue, souvenez-vous ...c'était en janvier 2013...). Petites figurines style dix-neuvième siècle, accumulation de boîtes de conserve à la Andy Warhol - mais il s'agit de chocolat dont rêve un petit garçon -, allusions aux estampes du XVIII siècle, pastiche savoureux de la Cène de Léonard de Vincipour célébrer les différentes habitudes internationales à table...Chaque page est une découverte.

YUM est en effet un livre que l'on feuillette, qui pousse à chercher ensuite à approfondir. Divers témoignages affirment que "ça marche" très bien à partir de 7 ans. Et que cette variété de points de vue ouvre ... l'appétit d'en savoir plus.

 

 

Il faut bien reconnaître que l'auteur des  textes, Giancarlo ASCARI, s'en donne lui aussi à coeur joie. Cet article sur la circulation des produits et de ceux qui les produisent, dans le chapitre "Odorat", il l'a intitulé "L'aroma è mobile", où chacun entendra l'écho de l'air d'opéra célèbre "La donna è mobile". Ce n'est qu'un exemple.

Le mieux est encore de vous traduire la quatrième de couverture, qui est aussi la page introductive au texte: " La nourriture a plein de couleurs et de saveurs, elle embaume et elle fait du bruit, elle entre et sort de notre corps. La nourriture voyage beaucoup: elle arive d'ici et de là-bas, d'en haut et d'en bas.

Quand elle vient de loin, on dit qu'elle est exotique. Quand elle vient de près, elle est " locale".

Quand on aime la manger, on s'en lèche les doigts. Quand on n'aime pas, on la crache: toutes choses à éviter de faire en public.

Certains mangent trop, d'autres trop peu.

Nous vous racontons ici deux ou trois choses sur la nourriture, dans tous les sens"

Voilà pour la mise en bouche. Vous n'aurez pas à attendre longtemps pour la suite du festin: Plat de résistance et Dessert, comme annoncé en ouverture.

 

À TABLE ! A TÀVOLA ! - 1 - HORS D'OEUVRE ou ANTIPASTO

YUM Il cibo in tutti i sensi, de Giancarlo ASCARI et Pia VALENTINIS - Editions Franco Cosimo PANINI. 2015.  61 pages; 16, 50 euros.

Merci à l'éditeur pour les reproductions qui illustrent cet article.

P.S. Pour ceux qui lisent l'italien, une superbe présentation de cet album  ici

 

 

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Rédigé par lecturesitaliennes

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Publié le 26 Septembre 2016

Voilà, l'été est vraiment fini. L'été avec ses grandes joies et ses petits bonheurs. L'été avec ses tragédies proches et lointaines.

Le livre d'aujourd'hui donne envie de joindre le geste à la parole, de réaliser de ses mains, de se mettre à l'ouvrage. Le titre en est à la fois clair et énigmatique: Per filo e per segno, de Luisa MATTIA et Vittoria FACCHINI. Tout le monde comprend, surtout au vu de l'illustration de couverture, qu'il y est question de fil et de signe. Mais encore?

.........PER FILO E PER SEGNO.........

C'est justement la couverture qui m'avait attirée, il y a quelques années, avec ces bouts de fil que l'on a envie d'attraper, de ramasser, que l'on soit brodeur (si, si, il y en a, de grands) ou brodeuse, ou pas. Alors on ouvre le livre pour vérifier, et c'est bien ça: chaque illustration est faite de toute sorte de fils, de toute sorte de couleurs - cette magnifique tresse de fils multicolores qui vous assure de ne jamais "manquer", où que vous soyez dans le monde -. Et puis encore des canettes, des ciseaux, à cranter même, des petits bouts de tissu (un grand aussi), photographiés avec un relief très réaliste, accompagnant des dessins au trait - crayon, et feutre noir, me semble-t-il -, de personnages. Essentiels, expressifs en quelques traits, souvent en mouvement.

On peut se promener longtemps dans ces pages illustrées: l'image occupe toujours toute la page de droite, et le texte toujours celle de gauche. On peut se raconter, faire raconter par de petits lecteurs, toute sorte d'histoires. Mais vient toujours un moment où la curiosité l'emporte. Qui est cette petite fille qui semble mener l'action, avec son nez en trompette, sa queue de cheval énergique et ses petites ballerines noires - elle en enlève une pour se reposer -? Que fait-elle avec tous ces fils, ces tissus, et les autres enfants, et des oiseaux, et quelques adultes aussi? Il faut bien se mettre à lire l'histoire, à un certain moment.

"Per filo e per segno" signifie " dans tous ses détails, avec exactitude". Titre bien difficile à traduire, car il joue sur le sens propre et le sens figuré. Mais nous allons lire cette histoire "dans tous les détails" - ou presque...

.........PER FILO E PER SEGNO.........

La résumer l'assèche assez, aussi je vous livre la "fiche" de l'album sur le site de l'éditeur Donzelli. " Ecouter des histoires, quelle passion! Silva les aime tant qu'il n'y en a pas une qui ne s'accroche à son oreille, comme si c'était un fil; et en effet l'histoire de Silva est entièrement bâtie de fils. Ceux qui traînent chez la couturière, que Silva noue les uns aux autres pour en faire un filet où stocker toutes ces histoires qui restent accrochées là – si bien qu'elle peut elle aussi se mettre à les raconter. Mais un filet, ça ne suffit pas, les histoires sont trop nombreuses, alors Silva demande un bout de tissu blanc au chiffonnier et de l'encre au pêcheur de seiches, et toutes ses histoires, pour ne pas les perdre, elle les écrit. Mais ses histoires sont aussi trop nombreuses pour son tissu, qui est devenu trop lourd à emporter de ci de là pour le montrer aux autres enfants; alors Silva découpe chaque histoire comme une feuille – du fil elle en a déjà, alors elle prend une aiguille, elle coud ensemble toutes les histoires, et voilà un livre. Tout le monde veut se faire lire ce livre, mais un beau jour le Capitaine, dans son Palais, envoie un caporal armé de ciseaux pour le réduire en mille fils et mille morceaux, comme c'était au début… que va-t-il en être alors des histoires de Silva? Pas de panique, les enfants s'en occuperont, ils ne veulent bien sûr pas perdre le fil de ces histoires…"

Luisa Mattia nous donne donc une sorte de parabole de la naissance du livre. Nous sommes d'emblée dans ce lieu indéterminé , mais où il y a la mer - de belles métaphores marines pour caractériser la variété de la "pêche aux histoires" que réalise Silva avec son filet - ; et des artisans - couturière, chiffonnier, pêcheur - , une autorité qui censure, et puis des raconteurs d'histoires - paysans, bûcherons, enfants... Et puis cette petite fille passionnée, active et déterminée, qui ne se prénomme pas, banalement, Silvia ou Silvana, mais bien SILVA, diminutif peut-être, mais plus près de la "forêt" étymologique de ces prénoms. Silva est "una bambina con gli occhi scuri color della castagna e nel cuore il frullar d'ali delle farfalle", "une petite fille aux yeux sombres couleur de chataîgne et dans le coeur le froufrou des ailes de papillon".

.........PER FILO E PER SEGNO.........

Et cette histoire est...une histoire, justement, que l'auteure nous raconte avec le rythme que nous lui connaissons, du "C'era una volta..." initial au "C'era una volta" final. Avec ses unités scandées qui en font un magnifique texte à lire à haute voix. Et tous les codes du conte traditionnel : la tâche qui semble impossible, comme nouer bout à bout les milliers de bouts de fil ramassés chez la couturière. Mais Silva y réussit naturellement, mue par sa passion.

Ou encore la quête des instruments utiles auprès des artisans du village, avec qui se noue un dialogue affectueux. Elle les appelle " commarella" ou "vecchia commare", la couturière; et "caro compare" ou "vecchio" ou "zietto", le pêcheur. Ils l'appellent "figlia mia", "creaturella", figlia", "bambina" . Et lui donnent ce qu'elle demande.

Puis l'intervention destructrice du Capitaine-censeur ( " Lire, ça fait penser. Qu'en sera-t-il de tous ces enfants si nous la laissons faire?").

Et celle des "bambini del paese", les enfants du village qui vont l'aider à recoudre, à reconstituer l'indispensable livre.

.........PER FILO E PER SEGNO.........
.........PER FILO E PER SEGNO.........

En attendant qu'un éditeur français s'occupe de le faire traduire, dans une bibliothèque où l'un ou l'autre maîtrise tant soit peu l'italien, on pourra toujours raconter ce livre de Luisa MATTIA en s'appuyant sur les images de Vittoria FACCHINI. Et qui sait les ateliers qui en naîtront par la suite?

Sans oublier cependant que le texte original est BEAUCOUP plus beau.

L'éditeur romain DONZELLI - allez donc jeter un coup d'oeil, dans son très riche catalogue, sur la collection de contes illustrés, nous en reparlerons un de ces jours... - Donzelli donc a publié Per filo e per segno en 2012, et l'album n'a pas pris une ride, il était toujours présent à Bologne en 2016, au milieu des nouveautés, toujours feuilleté et emporté.

Alors, suivez sans hésitation le fil rouge de Silva! Et les suggestions de Vittoria Facchini qui nous livre, sur la page de garde d'entrée, cinq petits tas de fil noir éparpillés, qui deviennent, sur celle de fin.....eh bien, allez y voir, et jouez vous aussi à "on dirait que ce serait...".

Luisa Mattia, Vittoria Facchini : Per filo e per segno

Photographie et post-production Domenico Ceravolo

Fiabe e storie (album)

2012, 28 pages, relié,, 29x24.5 cm

ISBN: 9788860366962

€ 18,50

UN GRAND MERCI AUX EDITIONS DONZELLI POUR LES IMAGES QUI ILLUSTRENT CET ARTICLE

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